Dodge Challenger Hellcat Widebody 2018, l’attrait par les émotions

Points forts
  • Puissance démoniaque
  • Style intimidant
  • Accélérations musclées
  • Futur modèle de collection
Points faibles
  • Embrayage lourd (boîte manuelle)
  • Sonorité envahissante
  • Essence surper requise
  • Moins agréable en conduite quotidienne
Évaluation complète

J’ai eu tout un dilemme il y a quelque temps : prendre le volant d’une Mercedes-Benz AMG GT C ou d’une Dodge Challenger SRT Hellcat, deux véhicules que j’avais à l’essai le temps d’une semaine et avec lesquels je devais participer à une rencontre de passionnés. Certes, ce sont deux bolides très différents, l’un est un exemple de précision dynamique, et l’autre est un monstre pratiquement incontrôlable.

Il faut avouer que malgré l’exotisme et l’exclusivité que la Mercedes-AMG GT dégage, la Challenger Hellcat me faisait de l’œil chaque matin. L’attrait de la Hellcat, c’est qu’elle est intimidante tant par sa bestialité que par son apparence. Notre modèle d’essai arborait une peinture « Gris Destroyer », qui mettait bien en valeur son large devant. Nous avions aussi sous la main une version Widebody qui comprend des ailes élargies à l’arrière de 3,5 pouces et des jantes Devil Rim de 20 pouces, renforçant l’effet muscle car du bolide. Bref, équipée ainsi, notre Hellcat avait presque l’apparence de la Demon, la reine des Challenger.

Photo: Sylvain Raymond

Il ne reste pratiquement plus de bolides aussi intimidants

Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre de grimper à bord du monstre, surtout en sachant qu’avec la clé rouge en poche, nous n’aurions pas moins de 707 chevaux sous la pédale grâce à son moteur V8 de 6,2 litres qui déploie aussi un couple de 650 lb-pi. 707 chevaux! C’est assez pour intimider le plus aguerri des conducteurs, car la voiture n’est pas réellement destinée à la piste ou du moins, très équilibrée. Il faut une dose de folie pour en prendre le volant et c’est exactement pourquoi on aime cette bagnole. Elle est intimidante, rien à voir avec la rectitude des bolides modernes. La dernière voiture qui nous avait procuré ce sentiment, c’était la Viper, un autre modèle signé Dodge.

À notre grande surprise, il y avait trois pédales, et oui notre modèle d’essai était équipé de la boîte manuelle à six rapports optionnelle, ce qui rajoutait une dose de plaisir. En enfonçant l’embrayage, histoire de démarrer le moteur, on découvre rapidement que la conduite du bolide renforcira les muscles de notre jambe gauche... L’embrayage est très lourd et si jamais vous vous retrouvez pris dans la circulation dense comme ce fut le cas lors de notre essai, préparez-vous à souffrir, vous terminerez le trajet avec une jambe plus grosse que l’autre! Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure voiture pour vous rendre quotidiennement au boulot.

Difficile d’égaler la sonorité de ce V8, il suffit de titiller l’accélérateur pour attirer l’attention. Il faut une bonne dose de contrôle pour engager le premier rapport et lâcher l’embrayage, surtout si vous avez engagé le mode piste qui réduit drastiquement les assistances électroniques. L’accélération en ligne droite est grisante d’autant plus qu’elle est appuyée par le hurlement du V8 et le sifflement typique du compresseur volumétrique. Le 0-100 km/h n’est l’affaire que de trois secondes à peine, on l’atteint sans engager le troisième rapport.

Photo: Sylvain Raymond

Du tango à la valse

Bien entendu, la Challenger est assez lourde et malgré l’efficacité de ses larges freins Brembo, on comprend qu’elle n’a pas l’agilité de plusieurs autres sportives. C’est une bête d’accélération qui demande une bonne dose de maîtrise. Au freinage, l’avant plonge vers l’avant et ne songez surtout pas à enfoncer l’accélérateur avant d’avoir redressé le volant, le couple prodigieux et les pneus élargis à l’arrière vous le feront vite payer. Néanmoins, la voiture demeure prévisible et on se plaît à laisser l’arrière valser quelque peu, histoire d’en mettre plein la vue aux passagers.

En conduite normale, la Hellcat devient plus docile et relativement confortable. La sonorité du moteur est envahissante, un peu moins si vous passez rapidement les rapports. Les sièges procurent support et confort. Dodge a rehaussé la qualité de ses habitacles au fil des années et celui de la Challenger n’est pas à dénigrer. Grâce à son gabarit, elle demeure pratique, son volume de chargement est gigantesque comparativement aux autres bolides aussi puissants.

L’instrumentation est classique tout comme les commandes du climatiseur. Toutefois, l’écran tactile de 8,4 pouces du système de divertissement Uconnect permet de tout contrôler simplement, particulièrement avec sa compatibilité avec Apple CarPlay et Android Auto. Si jamais vous en veniez à vous lasser de la sonorité du huit cylindres, le système audio Harman/Kardon de 18 haut-parleurs prendra la relève, sa sonorité est aussi impressionnante que celle du moteur, et vous aurez droit à un massage gratuit en plus.

La Dodge Challenger SRT Hellcat 2018 est une voiture qui fait beaucoup plus appel aux émotions qu’à la raison. Elle dispose de chiffres à la hauteur des plus puissantes bagnoles exotiques pour moins du tiers de leur facture. Elle perpétue le passé glorieux des bolides du passé et ne manque jamais d’attirer l’attention dans les rencontres de passionnés. Il y a fort à parier que dans quelques décennies, la Dodge Challenger Hellcat deviendra un modèle convoité dans les encans. Voiture en voie d’extinction, tant mieux si elle reste parmi nous le plus longtemps possible.

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