Kia Borrego, l'attrait de l'Amérique

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Le Kia Borrego a été dévoilé au bien mauvais moment… Lors de son lancement en juillet 2008, le prix de l’essence jouait autour de 1,35$ le litre, au Québec du moins. Pire, la tendance n’était déjà plus aux utilitaires construits sur un châssis de camion comme le Borrego, mais allait plutôt vers des véhicules plus à l’aise en ville. Mais au moment où Kia a commencé à penser à son nouveau VUS, l’Amérique était pleine de promesses. Après tout, aucune entreprise sensée ne passerait à côté d’un marché de près de 350 000 000 de personnes!

Le Borrego a été dessiné en Californie, dans les bureaux de design de Kia. Pour un véhicule qui n’est proposé qu’aux États-Unis et au Canada, ça allait de soi! Esthétiquement, le plus gros véhicule de Kia est plutôt réussi, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, même si les designers ont fait preuve de retenue. Les lignes sont fluides, agréables et bien proportionnées. Le niveau de finition de tous les Borrego essayés était très relevé. Si seulement la qualité des matériaux était aussi bonne…

En arrière, toutes!

Le Borrego est un véhicule à sept places et qui dit sept places dit vaste habitacle. En effet, l’espace intérieur ne manque pas pour les occupants des deux premières rangées. Les deux personnes prenant place dans la troisième rangée se demanderont où mettre leurs pieds, mais à part ça, ce n’est pas trop pire. Il faut toutefois mentionner que dans un Borrego essayé en février dernier, alors que le mercure n’osait même pas sortir de sa bulle, j’ai gelé des pieds en prenant place dans cette troisième rangée malgré tous les efforts déployés par la conductrice pour améliorer mon confort (ou pour que j’arrête de me plaindre…). Inutile de préciser que lorsque toutes les rangées de sièges sont relevées, il en reste beaucoup moins pour les bagages. Quand les dossiers sont baissés, ils contribuent à former un fond presque plat recouvert d’un plastique noir, sur lequel il est aisé de glisser des objets… et où les objets glissent un peu trop aisément à mon goût dès la moindre courbe. Ce plastique noir, en passant, s’égratigne juste à le regarder. Sous le plancher du coffre, il y a un espace de rangement bienvenu. L’ouverture créée par le hayon, qui ne lève pas très haut, est suffisamment grande. Malheureusement, la vitre ne s’ouvre pas séparément du hayon et on ne retrouve pas de cache-bagages, même en option.

À l’avant, les occupants n’ont pas à se plaindre du confort. Le conducteur fait face à un tableau de bord ergonomique et bien fignolé et une position de conduite confortable se trouve rapidement (dans mon cas, à tout le moins). Les espaces de rangement sont nombreux, de même que les porte-gobelets. Cependant, ils sont trop gros pour retenir efficacement un contenant de café de petit format. Ne cherchez pas de système de navigation ou de divertissement dans le Borrego. Selon Kia, ces accessoires feraient trop monter les prix, réduisant ainsi à néant les efforts de l’entreprise d’offrir un produit à coût concurrentiel. Les gens assis à la deuxième rangée sont plutôt gâtés et il leur est même possible d’incliner les dossiers, dossiers par ailleurs un peu trop durs pour les dos douillets.

V6 ou V8?

« Tant qu’à jouer dans la cour des grands, allons-y en grand! », ont dû se dire les dirigeants de Kia quand ils ont concocté le Borrego. Ce dernier propose donc deux moteurs, soit un V6 de 3,8 litres et un V8 de 4,6 litres. Alors qu’il y a à peine quelques années la majorité des gens se ruait sur les versions V8, il en est tout autrement aujourd’hui… et c’est tant mieux! Le 3,8 litres développe une puissance et un couple amplement suffisants pour la majorité des situations. Il arrive à déplacer les 2000 kilos du Borrego avec une certaine vélocité tout en étant relativement sobre.

Pour des besoins plus spécifiques, il y a le V8 de 4,6 litres. Beaucoup plus puissant et marié à une boîte automatique à six rapports, contre cinq pour le V6, il peut remorquer jusqu’à 3400 kilos (7500 livres). L’année dernière, lors du lancement du Borrego, nous avions pu transporter un bateau de 4000 livres avec un modèle V6 dans les Rocheuses. Même si la limite de remorquage pour le V6 est de 2268 kilos (5000 livres), il peinait dans les imposantes côtes de l’ouest canadien. Pour cet exercice, Kia aurait été avisé de choisir un modèle V8. Durant cette partie de l’essai, nous nous sommes rapidement rendu compte que les rétroviseurs étaient trop petits lorsqu’une grosse masse se trouvait derrière le véhicule.

En temps normal, le Borrego se comporte comme tout gros 4x4 assis sur un châssis à échelle. La direction n’est pas des plus précises et les suspensions peuvent se montrer un peu trop souples dans certaines conditions puis, un nid-de-poule plus loin, se révéler trop dures. S’il est un domaine où le Borrego se démarque, c’est au niveau des capacités en tout-terrain. Les versions les plus luxueuses ont droit à un rouage 4x4 doublé d’un mode « Auto » qui se comporte comme celui d’une intégrale. Les modèles moins huppés ne reçoivent pas le mode « Auto ». Quoiqu’il en soit, le Borrego montre une belle prestance dès que la route ne mérite plus de porter son nom. Seul bémol, le moteur se salit incroyablement vite de boue en hors route et de gadoue l’hiver. Pour un véhicule axé sur le hors route, c’est un peu surprenant.

Le Borrego est loin d’être un mauvais véhicule. Cependant, il arrive sur le marché au moment où les gens sont de plus en plus conscientisés aux bienfaits de l’environnement et où la plupart des acheteurs se tournent vers des véhicules plus petits, plus maniables et moins énergivores. Enfin, Kia n’a pas la réputation ni le pedigree des constructeurs américains en termes de VUS intermédiaires. Vous savez quoi? Je serais prêt à parier un petit deux que le Borrego ne connaîtra pas une très longue carrière, du moins pas dans sa configuration actuelle.

Feu vert

Style intéressant
Habitacle confortable
Sept places
Excellente garantie
Capacités hors route intéressantes

Feu rouge

Dimensions imposantes
Suspensions mal calibrées
Moteur V8 peu économe
Certains plastiques nuls
Dépréciation extrême

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