La voiture électrique ne réglera pas nos problèmes environnementaux

L’humanité traverse actuellement une période charnière à sa survie. Les signes d’alertes par rapport à notre climat sont très observables, même au Québec. Canicules en automne, froid extrême et pluie verglaçante l’hiver, des records de chaleur l’été. Bref, on le sait qu’il est temps de changer nos habitudes de consommation, mais par où commencer?

Le mythe de la voiture électrique

Au moment d’écrire ces lignes, la voiture à essence est celle que l’on blâme. Certes, le réchauffement climatique est en quelque sorte affecté par les milliards d’automobiles qui circulent chaque jour, mais il y a aussi les énormes bateaux, les avions, les trains, les autobus, les tracteurs, etc., tous alimentés par l’essence. Sans oublier l’industrie manufacturière qui se base à profusion sur le pétrole pour nous concocter une grande variété de produits consommables en plastique et souvent inutiles...

Dans ce monde de vieux fossiles brûlés qui rejettent du monoxyde de carbone en quantité plus qu’industrielle dans l’atmosphère, la voiture électrique à zéro émission a tout son sens, surtout ici au Québec, où notre électricité est propre, renouvelable et surtout, abordable. Nous avons donc trouvé la solution parfaite, l’arme idéale pour toute campagne électorale!

Pas tout à fait…

Lorsqu’elle roule, la voiture électrique ne déploie aucun gaz néfaste pour l’environnement, mais c’est quand elle est assemblée qu’elle pollue presque deux fois plus que la voiture à essence. En fait, son assemblage déploie, en moyenne, 8,8 tonnes de CO2 dans l'atmosphère, contrairement à la voiture à essence qui en produit 5,6 tonnes.

L'une des causes principales de ce phénomène, c'est le lithium, l’ingrédient clé qui permet de concevoir des batteries capables de stocker toute l’énergie d’une voiture électrique. C'est une métal qui nécessite un processus d’extraction minière désastreux pour l’environnement...

Imaginez une caravane complète d’énormes camions à essence qui entrent et sortent d’une mine jour et nuit pour extraire le lithium, sans oublier la pollution causée lors de la production de la batterie en question. Maintenant, imaginez si toute la planète roulait en voiture électrique. On ne serait pas bien plus avancé!

Bon, bien entendu, le but est d'améliorer et de raffiner les processus d'extraction du lithium, et une fois la voiture électrique assemblée et prête à rouler, elle ne déploie plus rien dans l'atmosphère. Elle se rattrape donc sur le très long terme, où au bout d'environ 30 000 km (au Québec), elle arrive kif kif avec l'auto à essence.

Mais il y a un autre point important à considérer, d'où vient l'électricité?

L’électricité n’est pas propre partout

Au Québec, nous vivons dans une zone dorée où nous jouissons d’une électricité renouvelable, mais ce n’est pas le cas partout dans le monde, voire en Amérique du Nord. À l’heure actuelle, 60% de l’électricité produite sur la planète est générée en émettant du CO2 dans l’atmosphère.

Le constructeur Mazda a fait une comparaison intéressante. Une voiture électrique de taille moyenne, comme une Tesla Model S, par exemple, émet en moyenne 200 g/km de CO2 si son électricité provient du charbon, 150 g/km si elle provient du pétrole et 100 g/km si elle provient du gaz naturel. Une Mazda6 2018, avec moteur à essence quatre cylindres SKYACTIV de 2,5 litres, produit 135 g/km.

D’ailleurs, Mazda demeure septique au sujet de la voiture électrique comme solution de demain, et préfère attendre qu’une technologie plus viable soit mise au point. Certes, le constructeur a annoncé cette année l'implantation éventuelle de mécaniques hybrides, mais mise principalement sur son nouveau moteur thermique le SKYACTIV-X, qui prévoit réduire ses émissions à effet de serre d’environ le double. Ainsi, on se retrouverait, sur papier, avec une voiture à essence plus propre qu'une auto électrique actuelle.

Pour créer de l’énergie, il faut exploiter quelque chose

On ne s’en sortira pas de sitôt. Si l’on désire conserver notre liberté actuelle, celle de pouvoir embarquer dans une automobile et de rouler où bon nous semble, il faudra que l’on emprunte quelque chose à notre chère planète Terre afin de créer l’énergie nécessaire.

Si vous voulez mon humble avis, je crois que les voitures à piles à combustible à l’hydrogène représentent un concept intéressant. La technologie est encore au stade embryonnaire, certes, mais elle est loin d’être tirée de la science-fiction.

Ces voitures sont des autos électriques, mais elles ne requièrent pas une grosse batterie ni un branchement pour être rechargées. Le principe est chimique. On remplit le réservoir d’hydrogène, comme on le ferait avec une voiture à essence conventionnelle. L’hydrogène, c’est un gaz naturel, on le retrouve dans l'eau qu'on boit, par exemple. Suite à une réaction chimique, une forme d’électrolyse, l’hydrogène est converti en électrons. Ceux-ci servent ensuite à alimenter le moteur électrique. Tout ce qui sort de l’échappement, c’est de la vapeur!

Bon, évidemment, il y a encore des problèmes reliés à cette façon de faire. Primo, la production d’hydrogène nécessite de l’électricité. On se retrouve donc avec le même discours qu’avec la voiture électrique, et les procédés actuels de création de l'hydrogène ne sont pas tous propres. Secundo, les prototypes actuels exigent tout de même une minibatterie au lithium pour stocker l’énergie produite par la réaction chimique. Le but est d’éventuellement trouver une façon de stocker l’énergie sans l’aide du lithium. Tertio, nos infrastructures sont encore loin d’être adaptées pour ravitailler des millions de bagnoles du genre.

Ce qu’il faut retenir de ce texte, c’est que la voiture électrique n’est pas la solution à nos problèmes, mais plutôt un remède temporaire avant que l’on trouve quelque chose de mieux. L’énergie solaire peut-être? Il faudra trouver une façon propre de stocker l’énergie!

En attendant, acheter une voiture électrique au Québec n’est pas banal, au contraire, puisque l’on roulera avec de l’énergie propre qui revient, du moins, pour le moment, bon marché. Au moins, c'est un pas vers la bonne direction, on l'espère. Toutefois, la voiture à essence peu énergivore n’est pas à dédaigner non plus. En fait, la solution ultime, c'est de tout simplement ralentir notre rythme de vie.

Sources :

International Energy Agency : https://www.iea.org/publications/freepublications/publication/KeyWorld2017.pdf

Mazda Global : http://www.mazda.com/globalassets/en/assets/csr/download/2016/pdf/2016_p057.pdf

Express Magazine : https://www.express.co.uk/life-style/cars/931209/Mazda-Skyactiv-x-petrol-engine-rival-electric-cars-CO2-emissions

The Gardian : https://www.theguardian.com/football/ng-interactive/2017/dec/25/how-green-are-electric-cars

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