Maserati GranTurismo 2018: Enfin arrivée en 2018

Le style de la GranTurismo allie délicatesse, fougue et noblesse, bref, ce à quoi on s’attend d’une italienne haut de gamme.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

Dans les catégories les plus populaires, pour ne pas dire les plus populistes, la durée de vie d’un modèle ne dépasse guère les cinq ou six ans. À sept ans, on parle de gérontologie automobile. Les catégories moins fréquentées par le public, comme celle des voitures de prestige, demandent moins de nouveautés et laissent le temps aux designers de peaufiner une ligne ici, un accessoire là, d’ajouter un élément esthétique, de créer une version spéciale de temps à autre pour raviver la flamme.

Il n’est donc pas surprenant de constater que la Maserati GranTurismo souffle ses onze chandelles cette année. Entre la version 2007 et la 2018, les moteurs, développés conjointement par Maserati et Ferrari et assemblés par cette dernière, ont gagné en cylindrée ainsi qu’en puissance. Le style de la GranTurismo allie délicatesse, fougue et noblesse, bref, ce à quoi l'on s’attend d’une italienne haut de gamme. Même les petites ouvertures à la Buick n’ont pas l’air quétaines!

Maserati offre aussi une version cabriolet de sa GranTurismo, baptisée… Convertible. En Europe, elle s’appelle GranCabrio, un nom un peu plus original et, surtout, plus classique. Selon mon humble avis, elle est moins jolie que le coupé, lui qui profite d’une superbe ligne de toit. Toutefois, je n’aurai pas beaucoup d’arguments pour vous convaincre si vous affirmez le contraire!

Retour vers le passé

Cette année, la partie avant a été redessinée et le résultat est probant. Sans qu’il n’en coûte cher à Maserati, la Gran Turismo vient de rajeunir de quelques années! La partie arrière a aussi été revue mais plus subtilement.

S’il est un domaine où la Gran Turismo affichait un retard inadmissible, c’est sur le plan de la technologie. Cette année, la firme italienne met sa voiture à la page en la dotant d’un écran de 8,4 pouces (à haute résolution précise le communiqué de presse) et le système multimédia incorpore les désormais incontournables Apple CarPlay et Android Auto. Si ces technologies sont tout à fait normales dans une Chevrolet de moins de 20 000$, c’est un pas de géant pour Maserati… Pas un mot par contre sur les différents systèmes de sécurité qui, selon nous, ne changeront pas cette année. Ces systèmes se résument au MSP (Maserati Stability Program) qui fait interagir le système de contrôle de la traction, les freins antiblocage et l’assistance au freinage. Bref, notre Chevrolet de moins de 20 000$ n’a rien à craindre à ce chapitre.

L’habitacle est toujours tendu de cuirs d’une absolue finesse et d’Alcantara (je parle de l’habitacle de la Gran Turismo, pas de celui de la Chevrolet). Les boiseries ne sont pas du toc et les quelques plastiques ne font pas bon marché. Les sièges sont aussi confortables qu’agréables à regarder. À l’arrière, c’est moins évident. Devant le conducteur se trouvent deux gros cadrans, difficiles à manquer, tout comme l’énorme pédalier en aluminium.

La véritable aventure commence quand on appuie sur le bouton de démarrage et que le rugissement du V8 envahit les tympans, particulièrement dans un stationnement souterrain. Quelle enivrante mélodie! Ce moteur est un V8 4,7 litres développant 444 ou 454 chevaux, selon la version. Bien que ce moteur date de plusieurs années, il est toujours aussi beau et, surtout, performant.

Certes, de nos jours, un 0-100 km/h en 4,7 secondes n’a plus rien d’extraordinaire, mais quand on sait que la GranTurismo chatouille les 2 000 kilos, ceci explique cela. La boîte de vitesses compte six rapports et n’est pas dotée d’un double embrayage, encore une preuve que cette voiture n’est plus une prime jeunesse. Le moteur n’est vraiment à l’aise que lorsque l’aiguille du compte-tours dépasse les 7 000 tr/min, ce qui peut rapidement devenir déplaisant en ville. Heureusement, le hurlement de ce V8 compense allègrement.

Une GT dans le plus pur sens du terme

Les initiales de la GranTurismo sont GT. Et une GT n’est pas une voiture de course. Une GT, c’est une voiture très puissante, très confortable, capable d’avaler les kilomètres à fond de train pendant des heures. Au Québec, pour des raisons techniques, ce concept est inconnu… En conduite sportive, la belle italienne est trop lourde, ce qui affecte sa tenue de route et son freinage. Oui, la livrée MC est plus sportive, mais pas au point de rivaliser avec une Audi R8 ou une Jaguar F-TYPE SVR.

Au dernier Salon de Genève, Maserati a dévoilé une GranTurismo Special Edition, commémorant le soixantième anniversaire de la 3500GT, la première GT de la marque. D’un autre côté, depuis déjà quelques années, on parle d’une remplaçante, basée sur la Quattroporte, renouvelée en 2014. Or, les changements apportés cette année pourraient bien reculer cette future cuvée de quelques années.

Feu vert

  • Voiture « émotive »
  • Style revu et corrigé
  • Matériaux de très haute qualité
  • Sonorité du V8 absolument exquise
  • Assez exclusif, merci

Feu rouge

  • Moteur qui manque de souplesse
  • Coûts d’entretien grotesques
  • Systèmes de sécurité dépassés
  • Poids très élevé
  • Consommation de cinq Prius

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