Mercedes-benz classe C, sobre et modérée

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Elle est sobre, élégante et de belle modération, cette Classe C de Mercedes. Malgré ses dimensions de voiture compacte, elle ne dépare pas l’étoile allemande à cinq branches, merci à ses équipements généralement réservés aux segments de luxe. Sa suspension « Agility Control » n’est pas qu’un cliché : elle est actuellement l’une des meilleures suspensions offertes sur le marché. Et au-delà de l’épicée C63 AMG, la Classe C trouve le tour de s’offrir en trois autres motorisations – notez la nouvelle nomenclature C250 pour la version de base. Ne pas trouver celle qui convient à chacun relève de la mauvaise foi…

Depuis 2008, on a droit à une Classe C qui, mieux que l’ancienne génération, s’insère harmonieusement dans la famille Mercedes. Ses lignes extérieures, classiques et stylisées, sont rehaussées de clins d’œil sport ici et là (surtout avec les ensembles sport), qui lui donnent une belle présence sur la route. Même trois ans après son arrivée sur le marché, l’élégance de cette génération fait encore tourner les têtes sur son passage.

Mine de rien, la voiture paraît plus grande qu’elle ne l’est en réalité, avec pour conséquence un habitacle moins spacieux que souhaité. Le dégagement aux têtes, tant à l’avant qu’à l’arrière, n’est pas conçu pour les grands de plus de six pieds et, à l’arrière, l’espace réservé aux jambes est limite : à 837mm, c’est peu. Le coffre accueille 354 litres de chargement – c’est moyen – et de base, la banquette n’accepte de se rabattre qu’avec le groupe d’options « Premium ». Avant de regretter la variante familiale, disparue lors du dernier passage générationnel, revenez à la page précédente et regardez ce que la Classe B a à offrir.

10/10 pour le contrôleur

Ceci dit, la Classe C compense sa petitesse par un habitacle qui sait non seulement reprendre le thème de sobriété élégante, mais qui assure également un bon confort en fournissant tous les ajustements nécessaires, volant télescopique y compris. Les matériaux sont bien choisis, leur finition est de classe et l’insonorisation est excellente. Les commandes sont simples d’utilisation et on accorde un 10/10 au « contrôleur électronique » qui, à partir d’une molette, gère à peu près tout ce qui peut se gérer à bord, sans devoir consulter le manuel du propriétaire. Deux reproches s’imposent, néanmoins. De un, le sempiternel levier du régulateur de vitesse, derrière le volant, se confond encore et toujours avec celui des clignotants et de deux, les commandes de climatisation sont positionnées trop bas à la console pour pouvoir les tripoter sans quitter la route des yeux.

Sur la route, la Classe C réserve un sentiment tout germanique de solidité et d’assurance. Sa suspension « Agility Control » est sa plus grande qualité et ce n’est pas peu dire. Avec ses amortisseurs à ajustement automatique, cette architecture d’avant-garde vient prouver qu’on peut concilier la sportivité et les aléas de nos routes québécoises de très belle façon. Sur un tronçon particulièrement défoncé, non seulement la voiture s’est replacée fermement sans brasser ses occupants, mais elle l’a fait avec une solidité de châssis surprenante, sans un « kick » de caisse. Elle s’en tire mieux que bien d’autres véhicules, toutes catégories confondues.

Bye bye C230, bonjour C250

Pour 2010, la nomenclature de base passe de C230 à C250, ce qui reflète enfin le V6 de 2,5 litres qui continue d’habiter le compartiment moteur. Cette variante, toujours exclusive au Canada, est destinée à attirer la clientèle avec un prix dans les mi-30 000$. Mais 201 chevaux, c’est presque famélique, surtout lorsque la traction intégrale fait grimper l’aiguille de la balance. Mieux vaut donc y penser deux fois avant d’effectuer un dépassement dynamique – j’exagère à peine…

Pour plus de vent dans le toupet et si, bien sûr, le portefeuille accepte de franchir allègrement la barre des 40 000$, deux autres motorisations s’offrent, avec ou sans traction intégrale : la C300 (V6 de 3,0 litres pour 228 chevaux) et la C350 (V6 de 3,5 litres pour 268 chevaux). Entre les deux, les cœurs balancent. La différence? Quarante chevaux et une seconde – pour le 0-100 km/h, on s’entend. Sinon, les deux motorisations sont souples, de belle sobriété et en harmonie avec la boîte automatique à passage manuel. Cette dernière est le meilleur choix chez Mercedes, pour la sophistication de ses sept rapports qui se passent de façon transparente. Si l’envie prend de se mêler de leur course, la C63 AMG permet de le faire à même le volant, avec ses palettes d’aluminium. Notez que la boîte manuelle six vitesses est proposée avec la C250 et la C300.

Sauf pour la C63 AMG (V8 de 6,2 litres pour 451 chevaux), toutes les autres Classe C proposent la traction intégrale. De type permanent, ce dispositif fait du bon boulot, ne serait-ce parce qu’en situation normale, il place 55% du couple aux roues arrière, préservant ainsi les propriétés de propulsion de la voiture. Autre bon point : la direction, précise et communicative, est presqu’aussi onctueuse qu’un « smoothie ». Enfin, on note une bonne réponse de l’accélérateur, un bon freinage et une sécurité de série complète.

À quand le diesel?

Dans les quelques pages suivantes, on voit que certains modèles Mercedes reçoivent la motorisation diesel. Cette motorisation n’est toujours pas prévue pour la Classe C et c’est bien dommage : la « petite » aurait tout à gagner à pouvoir rouler plus de 1000 km avec un seul plein de carburant.

Ceci dit, la Classe C s’en tire par son assurance, son équilibre, son confort et sa modération. Justement, parlant modération : avec elle, il faut savoir se contenir. Car plus on grimpe dans l’échelle des versions et plus on évolue dans une catégorie de prix où le choix automobile est varié et la compétition, très féroce; au risque, pour la « petite » Mercedes, de passer dans le tordeur…

Feu vert

L’une des meilleures suspensions du marché
Conduite très plaisante
Qualité Mercedes
« Contrôleur électronique » plus convivial qu’ailleurs

Feu rouge

Banquette fixe dans la version de base
Version de base qui manque de dynamisme
Commandes de climatisation mal positionnées

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