Ford Focus 2010, en attendant…

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

La première génération de Focus a été un vrai succès pour Ford. Voiture de l’année en Europe ET en Amérique du Nord, elle a réussi à occuper jusqu’à la 4e position du palmarès des dix voitures les plus populaires au Canada. Deux Focus se vendaient alors pour chaque trois Honda Civic, LA voiture la plus populaire au pays. Mais la seconde génération de Focus, avec nous depuis deux ans maintenant, n’a pas le même panache. Désormais, une seule Focus est vendue pour chaque trois Civic – et c’est le fond du peloton du Top Ten pour elle...

Avec son allure européenne qui la différenciait de la masse, de même que ses innombrables variantes (trois portes, berline, cinq portes et familiale), la Focus de première génération avait gagné les cœurs. Malheureusement, sa deuxième génération est tombée dans l’anonymat. D’abord, ses angles tendus et abrupts, pas toujours harmonieusement dessinés, n’ont pas la sensualité d’avant. L’ensemble est moins souriant, moins sympathique. Et si la calandre aux larges bandes chromées réussit bien aux berlines plus grandes telles la Fusion, l’effet est plutôt lourd chez la Focus. Mais le passage générationnel a surtout fait disparaître les versions cinq portes et familiale qui constituaient pourtant les deux tiers des ventes de la compacte au pays…

Contre le courant

Le moteur quatre cylindres de 2,3 litres proposé en complément au 2,0 litres a aussi disparu. Voilà qui va à l’encontre de ces compactes de plus en plus nombreuses à se décliner en deux motorisations (Mazda3, Toyota Corolla, Kia Forte, Honda Civic, par exemple). Pour la Focus, le quatre cylindres de 140 chevaux est adéquat, surtout lorsque jumelé à la boîte manuelle cinq rapports. Cette dernière se passe instinctivement et sait bien tirer la puissance nécessaire aux reprises. Notez cependant que la consommation en carburant est d’un litre aux 100 km de plus en ville que pour les Civic et Corolla. Du côté de la transmission optionnelle, c’est malheureusement une automatique quatre rapports sans mode manuel qui s’offre encore. Les accélérations sont bruyantes et à plus ou moins 70km/h, les rapports se cherchent, indécis. Vrai que cette boîte est mieux programmée que l’ancienne – et curieusement, elle n’est guère plus gourmande que la manuelle – mais la Focus devra un jour rejoindre la concurrence et proposer plus de rapports, voire le passage manuel – et pourquoi pas les commandes au volant, comme pour la Mitsubishi Lancer ?

Hier comme aujourd’hui, on a toujours apprécié les qualités de routières de la Focus. Et parce qu’elle est assemblée sur la même plate-forme qu’hier, la Focus d’aujourd’hui conserve ces qualités. D’abord, la tenue reste assurée et la suspension constitue un bon compromis entre la fermeté et le confort – même qu’elle négocie mieux qu’auparavant les aspérités du bitume. La direction, sans être une merveille d’inspiration, est précise et mène là où on la dirige. Le freinage (encore des tambours à l’arrière…) pourrait être plus convaincant : lancée à 100 km/h, la voiture met presque 48 mètres avant de s’immobiliser, soit de quatre à six mètres de plus que le freinage moyen dans la catégorie. Pour 2010, la Focus a enfin compris : les freins ABS et le système de stabilité viennent de série, et ce, pour toutes les versions.

Oui, mais…

L’habitacle de la Focus, contrairement au style extérieur, a gagné en raffinement et réserve de bonnes surprises. Il est soigné et on s’y sent non seulement chez soi, mais on a aussi l’impression de se trouver à bord d’une plus grande voiture. L’impression n’en est qu’une : à l’arrière, les passagers profitent d’un dégagement aux jambes tout à fait dans la moyenne, sans plus. Esthétiquement, Ford est allé plus loin que le pratico-pratique et ça se voit. Ainsi, la planche de bord est agréable au coup d’œil, et la disposition des commandes est intuitive et ergonomique. L’instrumentation est complète et se lit bien. Les sièges avant sont larges et confortables, les matériaux bien choisis et leur assemblage, tout comme l’insonorisation, est meilleur que les autres produits américains (et certains produits asiatiques, oserions-nous dire). Aussi, le coffre de la berline est disposé à accueillir 391 litres; c’est plus que la concurrence, sauf celle des compactes coréennes. La banquette se rabat 60/40 dans toutes les versions.

Au-delà de ces qualités, soulignons l’absence de l’ajustement télescopique du volant et le manque de soutien latéral des sièges avant lorsque ceux-ci sont recouverts de cuir. Si le climatiseur est de série même sur la version de base (juste en deçà des 16 000 $), ne vous méprenez pas : ce prix ne comprend pas les vitres électriques, pour lesquelles il faut choisir la version subséquente (SE). De fait, c’est la version SEL qui est la plus intéressante, avec son régulateur de vitesse, ses commandes audio au volant, ses roues de 16 pouces et ses sièges avant chauffants. Le prix suggéré, légèrement sous les 20 000 $. Cela  inclut le SYNC, développé en collaboration avec Microsoft. Une fois apprivoisé, ce dispositif est pas mal intéressant.

En attendant…

Mine de rien, la Focus telle qu’on la connaît est sur ses derniers milles. La prochaine Focus qui nous arrivera – très prochainement, nous promet-on – sera la version européenne qu’on encense depuis qu’elle a été lancée là-bas. Elle sera cependant assemblée au Michigan. Mais elle aura de la concurrence dans sa propre salle d’exposition, avec l’arrivée de la Fiesta prévue pour l’année-modèle 2011. En attendant, « notre » Focus devra continuer de se contenter de ventes plus chétives qu’à sa première génération – le coupé ne remplace décidément pas les versions familiales, puisqu’il ne représente que 11 % des ventes de la voiture au Canada…

FEU VERT

Bonne routière
Habitacle bien pensé, bien assemblé
Sync
Coffre plus grand que la moyenne
ABS et système de stabilité enfin de série

FEU ROUGE

Allure moins réussie qu’à la 1re génération
Pas de version familiale, ni de 5 portes
Vieille transmission automatique quatre rapports
Freinage moins convaincant que la majorité

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