Voici comment le Lincoln Navigator pourrait sauver BlackBerry

L’interface nettement améliorée du système SYNC 3 du plus gros des VUS de la gamme Lincoln a essentiellement été développée chez QNX, pas loin d’Ottawa, une société appartenant à BlackBerry.

En 2018, on peut dire que Ford l’a échappé belle avec sa marque de luxe Lincoln. Celle qui était presque aussi agonisante que Buick il y a dix ans a effectué un rebond spectaculaire, à peu près comparable à celui de son homologue de chez General Motors, d’ailleurs.

À peu près. Chose sûre, les rumeurs de sa dissolution imminente ne sont plus aussi persistantes qu’au cours de la décennie passée.

Avec un peu de chance, ce revirement rejaillira sur une autre marque, canadienne celle-là, qui mise fort sur l’automobile pour redorer son propre blason : BlackBerry.

L’ex-géant de la téléphonie intelligente a subi une transformation profonde, ces dernières années, devenant un géant du logiciel de sécurité pour entreprises et délaissant les appareils téléphoniques, la BlackBerry étant vendue sous licence par d’autres fabricants.

Lincoln Connect et SYNC 3 : mariage parfait

Un de ces logiciels, étonnamment, est l’interface multimédia créée à Ottawa par QNX, une société dont la réputation dans le monde automobile n’est plus à faire. Contrairement à CarPlay ou Android Auto, d’Apple et Google, le logiciel de QNX est ce que l’on appelle une marque blanche, une interface sur laquelle les fabricants d’automobiles peuvent apposer leur propre logo.

Chez Ford et Lincoln, c’est SYNC 3 qui souligne l’arrivée de QNX dans leurs systèmes multimédias. Et même si ça fait quelques années déjà que ça s’est réglé, la plus belle intégration de tout ça à ce jour est probablement celle faite par Lincoln dans l’édition actuelle du Navigator.

En fait, c’est toute la conception de l’interface multimédia à bord du gros VUS qui mérite des accolades. La console flottante, au pied de laquelle on trouve une tablette sur laquelle sont logées les touches de contrôle, n’abuse pas des surfaces tactiles, un problème récurrent chez Ford et Lincoln, ces dernières années.

Les commandes sont un peu compliquées, au premier contact, mais une fois que l’on a repéré et départagé les touches de climatisation, les touches de la sonorisation et le reste, on peut commander le tout sans trop quitter la route des yeux.

Le jeu de lumières intégré à l’ensemble est spectaculaire, surtout le soir, évidemment, où ça scintille pas à peu près. Ça fait presque oublier la facture de 90 000 $ qu’il faut acquitter pour mettre la main au volant de ce mastodonte.

Comme un iPad, ou presque

Un des défauts des écrans tactiles en voiture, c’est leur lenteur et leur imprécision. Il faut cogner fort avec le doigt sur l’icône de son choix pour activer la fonction désirée.

Pour une très rare fois, ce n’est pas le cas ici. Ce système, appelé Lincoln Connect (quand il est équipé des fonctions télématiques ajoutant les commandes à distance via une application mobile), réagit au moindre effleurement, de façon presque aussi naturelle qu’un écran de tablette numérique ou de téléphone intelligent.

On ne sait pas si un tel système à bord des berlines de Ford les aurait sauvées d’une fin prématurée en Amérique du Nord, mais ça n’aurait certainement pas nui à améliorer leur réputation…

Entre temps, souhaitons que cette vitrine fort prestigieuse pour QNX et BlackBerry, qui lorgnent ces jours-ci du côté de la Chine pour devenir un poids lourd de la conduite autonome, permette à la société canadienne d’éviter un sort comparable à celui qui attend la Ford Taurus sous peu.

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