Suzuki Grand Vitara, avantage V6

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Chez les VUS compacts, les joueurs sont très nombreux. Normal direz-vous, puisqu’il s’agit de l’un des marchés les plus populaires en Amérique du Nord. Sauf que rares sont les catégories où la plupart des modèles sont tous de très haut calibre. Le secret pour réussir, c’est donc de se démarquer de la masse avec ce petit quelque chose qui pourrait faire pencher l’acheteur, ou encore de jouer la carte de l’homogénéité et de la polyvalence. Et c’est cette seconde solution qui a été adoptée par Suzuki, en ce qui concerne le Grand Vitara.

Grâce à un choix de moteurs à quatre ou six cylindres, des boîtes manuelles et automatiques et quatre niveaux de finition, le Grand Vitara ratisse désormais beaucoup plus large. En fait, le seul élément non offert chez Suzuki, se voulant très populaire chez certains autres constructeurs, c’est un modèle à deux roues motrices. Mais puisque le Grand Vitara s’est toujours distingué par ses qualités hors route et que son système de quatre roues motrices a fait en quelque sorte sa renommée, il serait plutôt curieux de voir naître un tel modèle.

Retouché l’an dernier, le Grand Vitara n’a pas vraiment subi de cure de rajeunissement esthétique. Pour différencier l’ancien du nouveau, il faut presque travailler pour un concessionnaire Suzuki!  Ces gens peuvent ainsi reconnaître les nouvelles teintes de carrosserie, les nouvelles jantes et certains autres petits détails totalement superflus. Aurait-on souhaité que Suzuki pousse ses changements un peu plus ? Peut-être, mais il n’en demeure pas moins que le Grand Vitara est joli et esthétiquement très équilibré. Bon, il possède encore ce hayon à ouverture latérale que plusieurs semblent détester, mais à moins que vous ne soyez constamment stationné en pleine rue, avec une voiture juste derrière vous, les inconvénients sont plutôt rares. 

À bord, pas de grands changements non plus. Et à mon grand désarroi, toujours pas de prise auxiliaire pour lecteur mp3... Toutefois, il est vrai que l’habitacle du Grand Vitara s’apprécie davantage chaque jour de par les nombreux petits détails qu’on y trouve. Non, il ne s’agit pas du plus spacieux, du plus confortable ni de l’habitacle le plus généreux en matière de rangement, mais on y trouve son compte sans contraintes. Et si le conducteur peut se plaindre de l’absence de certains gadgets comme les sièges chauffants réglables ou la technologie Bluetooth, il peut en revanche s’extasier sur la position de conduite et l’excellente visibilité.

Quatre cylindres, est-ce la solution ?

Pour se faire entendre, le constructeur a récemment fait valoir par le biais de la publicité l’arrivée d’un nouveau moteur à quatre cylindres, soi-disant économique. Or, on pourrait ici presque parler de publicité mensongère tant ce moteur est gourmand. À puissance et cylindrée égales à celle d’un Honda CR-V, le Grand Vitara ingurgite facilement 2,5 litres de carburant supplémentaire par 100 kilomètres. Jumelé à une boîte automatique à seulement quatre rapports, il semble forcer constamment pour accélérer et maintenir sa vitesse. Il ne rugit pas exagérément et propose un rendement plutôt agréable, mais pour l’économie, on repassera...

Ceci m’amène donc à vous diriger vers les versions dont on ne parle presque pas, c’est-à-dire celles dotées du V6. Car sachez que depuis l’an dernier, on ne fait plus appel au vétuste V6 de 2,7 litres. Cette fois, c’est un moteur de plus grosse cylindrée, offrant beaucoup plus de puissance et de couple et surtout, un rendement qui n’a plus rien à envier à la concurrence. Qui plus est, mes essais prolongés m’ont permis de constater que le V6 consomme essentiellement la même chose que le quatre cylindres en milieu urbain, et environ 15 % moins de carburant sur autoroute. Pour cela, il faut remercier la boîte automatique à cinq rapports, plus efficace, mais aussi les 64 chevaux supplémentaires, nettement plus enclins à trimbaler les 1 800 kilos que pèse ce véhicule.

Vive l’hiver !

Comme le Subaru Forester, le Grand Vitara se différencie du lot grâce à ses capacités hivernales. Non seulement son système à quatre roues motrices permet d’affronter les pires conditions sur et hors des sentiers battus, mais le véhicule est remarquable lors des grands froids. Le système de chauffage est efficace, les glaces se dégivrent rapidement, les phares sont puissants et les essuie-glaces, fonctionnels en toute situation. Et sur la route, c’est un charme. Sa caisse rigide et sa direction ultraprécise permettent de garder le cap avec assurance, alors que la suspension se charge de bien absorber les chocs causés par la grande qualité de nos routes... De plus, la sensibilité aux vents latéraux est étonnamment faible, ce qui constitue une belle surprise.

Bref, voilà un véhicule de qualité, bien assemblé, fiable et parfaitement adapté aux conditions climatiques du Québec, mais qui pèche par une motorisation à quatre cylindres vétuste et nettement trop gourmande pour être intéressante. Donc, vivement le Grand Vitara…V6 !

Feu vert

Construction solide
Comportement routier honorable
Bonnes aptitudes hors route
Habitacle confortable
V6 puissant

Feu rouge

Moteur quatre cylindres décevant
Boîte automatique à quatre rapports (4 cylindres.)
4 cylindres ou V6, c’est minimum 12 litres aux 100 km

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