Jaguar XJ 2018: Luxueuse, longiligne et larguée

La XJ est toujours élégante et svelte, à sa huitième année, mais il est temps qu’elle rattrape ses rivales, surtout en matière de technologie.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

La grande berline XJ, qui a propulsé Jaguar dans le nouveau siècle en matière de style, est encore magnifique à sa huitième année. C’est dire le talent du styliste visionnaire et génial qu’est Ian Callum, maître illustre du design chez Jaguar Land Rover. Or, la beauté pure n’est pas tout, hélas, dans ce monde des grandes berlines de luxe où l’opulence, la performance et l’innovation débridée sont la règle. À ce jeu, la plus grande des Jaguar, pour tout son charme et son caractère, n’est plus dans le peloton de tête.

Le constat est simple : toutes les rivales de la XJ ont été entièrement renouvelées ces deux dernières années, sans exception. Et elles sont toutes plus puissantes, plus frugales, plus sûres et truffées des technologies les plus innovantes et payantes, tant pour la réputation de la marque que pour les ventes. En cette compagnie remarquablement sélecte et affutée, la grande britannique ne peut évidemment offrir que ce qu’elle a déjà.

Éclairage et affichage modernes

À défaut de tenir le même rythme endiablé que la concurrence, Jaguar a tout de même fait plusieurs mises à jour et rehaussements, au fil des huit dernières années. Les XJ profitent maintenant, par exemple, d’un écran à haute résolution de 12,3 pouces, qui affiche les données pertinentes pour le conducteur, droit devant. Cet écran configurable fonctionne de concert avec l’écran tactile de huit pouces, qui trône au centre du tableau de bord.

On peut, par exemple, afficher la carte en 3D du système de navigation dans la nacelle des instruments au lieu de l’écran central, pour suivre l’itinéraire plus facilement. Le système InControl, accessible sur l’écran central, regroupe des applications liées au téléphone, qui assurent la connectivité, borne Wi-Fi incluse. L'application InControl Remote permet de se connecter à la voiture pour vérifier les systèmes et ainsi chauffer ou rafraîchir l'habitacle, au besoin. En cochant les bonnes options, les passagers arrière ont droit à des écrans de 10,2 pouces, eux aussi.

La XJ peut désormais être dotée d’un régulateur de vitesse adaptatif lui permettant de gérer la conduite dans le trafic. Cette berline, dont les versions à empattement long font 5,25 mètres, possède un système qui surveille les angles morts et les véhicules qui risquent de bloquer le passage en marche arrière. Elle contrôle aussi le stationnement à l’aide de sonars et de caméras périphériques.

Côté sécurité active, les phares entièrement à diodes électroluminescentes (DEL) sont plus blancs, plus puissants et jumelés à la direction pour suivre fidèlement les contours de la route. Ils sont également moins énergivores et plus durables, comme le sont d’ailleurs les DEL employées pour tous les feux de position.

Pas de mode de conduite semi-autonome en prolongement du régulateur adaptatif, par contre. Non plus de système de maintien de voie ni de freinage d’urgence automatique, en marche avant ou arrière. En cela, la grande XJ traîne la patte derrière nombre de voitures qui ne sont pas des berlines de grand luxe.

Une cavalerie familière et bien domptée

En ce qui concerne la mécanique, on a maintenant le choix entre deux moteurs suralimentés par compresseur : un V6 de trois litres et 340 chevaux ou le V8 de cinq litres et 550 chevaux de la fringante XJR, prédilection des mordus de performance et de conduite, même avec l’empattement allongé. C’est une propulsion, par contre. Pas de rouage intégral pour le modèle le plus puissant, performant et sportif, donc. Tous les autres modèles jouissent d’un rouage intégral qui peut acheminer plus de 90% du couple aux roues avant ou arrière, selon les conditions. Très efficace et désormais indispensable, chez les berlines de luxe.

En somme, on s’offre une XJ, plus que jamais, pour le plaisir de regarder et de conduire une berline au style original, encore très performante et entièrement construite en aluminium, de surcroît. On la choisit plutôt qu’une des vedettes allemandes du créneau, une japonaise ultra-fiable, une chic suédoise, une ambitieuse limousine coréenne ou une Tesla Model S, la coqueluche d’hier. Bien sûr, il faut accepter une finition, qui n’est pas au niveau des meilleures, et aussi les aléas d’une fiabilité encore imparfaite, selon les références les plus crédibles.

Chose certaine, il était plus que temps que Jaguar accorde un peu, sinon beaucoup d’attention à cette grande dame qui trône toujours au sommet d’une gamme qui est, simultanément, en pleine croissance et renaissance. Une toute nouvelle génération de la XJ serait d’ailleurs dévoilée au cours de 2017.

Feu vert

  • Silhouette encore élégante et moderne
  • Comportement et performances inspirées (XJR)
  • Habitacle spacieux et confortable
  • Exclusivité certaine

Feu rouge

  • Grosse consommation (V8)
  • Pas de rouage intégral pour la XJR
  • Finition en léger recul sur les meilleures
  • Visibilité arrière limitée

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