Jaguar XE 2018: Sans surprise... et une belle surprise!

L’arrivée de la XE et de son pendant utilitaire, le F-PACE, apporte un vent de fraîcheur au constructeur et à ses concessionnaires. Reste plus qu’à convaincre les clients de sa fiabilité en hausse.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

Le mandat de la nouvelle XE est clair. Elle doit attirer une clientèle plus jeune chez les concessionnaires Jaguar. Pour ce faire, le constructeur britannique, sous contrôle de Tata Motors, le plus important constructeur automobile en Inde, jouit de ressources pratiquement sans limites afin de se positionner parmi les plus prisées du marché.

La bonne nouvelle dans tout cela est que les modèles antérieurs ont été remplacés par des modèles beaucoup plus achevés. Maintenant, Jaguar peut s’annoncer comme une vraie concurrente aux marques allemandes, lesquelles dominent outrageusement le marché des voitures de prestige.

Sans surprise

Pas de crise identitaire pour cette XE. N’importe quel profane pourrait vous dire qu’elle appartient à la famille Jaguar, avec cette grille signature à la marque et ses phares en forme de sourcils. Certains diront qu’elle ressemble trop à la XF et d’autres vont apprécier ces similitudes. Pour ma part, j’aimerais bien que l’on revienne à cette époque des modèles à la personnalité propre. De face, elles sont jumelles. La XE ne se distingue de la XF que par sa partie arrière, qui semble tronquée. Évidemment, le gabarit parle tout seul puisqu’elle mesure 268 mm de moins que la XF. Même constat pour l’empattement qui se veut plus court de 125 mm. Elle est moins large de 20 mm et perd 32 mm sur la hauteur. Côte à côte, la différence est remarquable.

Tout cela entouré d’ailes bien galbées au profil unique à Jaguar. Pour ce qui est de l’habitacle, là encore, tout est reconnaissable. Par souci d’économie peut-être, la présentation est identique à celle de l’utilitaire F-PACE. Encore une fois, j’aurais apprécié une petite touche d’exclusivité à la berline. L’assemblage est bien réalisé, mais je doute de la qualité de certains matériaux, notamment des plastiques bon marché. Vous reconnaîtrez bien sûr cette fameuse manette agissant comme levier de vitesse, qui s’extirpe de la console au démarrage. C’est un gadget réservé à Jaguar.

Compte tenu du format de la XE, les places arrière sont assez justes. Et c’est aussi hasardeux d’y entrer et d’en sortir sans se cogner le crâne sur le cadre de porte. Le coffre propose un volume raisonnable de 450 litres. Là encore, c’est moins que la XF!

La XE est proposée avec un moteur quatre cylindres turbodiesel de 2,0 litres pour 180 chevaux seulement, mais avec un couple élevé de 318 livres-pied. Légèrement rugueux, il n’offre pas les performances souhaitées. Dommage, car sa faible consommation est un atout. Pour l’année-modèle 2018, Jaguar annonce l’introduction de deux moteurs quatre cylindres turbocompressés de 2,0 litres. Le premier propose une puissance de 247 chevaux et un couple de 269 lb-pi. Le deuxième produit 296 chevaux, un couple de 295 lb-pi, et remplace un des deux V6 suralimentés de 3,0 litres de l’an dernier, soit celui de 340 chevaux. L’autre, de 380 chevaux, propulse toujours le XE S, alors que toutes les motorisations sont gérées par une boîte automatique à huit rapports.

SV Project 8, une belle surprise!

Enfin, que dire de la XE SV Project 8, issue de la division Special Vehicle Operations de Jaguar. Cette bête est dotée d’un V8 5,0 litres développant tout près de 600 chevaux et plus de 500 livres-pied. La boîte à huit rapports permettrait des changements de rapports en 200 millisecondes. J’ai bien hâte de chronométrer ça! Le rouage intégral est de mise. Un mode Piste fait partie de l’équipement de base de cette SV Project 8 et, pour soutenir un usage intense sur piste le différentiel arrière est refroidi. Dépêchez-vous, seulement 300 de ces monstres seront distribués mondialement!

Mais revenons sur terre. Peu importe la version, la XE s’équipe du rouage intégral au Canada. Voilà une voiture bien adaptée à notre réalité climatique. Un match comparatif entre cette XE, la BMW Série 3, la Audi A4 et la Mercedes-Benz Classe C, pourrait être un exercice intéressant. Le châssis de la XE est également très rigide et procure un bel aplomb à la voiture. Sur route sinueuse, elle offre un plaisir de conduite dont Jaguar ne nous a pas habitués depuis belle lurette.

Au final, la Jaguar XE est une voiture bien née. Maintenant, il faut qu’elle démontre clairement qu’elle peut rivaliser avec ses concurrentes. Pour se faire, il faudra en retrouver un grand nombre sur la route. C’est aux concessionnaires de faire le boulot. Encore une fois, il faut rappeler que ce marché est passablement relevé et que la réputation de la marque est à refaire.

Feu vert

  • Format intéressant
  • Châssis rigide
  • Bon choix de moteurs
  • Assemblage honnête
  • SV Project 8 exclusive

Feu rouge

  • Habitacle exigu
  • Accès aux places arrière
  • Silhouette anonyme
  • Fiabilité inconnue

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