Volvo S40 / V50, une question de perception

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Les propriétaires de S40 et V50 font partie d'un club relativement sélect, puisque ces deux modèles ne connaissent pas la popularité qu'ils méritent sur notre marché et même partout en Amérique du Nord. Ce n'est pas que ces deux voitures soient dénuées de qualités ou inférieures à la concurrence, mais les acheteurs ont de la difficulté à se convaincre de se procurer une petite voiture au prix demandé. On a beau vouloir jouer les Européens au Québec, il n'en demeure pas moins que ce duo est passablement cher pour des compactes. Il y a bien d'autres facteurs qui expliquent cette mévente, mais le prix y est pour beaucoup.

Les démêlés des modèles S40 et V50 avec le marché nord-américain ne datent pas d'aujourd'hui. Dès le lancement de la première génération de ces véhicules, le public a boudé autant la berline que la familiale. À ce moment-là, la raison était très simple, ces voitures étaient assez peu compétitives tant concernant la silhouette, le comportement routier que les performances. Il s'agissait d'ailleurs d'un modèle concocté en collaboration avec Mitsubishi et les résultats avaient été décevants. Volvo a rapidement reconnu ses torts et s'est attaqué au développement de modèles de remplacement. Cette fois, c'est avec Ford, son propriétaire à l'époque et de nos jours, que l'opération s'est déroulée et les résultats ont été impressionnants du moins au chapitre du produit.

Design moderne

Il est toujours difficile d'appliquer à une voiture compacte des critères visuels qui ont été initialement élaborés pour une voiture de catégorie intermédiaire ou même pleine grandeur. On risque d'avoir une caricature à échelle réduite. Il faut accorder de bonnes notes aux stylistes de Göteborg qui ont bien intégré la célèbre grille de calandre rectangulaire qui sert de signature visuelle à toute Volvo. Même si on doit quand même admettre que la berline S40 manque un peu de punch en fait d'apparence. Ses rondeurs la font paraître plus petite qu'elle ne l'est en réalité, sans pour autant lui nier une apparence tout de même élégante. C'est plus réussi sur la familiale V50 qui se tire mieux d'affaire, surtout avec ses feux arrière verticaux qui encadrent le hayon arrière.

Depuis l'an dernier, il est possible de commander le groupe d'options R-Design qui est disponible sur les modèles T5 à traction avant ou à rouage intégral. Il comprend une grille de calandre exclusive ornée du logo R-Design, un ensemble de jupes de bas de caisse, des déflecteurs avant et arrière, des selleries de sièges au logo R-Design, des pédales en aluminium, un pommeau de levier de vitesses sport, un volant exclusif de même qu'une instrumentation différente du modèle courant. Cela permet de donner plus de caractère tant à la berline qu’à la familiale.

Dans l'habitacle, et cela vaut pour les deux modèles, le tableau de bord est on ne peut plus dépouillé. Les stylistes parlent de design scandinave et tentent d’associer tous ces cm2 de planche de bord en plastique aux paysages dénudés de la Suède... À chacun ses goûts, mais c’est passablement morne pour un Nord-Américain ! Les stylistes se sont fait pardonner en créant  une console flottante recouverte de bois et indépendante de la planche de bord. Cela est d'un bel effet et vient ajouter un peu de piquant dans un environnement qui est relativement sobre. Par contre, il est difficile de critiquer le confort et le support latéral des sièges avant comme dans toute Volvo qui se respecte. Toutefois, l'espace aux places arrière est assez limité, surtout pour les jambes.

De bonnes routières

Chaque fois que je prends le volant de l’une ou l’autre de ces Volvo, je ne peux m’empêcher de constater qu’il s’agit de voitures aux dimensions relativement modestes. Il suffit d’avoir un passager à l’avant pour que les coudes se touchent... En fait, on aime bien associer ces Volvo à la Mazda 3 et les deux sont pratiquement de mêmes dimensions. Pourtant, dans une Mazda on a l'impression qu’il y a plus d'espace, même si en largeur, la Volvo l'emporte de quelques millimètres. Quoi qu'il en soit, les S40 et V50 se démarquent par une finition impeccable et de petites touches ergonomiques qui sont appréciées.

Qu'on choisisse la berline ou la familiale, le moteur de base est un 5 cylindres en ligne de 2,4 litres produisant 168 chevaux et associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Si vous préférez une boîte automatique, celle-ci est à cinq rapports et s'acquitte de sa tâche sans rechigner. Si ce nombre d'équidés ne vous convient pas, il est possible de commander une T5 propulsée par une version turbocompressée de ce même cinq cylindres. À ce moment, la puissance est de 227 chevaux tandis que la boîte manuelle est à six rapports. Cette cavalerie boucle le 0- 100 km/h en 6,8 secondes, soit 1,6 seconde de moins qu’avec le moteur atmosphérique. De plus, ce moteur plus musclé vous permet de commander le rouage intégral qui ajoute à la polyvalence de ces deux modèles.
Il est difficile de trouver à redire quant au comportement routier de ce duo. Que vous ayez choisi la berline ou la familiale, chacune enchaîne les virages sans problème, la direction est précise et le feedback fort intéressant. En revanche, certains jugent la suspension un peu trop ferme surtout sur nos routes qui sont toujours assez bosselées…. Bref, même si leur prix de vente est élevé, ce sont des voitures de qualité qui proposent un agrément de conduite intéressant et un habitacle confortable. Pour plusieurs, la version V50 sera préférable car elle apporte plus de polyvalence en raison de sa configuration.

En fait, ce qui handicape le plus ces deux autos, c'est le fait qu'elles sont dérivées de la plate-forme européenne de la Ford Focus et de la Mazda3. Les gens font alors une association instantanée entre ces deux modèles de vocation plus plébéienne, jettent un coup d'œil à la facture sans s'attarder à d'autres détails et abandonnent l'idée de rouler en Volvo S40 ou V50. Leur prix les met en confrontation avec des voitures telles que les Audi A3, BMW série 1 et Mercedes-Benz C230, plus prestigieuses.
Feu vert
Moteurs bien adaptés
Bonne cote de sécurité
Rouage intégral efficace
Tenue de route saine
Sièges confortables

Feu rouge

Valeur de revente
Faible diffusion
Prix peu compétitif
Fiabilité perfectible

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