Étiez-vous au courant… de la position du Canada en matière de véhicules électriques?

Beaucoup de gens l’ignorent, mais le gouvernement du Canada a déjà offert un rabais allant jusqu’à 2000$ pour l’achat d’un véhicule dit écoénergétique. C’était il y a plus de 10 ans.

Il s’en est passé des choses depuis!

Les véhicules hybrides et électriques sont aujourd’hui beaucoup plus performants qu’à cette époque et même les véhicules à essence ont vu leur consommation baisser de façon notable.

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De 2009 à 2019...

En 2009, un document intitulé Feuille de route du Canada sur la technologie des véhicules électriques avait été rédigé par un groupe d’experts provenant du milieu des constructeurs automobiles, de sociétés d’état telles que Hydro-Québec et Manitoba Hydro, de l’organisme Mobilité Électrique Canada, de l’université du Manitoba, des Travailleurs Canadiens de l’Automobile, etc.

Son énoncé principal était le suivant : «D’ici 2018, il y aura au moins 500 000 véhicules électriques aptes à circuler sur les routes canadiennes, ainsi que probablement un plus grand nombre de véhicules hybrides. Le contenu canadien de tous ces véhicules, en ce qui a trait aux pièces et à la fabrication, sera plus élevé que celui des véhicules en circulation sur les routes canadiennes en 2008.»

Cette «feuille de route» ne deviendra jamais plan gouvernemental canadien et 10 ans plus tard, les deux grands objectifs proposés n’ont pas été atteints.

  • Nous en sommes maintenant à environ 100 000 véhicules électriques au Canada, soit 1/5e de l’objectif visé par ce comité.
  • Le contenu canadien n’est pas plus élevé pour les véhicules électriques en 2018 que pour les véhicules en circulation au Canada en 2008, ces véhicules électriques étant à peu près tous assemblés hors du Canada avec des batteries et des moteurs provenant surtout de la Corée du Sud, du Japon, des États-Unis ou de la Chine. Par contre, de plus en plus d’autobus, de camions et de véhicules de niche partiellement et entièrement électriques sont assemblés au Canada avec au moins une partie de ses éléments d’origine canadienne.
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Pourquoi le Canada a-t-il pris du retard?

Alors que de nombreux pays industrialisés tels que la Norvège, les États-Unis, l’Angleterre, la Chine et la France ont mis en place des stratégies nationales d’électrification des véhicules individuels, collectifs et de marchandise, incluant divers avantages dont des rabais, le Canada n’a toujours pas de plan ou de rabais à l’achat d’un véhicule partiellement ou entièrement électrique. Il est donc à la traine vis-à-vis les meneurs.

Ainsi, le déploiement des véhicules électriques au Canada s’est principalement fait grâce au soutien des gouvernements de la Colombie-Britannique, du Québec et, jusqu’à tout récemment, de l’Ontario. D’ailleurs environ 97% des véhicules électriques au Canada sont immatriculés dans ces trois provinces et c’est là où l’on retrouve la majorité des infrastructures.

Il y a bien un programme connu sous le nom d’«Initiative pour le déploiement d’infrastructures pour les véhicules électriques et les carburants de remplacement», mais ce programme ne nécessite pas de gros investissements de la part du gouvernement fédéral puisqu’il s’agit de contributions remboursables, donc de prêts. Qui plus est, une partie importante des fonds de ce programme a été attribuée à des projets d’infrastructures... de gaz naturel.

L’effet «Katowice»?

Un plan canadien d’électrification des transports devait être rendu public en 2018, ce qui n’a toujours pas été fait. Or, lors de la COP 24 sur le climat de Katowice qui a eu lieu en décembre dernier, le Canada était de la quarantaine de paysqui ont signé la déclaration «Driving Change Together : Katowice Partnership for e-mobility».

Celle-ci a pour but d’accélérer la transition vers les véhicules électriques via une série de mesures... qui ne sont pas sans rappeler celles proposées par le groupe d’experts il y a 10 ans.

Peut-on voir dans la signature de cette déclaration par le Canada un signe encourageant?

Nous sommes nombreux à l’espérer.

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