Pontiac G6, oui, mais au prix d'une Corolla !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Je ne vous apprends certainement pas que les jours de la marque Pontiac sont comptés et qu’au moment où vous lisez ces lignes, les chaînes de montage sont sur le point de fermer boutique... Et si je vous l’apprends, c’est signe que vous ne suivez pas l’actualité automobile, ce qui expliquerait aussi pourquoi vous vous intéressez à la G6. Attention: la G6 est loin d’être une mauvaise voiture. Le problème, c’est que son achat dans le contexte du marché actuel est difficilement justifiable.

Évidemment, pour vous dissuader de vous procurer une G6, plusieurs personnes vont immédiatement parler de la disparition de la marque. Pourtant, ce n’est pas GM qui s’apprête à disparaître, c’est Pontiac. Et à ce que je sache, on ne crache pas davantage sur une Oldsmobile Alero (disparue avec la marque en 2004) que sur une Pontiac Grand Am (sa jumelle de l’époque). Bref, la disparition de Pontiac n’est pas un argument qui tienne.

Toutefois, il faut savoir que dans le marché très convoité des berlines intermédiaires, les bonnes voitures sont très nombreuses. Pensez à la Honda Accord, la Hyundai Sonata, la Ford Fusion et même la Chevolet Malibu. Dans ce créneau, seules quelques voitures plus « ordinaires » tirent de la patte. Et hélas, la Pontiac G6 fait partie de ce clan. Pourquoi ?

Ce n’est certainement pas en raison de son style puisque de ce côté, rares sont les Pontiac qui peuvent se vanter d’avoir si bien vieilli. Certes, le cabriolet n’est pas très joli lorsque le toit est en place, mais il ne compte même pas pour dix pour cent des ventes de G6. Et en ce qui concerne la berline et l’élégant coupé, on ne cesse de les complimenter sur leur allure. Et ce n’est pas non plus une question de fiabilité, car depuis son arrivée, la G6 a démontré que de ce côté, elle pouvait tenir tête aux meneuses de la catégorie, faisant du même coup oublier la Grand Am.

Alors, pourquoi ?

D’abord, il y a ses dimensions qui ne l’aident pas. Ce n’est pas qu’elle soit très petite, sauf que son coffre et son habitacle sont moins spacieux que ceux de certaines compactes, comme l’Elantra et la Corolla. Et on le sait, les intermédiaires les plus prolifiques se catégorisent presque comme des berlines pleine grandeur. GM l’a compris plus tard en lançant la Malibu, mais pas au moment de lancer la G6.

Deuxièmement, l’habitacle de la G6 n’a franchement rien d’attrayant. L’omniprésence du plastique noir rend l’ambiance plutôt terne, d’autant plus que la qualité de certains matériaux n’a rien d’exceptionnel. Et bon, disons-le, le dessin de la planche de bord est simpliste. Ajoutez à cela le fait que les passagers arrière manquent d’espace et se cognent régulièrement la tête sur le seuil de toit en se glissant à bord, et vous avez la preuve qu’il faut composer avec de nombreux vices de conception. Assurément, nous sommes ici bien loin de l’habitacle retrouvé dans les berlines Malibu et Aura, les deux autres intermédiaires de GM.

Mécaniquement, la G6 n’est heureusement pas en reste, du moins en partie. L’arrivée récente d’une boîte automatique à six rapports accouplée au moteur Ecotec de 2,4 litres permet à l’acheteur d’obtenir des performances plus sérieuses et un rendement énergétique étonnant. Il s’agit d’ailleurs du choix le plus sensé, avec le V6 multisoupapes de 3,6 litres, offrant de superbes performances. Sinon, GM vous propose toujours un V6 de 3,5 litres datant de l’âge de pierre, qui se jumelle avec une vieille boîte à quatre rapports. Ça, pour les inconditionnels de GM, c’est le moteur qui fut utilisé au début des années 80 dans la Pontiac 6000, et dont la cylindrée a augmenté au fil des ans de 2,8 à 3,1, puis 3,4 et maintenant… 3,5 litres ! Là, il est à bout de souffle. Finalement fiable, mais à bout de souffle quand même !

Sur la route, la G6 adopte un comportement correct. La direction manque de rapidité et de précision, le diamètre de braquage est immense et la voiture gagnerait à être mieux insonorisée, mais les aptitudes routières de cette berline sont loin d’être vilaines.

Question de facture

Mais l’élément principal qui explique l’insuccès de la G6, c’est que GM en a fait une voiture de parc par excellence. Par conséquent, le consommateur doit aujourd’hui dire au revoir à toute forme de valeur de revente, puisque l’offre sur le marché d’occasion est de beaucoup supérieurs à la demande. En plus, comme le prix d’achat de la G6 (au prix de détail suggéré par le manufacturier) est supérieur à celui d’une Toyota Camry (ce qui est un non-sens), vous comprendrez que la G6 ne constitue pas une très bonne affaire. La seule raison qui justifie donc l’acquisition d’une G6, si bien sûr vous aimez la voiture, c’est l’important rabais que pourrait vous consentir le constructeur. 

Feu vert

Ligne charmante
Boîte à six rapports avec 2,4 L et 3,6 L
Aptitudes routières honnêtes
Grand choix de modèles
Consommation raisonnable (Ecotec)

Feu rouge

Habitacle et coffre restreints
Présentation intérieure terne
Cabriolet raté
Très forte dépréciation
Modèle en fin de carrière

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