Nissan Quest, le calvaire continue

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Depuis ses débuts sur le marché nord-américain au milieu des années 90, la Quest n’a jamais connu beaucoup de succès. En fait, elle a pratiquement toujours été la mal-aimée de la catégorie sans être pourtant vraiment déclassée dans quelque domaine que ce soit. Certains d’entre vous se souviennent sans doute de la première génération, une fourgonnette à empattement court qui était également offerte par la division Mercury en tant que Villager. Malgré quelques astuces en fait d’aménagement, le public n’a pas tellement apprécié ces modèles.

Puis, après un hiatus de quelques années, Nissan a décidé de porter un grand coup et de réinventer la catégorie avec un modèle aux allures futuristes cette fois-ci et d’une longueur supérieure à presque tous les concurrents de la catégorie. En plus, le tableau de bord semblait avoir été emprunté au décor d’un film de science-fiction de Série B des années 50. Bref, on était passé d’un extrême à l’autre. Nissan avait même construit une toute nouvelle usine à Canton dans le Mississippi pour y assembler cette fourgonnette qui était appelée, selon eux, à révolutionner le marché. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.

Débuts embarrassants

Dans leur ardeur à vouloir se faire une place au soleil, les dirigeants de Nissan ignoraient que les goûts des acheteurs de fourgonnettes étaient assez conservateurs et que cette silhouette hors-norme ne les intéressait pas. D’ailleurs, le tableau de bord du futur n’a pas connu l’accueil escompté non plus. Mais le pire dans tout cela, c’est que les employés de cette nouvelle usine n’avaient pratiquement aucune expérience et la Quest a connu sa part de difficultés en fait de qualité d’assemblage, notamment des bruits de caisse dont le niveau sonore était accentué par un habitacle très grand.

Petit à petit, l’embarrassante réputation de « boîte à bruit » de la Quest s’est répandue et les ventes ont périclité au fil des mois. Il faut également ajouter que la direction était plus ou moins précise, que la plate-forme manquait de rigidité et que le système visant à replier les bancs arrière sur eux-mêmes était à revoir. Au lieu de faire comme les constructeurs américains qui ont tendance dans de telles circonstances à faire peu d’efforts pour améliorer le produit en attendant une refonte complète souvent accompagnée d’un changement de nom, Nissan est demeuré fidèle à sa fourgonnette et les ingénieurs se sont sérieusement mis au travail pour corriger les lacunes. En même temps, une escouade de choc est arrivée à l’usine afin d’assurer un assemblage digne de la réputation de Nissan.
Tant et si bien qu’une nouvelle version revue et corrigée est apparue sur le marché en 2007. La planche de bord était moins futuriste, mais plus pratique. Des modifications esthétiques mineures venaient rectifier certaines erreurs de design tandis que le mécanisme visant à replier les sièges médians avait été révisé.

Dommage

Il est certain que si la Quest avait été lancée en 2004 dans sa configuration actuelle, elle serait devenue l’une des références de la catégorie. Car depuis sa refonte, elle impressionne à plus d’un point de vue, même s’il est évident que sa silhouette de mininavette spatiale ne semble pas toujours plaire. Mais si vous recherchez une fourgonnette d’une grande habitabilité et dotée d’un seuil de chargement bas, cette Nissan surpasse toute la concurrence à ce chapitre. Malheureusement, la seconde rangée de sièges ne se replie pas complètement à plat et elle est un obstacle fort irritant lorsqu’on veut glisser un objet long.

Une fois derrière le volant, on est confronté à un indicateur de vitesse de bonne dimension abrité des rayons du soleil par une petite « casquette » et encadré par le compte-tours à gauche et à droite par la jauge d’essence et le thermomètre. Puis, immédiatement à droite se trouve le levier de vitesses qui permet de commander la boîte automatique à cinq rapports. C’est futuriste et pratique puisque le levier tombe facilement sous la main. Mais ce n’est pas génial en même temps, car il faut le contourner pour accéder aux autres commandes qui sont regroupées au centre sous les buses de ventilation. Le tout surplombé d’un grand écran de navigation. Cette disposition des commandes impressionne au premier coup d’œil mais les choses se gâtent lorsqu’il faut s’y retrouver.

Sur la route, il est dorénavant difficile de trouver à redire car les accélérations de l’incontournable moteur V6 de 3,5 litres de 235 chevaux sont correctes malgré un poids à vide de deux tonnes. Les choses se détériorent cependant si on profite de tout cet espace de chargement pour transporter des objets lourds. Les performances en souffrent et la consommation dégénère au point d’aller frôler une moyenne de 15 litres aux 100 km alors qu’elle oscille autour de 13 litres aux 100 km en conduite normale.

Il est important d’ajouter qu’en dépit de ses dimensions, la Quest est l’une des fourgonnettes qui offrent le meilleur agrément de conduite et un comportement routier quasiment sportif. À la condition cependant de ne pas être chargé à bloc. Un centre de gravité bas et une voie large expliquent ce comportement digne de mention.
Revue et corrigée, ayant une grande habitabilité et une tenue de route intéressante pour une fourgonnette, la Quest demeure tout de même ignorée des acheteurs. Pour expliquer cet état de fait, il est certain que le lancement raté de 2004 est un facteur qu’on ne peut balayer du revers de la main. Mais lorsqu’on constate que la gamme de prix va de 30 000 $ à 45 000 $, il est facile de comprendre pourquoi les gens la boudent. Elle coûte beaucoup trop cher dans le contexte actuel alors que les Nord-Américains vendent leurs produits à des prix cassés.

Feu vert

Moteur V6
Excellente habitabilité
Finition améliorée
Bonne tenue de route
Seuil de chargement bas

Feu rouge

Fiabilité moyenne
Prix hors catégorie
Commandes irritantes
Transmission saccadée
Volant trop avancé

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