Mercedes-Benz S 560 Cabriolet 2018 : la définition même de l’opulence

Points forts
  • Habitacle hautement luxueux et confortable
  • Moteur puissant et économique
  • Technologies d'aide à la conduite avancées
Points faibles
  • Banquette arrière serrée
  • Système multimédia complexe
  • Prix élevé
Évaluation complète

Dans le segment des grandes voitures de luxe ultrasophistiquées, qui comprend la BMW Série 7, l’Audi A8 et la Lexus LS, seule la Mercedes-Benz Classe S offre aux consommateurs une gamme de produits aussi diversifiée. La berline étant au centre de son succès, il est possible pour les consommateurs bien nantis, et cherchant à se démarquer, d’opter soit pour une déclinaison AMG munie d’un moteur V12, soit pour une Maybach ultraluxueuse incorporant un frigo dans sa banquette arrière, ou pour un coupé ou une décapotable.

Étonnamment, c’est le cabriolet qui se montre le plus onéreux, pouvant atteindre un prix stratosphérique de 277 600 $ (en version AMG S 65) avant options! Et même en version de base, comme la déclinaison que vous voyez ici, le cabriolet S 560 se détaille à partir de 166 600 $, rien de moins. Simplement dit, cette bagnole est la définition même de l’abondance et de l’égoïsme.

Photo: Caleb Gingras

Un missile d’élégance

Le cabriolet S 560 est équipé d’un V8 biturbo de 4,0 litres produisant une puissance plus que satisfaisante de 463 chevaux et un couple de 516 lb-pi. Une boîte automatique à neuf rapports se charge de transférer cette cavalerie vers le train arrière. Le rouage intégral 4MATIC n’est disponible que pour les déclinaisons AMG. Selon Mercedes-Benz, son gros cabriolet franchit le 0-100 km/h en 4,5 secondes.

Et comme sa sœur berline, lorsque l’on écrase l’accélérateur d’une S 560, la bagnole rétrograde presque instantanément et, à part un très bref délai avant que les turbos ne s’activent, accélère violemment, tandis que ses occupants sont installés dans un habitacle immensément douillet.

En fait, l’expérience dans cette auto, surtout une fois le toit rabaissé derrière les haut-parleurs de marque Burmester, qui sont, on doit le noter, d’une finition et d’une sonorité absolument exquises – fait drôlement penser à celle d’un bateau. Tout est doux à bord d’une Classe S. La manière dont sa boîte automatique enfile les rapports, combinée à la suspension souple et à la fois sportive du bolide, lui confère une sensation de légèreté. Tout est accompli aisément et sans tracas.

On apprécie également la subtile sonorité des tuyaux d’échappement en mode Sport +, rappelant d’anciens avions de guerre allemands, sans oublier les occasionnels pétarades fort amusants, surtout pour une bagnole aussi prestigieuse!

Un prestige qui ne crie pas fort

Cela étant dit, le cabriolet S 560 est victime du même sort que la berline : son design est beaucoup trop sobre. D’autant plus que notre modèle d’essai – avec intérieur et extérieur noirs – ne faisait rien pour attirer les regards ni justifier son prix de vente. Et avec les produits Mercedes-Benz qui se ressemblent de plus en plus, il était parfois difficile de savoir de quel modèle il s’agissait. Souvent, elle passait pour une Classe E, chose gênante considérant que la S est supposé représenter le summum des bagnoles Mercedes-Benz...

On imagine que c’est ce que les propriétaires de S 560 cabriolet exigent, le fait de passer inaperçus : ils ne veulent pas nécessairement se vanter de leur achat. Personnellement, si j’étais au volant d’une décapotable m’ayant coûté près d’un quart de million de dollars, j’aurais aimé un peu plus d’artifices! Par chance, il est possible d’habiller l’habitacle de la S 560 avec des couleurs un peu plus voyantes, comme l’ensemble designo avec cuir rouge et noir.

Photo: Caleb Gingras

« On descend en Floride »

Il va de soi, dès que l’on jette un premier coup d’œil sur ce bolide, que l’on a affaire à une automobile idéale pour les narcissiques, ce que les Américains aiment nommer « personal luxury » (luxe personnel). Certes, une énorme deux portes très chère, mais disposant d’un coffre minuscule et d’une étroite banquette arrière, c'est particulier. Le cabriolet S 560 accommodera donc mieux une personne célibataire ou un couple fortuné qui vise à se payer la traite, tout en « descendant » vers la résidence secondaire en Floride dans un confort titanesque.

Ça, elle le fait merveilleusement bien, la Classe S. Les sièges avant – ventilés, chauffés, avec fonction de massage et pouvant projeter de l’air chaud sur votre cou lors des soirées plus fraîches – sont incroyablement douillets, tout en offrant un bon support lombaire et latéral. Et le cabriolet incorpore, comme la berline, les plus récentes technologies en matière d’aide à la conduite semi-autonome. Lors de mon essai, j’ai roulé sur l’autoroute 10, de Montréal à Sherbrooke, sans presque jamais toucher le volant!

Bien entendu, au niveau de la planche de bord, on n’a pas changé grand-chose. Cependant, celle du cabriolet arbore un design aux courbes plus prononcées, lui confiant une allure légèrement moins conservatrice que dans la berline.

On remarque instantanément les deux énormes écrans ACL de 12,3 pouces, placés côte à côte, ressemblant à un seul tableau d’affichage hypermoderne. Toutefois, comme pour le reste de la gamme Mercedes-Benz, le système COMAND demeure complexe, certaines de ses fonctionnalités s’avèrent peu intuitives et la molette centrale (ou le pavé tactile) servant à l’activer n’est pas des plus conviviales. Néanmoins, toutes les technologies imaginables, comme Android Auto/Apple CarPlay et une borne Wi-Fi (sur abonnement) sont de la partie. Il est même possible de faire apparaître un coupe-vent, qui se soulève derrière les appuie-têtes des occupants arrière, en appuyant sur un seul bouton.

En somme, il n’y a rien de bien logique derrière la déclinaison cabriolet de la célèbre Mercedes-Benz Classe S, si ce n’est qu’elle existe pour satisfaire les plus gros égos aux goûts les plus excentriques... C’est l’avantage de vendre des produits de grand luxe, on peut se permettre d’explorer de nouvelles avenues, chose que Mercedes-Benz a comprise il y a longtemps. Pensez-y, quand on a les moyens de tout s’acheter, n’est-il pas normal de nous promener dans quelque chose qui sort de l’ordinaire?

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