Subaru Forester, oui, mais…

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Très sympathique, ce Subaru Forester. Et ce, même s’il lui manque quelques éléments pour être à la page technologique d’aujourd’hui – une transmission automatique plus moderne, par exemple. La grande nouveauté pour 2010 : la version PZEV et son contrôle de la pollution, qui lui permet d’être un peu plus tendre avec le smog urbain, mais pas pour autant avec le réchauffement de la planète…

Décidément, le 3e passage générationnel marche bien pour le Forester. De boîte familiale carrée, pratique mais bien peu sexy, il est devenu cet utilitaire au design intégré, quoi qu’avec un penchant pour le conventionnel, qui plaît à plus de gens. De ce côté-ci de la frontière, pas de version de base pour le Forester : le système de stabilité, les commandes audio au volant et les sièges chauffants sont de série. C’est une « mauzus » de bonne affaire, mais qui vient placer le prix d’étiquette à plus de 25 000$. Pour cette somme, la légendaire traction intégrale (permanente) du constructeur est évidemment de mise, celle-là même qui fait dire aux propriétaires de Subaru qu’ils n’ont plus à « pelleter » pour dégager leur véhicule, l’hiver. Ces mêmes propriétaires aiment aussi le système anti-recul qui rend beaucoup moins stressante la recherche du point de friction avec la boîte manuelle, lors d’un arrêt en montée. C’est à se demander pourquoi un tel dispositif ne se retrouve pas plus largement chez la concurrence!

Mineurs et majeurs

Ceci dit, le Forester n’a pas toutes les qualités, loin de là. Certains défauts, mineurs, ne méritent pas qu’on le boude pour autant. Pensons ici à ce tissu de revêtement rêche, sûrement facile à laver, mais bien peu agréable au toucher. Aussi, le design intérieur n’a pas été l’objet de grands efforts – à preuve, ce bloc sans artifice ramassé au centre – mais la simplicité n’a jamais fait de mal. Les matériaux sont corrects tout au plus, mais au moins ils sont bien assemblés. L’insonorisation est moyenne, elle laisse passer pas mal trop de bruits de vent et de pneus. Enfin, les portières et le hayon claquent faiblement, sans l’intensité et la solidité qu’on leur souhaiterait. Pour tout dire, l’ensemble donne la rudimentaire impression d’une compacte japonaise d’il y a quelques années et ça détonne chez un utilitaire de plus de 25 000$.

Vous vous dites : si ces défauts ne sont pas suffisants pour condamner le Forester, quels sont ceux qui le sont? D’abord, il y a cette boîte automatique quatre rapports, dans un marché qui en propose cinq, six, voire sept et huit (chez Mercedes et Lexus vous direz, mais bon). Ici, un rapport de plus aurait mieux fait paraître les 170 chevaux livrés par le moteur Boxer quatre cylindres de 2,5 litres. La boîte a beau offrir le passage manuel, reste qu’elle est handicapante et mieux vaut se tourner vers la boîte manuelle cinq vitesses. Même si cette dernière se transige dans des accélérations bruyantes et un brin rugueuses, c’est quand même elle qui accorde plus d’envergure et le second souffle attendu. Elle est de surcroît fort plaisante à manier. Pour plus de vigueur, il y a toujours lieu de se tourner vers la variante turbo qui développe 224 chevaux, mais l’automatique quatre rapports demeure malheureusement au rendez-vous.

Autre point négatif d’importance : la suspension. Sur une route parfaite, pas de problème. Mais sur nos chemins défoncés, c’est comme si l’arrière (à triangulation) manquait d’amortisseurs ou que, tout à coup, nos routes étaient plus amochées que de coutume… Le débattement cogne et résonne et c’est non seulement inconfortable, c’est bruyant. L’avantage de cette suspension, parce qu’il en faut bien un, réside dans son format compact, ce qui accorde plus d’espace de chargement. Même sans banquette rabattue, on profite de 949 litres de chargement (872 litres pour la version turbo) – c’est excellent.

Comme chez soi

Sinon, que des bons mots pour la conduite de cet utilitaire qui tient bien la route (après tout, il partage sa plateforme avec l’Impreza). Il accorde une excellente vision périphérique et, avec ses petites dimensions et son court rayon de braquage (10,5 m), il se faufile aisément dans la circulation. Le volant est à la fois inclinable et télescopique, ce qui favorise la bonne position de conduite. La réactivité du freinage pourrait être plus convaincante, mais les distances d’arrêt sont dans la moyenne (41,5 m de 100 à 0 km/h). La garde au sol est de bonne hauteur et le moteur placé suffisamment bas ménage le centre de gravité. La direction, à la fois maniable et dynamique, a ce qu’il faut de résistance. Dans l’ensemble, le Forester est de bonne agilité, il se laisse apprivoiser en quelques instants et on apprécie sa cabine éclairée de larges baies vitrées.

On reprochait au Forester de ne pas offrir, contrairement aux versions états-uniennes, le système de navigation. Mais voilà, pour 2010, l’option « multimédia » est disponible au Canada, bien qu’uniquement sur les variantes Limited (avec phares au xénon, roues de 17 pouces, climatisation automatique et ajustement électrique du siège conducteur). À notre avis, c’est néanmoins la version Tourisme qui allie le meilleur rapport équipement/prix. Un peu moins nantie que les Limited, cette variante offre quand même les dossiers inclinables à la banquette, le toit ouvrant, les phares antibrouillard et le dégivreur des essuie-glaces.

Et la version PZEV, dans tout ça? Subaru soutient que ce dispositif, une nouveauté pour le Forester 2010 (mais offert depuis l’an dernier sur les Legacy/Outback), réduit les émissions polluantes de 90% versus un véhicule conventionnel. C’est vrai pour les polluants qui contribuent au smog, dit l’organisme Pollution Probe. Mais ce n’est pas le cas pour les émissions de CO2 qui, elles, ne sont pas réduites pour autant. La seule façon de réduire ces émanations de CO2 qui contribuent au réchauffement climatique, c’est de conduire en hybride… ou de moins rouler.

Feu vert

Sièges chauffants de série
Traction intégrale infaillible
Conduite très maniable
Système anti-recul (boîte manuelle)
Vaste cargo, même avec cinq passagers à bord

Feu rouge

Suspension qui cogne
Insonorisation moyenne
Encore l’automatique quatre rapports!
Habitacle de conception rudimentaire
Freinage peu réactif

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