Toyota Camry, réputation surfaite?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

La Camry, c’est la berline intermédiaire la plus populaire. Mon « mononcle » en a une, mon voisin aussi. Et deux fois sur trois, c’est la voiture dans laquelle je prends place lorsque vient le temps de me déplacer en taxi. Est-ce le fruit du hasard ou est-ce que Toyota a vraiment bien cerné sa clientèle? Chose certaine, que ce soit au Québec, en Ontario, dans les Maritimes ou dans l’ouest canadien, c’est la Camry qu’on préfère. Et c’est encore plus vrai lorsqu’il est question des États-Unis.

Il faut dire que Toyota a réussi avec la Camry à fidéliser sa clientèle de façon à ce que cette dernière la suive tout au long de sa vie. Lancée au début des années 80, elle rejoignait les baby-boomers qui, à l’époque, avaient des besoins familiaux et une vie généralement active. Puis, petit à petit, la Camry a pris du coffre, a vu sa puissance et son niveau de luxe augmenter, tout en voyant sa gamme s’élargir. Ce qu’on nous sert aujourd’hui, c’est une voiture immensément plus spacieuse, confortable et silencieuse, qui continue de répondre aux besoins de cette même clientèle, dont plusieurs sont aujourd’hui en âge d’être grands-parents.

Fiabilité garantie?

Évidemment, la Camry ne s’est pas taillé la réputation d’excellence et de fiabilité qui l’accompagne en un seul claquement de doigts. Il a fallu qu’elle prouve sa qualité à ceux qui, auparavant, se procuraient des produits comme la Ford Taurus ou la Chevrolet Celebrity, ce qu’elle a fait. Cependant, il semble que depuis quelques années, cette qualité ne soit plus aussi poussée qu’elle l’était autrefois. C’est du moins ce que l’on peut conclure à entendre les commentaires de quelques acheteurs, qui avouent avoir eu quelques pépins parfois majeurs avec leur voiture.

J’ai encore en mémoire le récent témoignage d’une personne qui me mentionnait avoir possédé deux Corolla, puis deux Camry et qui, en raison des innombrables problèmes rencontrés avec son dernier modèle (une Camry LE 2007), a abandonné Toyota dès l’année suivante. Depuis, elle conduit une Ford Fusion 2008, dont elle est plus qu’enchantée. Tout ça pour dire qu’à mon avis, la réputation de la Camry est légèrement surfaite.

Ceci dit, il s’agit tout de même d’une excellente voiture. Et pour une fois, elle revêt une robe plus attrayante. Pas de là à susciter de grandes émotions, mais disons qu’on est loin de la ligne insipide du modèle de la précédente génération, vendu jusqu’en 2006. À bord, c’est la même chose. Toyota a tenté depuis 2007 de charmer sa clientèle avec une planche de bord un tant soit peu inusitée, qui se démarque par l’éclairage façon « Indiglo » de la console centrale. Comme il se doit, on a étudié l’environnement habitable de façon à bénéficier de beaucoup d’espace, d’une multitude de compartiments de rangement et d’une ergonomie sans tache.

Côté équipement, Toyota est plus généreux qu’autrefois. Le rapport équipement/prix n’est certainement pas le meilleur en ville, mais on propose à tout le moins une liste de caractéristiques de série intéressante. Hélas, quelques éléments aujourd’hui presque vitaux demeurent optionnels, comme le système de téléphonie mains libres, pourtant de série sur une simple Kia Rio.

Et de six…

GM l’avait, Ford et Mazda aussi. Il fallait donc que Toyota emboîte le pas en nous offrant une boîte automatique à six rapports jumelée au moteur quatre cylindres. Mais y voit-on une véritable différence? Oui, certainement. En fait, la voiture ne gagne pas seulement en offrant un meilleur rendement énergétique (qui se rapproche drôlement de celui de l’hybride), mais elle propose un comportement plus intéressant et une meilleure latitude lors des reprises. Les performances sont améliorées, la consommation aussi. Il faut cependant ajouter que la voiture hérite aussi d’un moteur légèrement plus puissant, recalibré et dont la cylindrée passe à 2,5 litres. Autrement, on nous propose le V6 de 3,5 litres qui se veut un modèle de performance et de faible consommation de carburant.

Enfin, on retrouve la motorisation hybride. Cette dernière, combinée à une boîte à rapports continuellement variables, propose un rendement énergétique impressionnant d’environ 6 à 6,5 litres aux 100 kilomètres. Il ne tient maintenant qu’à vous de décider avec votre cœur d’environnementaliste si le surplus monétaire déboursé pour économiser 2 litres aux 100 kilomètres se justifie. Sachez aussi qu’avec l’hybride, vous perdez 125 litres de capacité de charge dans le coffre, en raison de la présence des batteries.

En quête de confort et de silence de roulement, vous frappez à la bonne porte, car il s’agit du point fort de la Camry. Cette dernière ne vous offrira pas le dynamisme d’une Accord et encore moins le plaisir de conduire d’une Mazda6, mais pour du confort douillet, c’est une formule gagnante. En terminant, permettez-moi toutefois d’insister sur la pertinence de faire l’essai d’une Hyundai Sonata avant de signer votre Camry. Pour plusieurs milliers de dollars de moins, vous pouvez obtenir une voiture mieux équipée et mieux garantie, et dont le comportement et la qualité de construction sont comparables.

Feu vert

Excellents groupes motopropulseurs
Consommation inférieure à la moyenne
Voiture silencieuse et confortable
Grand choix de modèles
Faible dépréciation

Feu rouge

Facture qui grimpe rapidement
Réputation de fiabilité surfaite
Agrément de conduite inexistant
Hybride plus gourmande en hiver
Petitesse du coffre (hybride)

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