Dodge Grand Caravan 2018: L’expérience l’emporte sur la nouveauté

Avant de laisser le champ libre à la Pacifica, la Grand Caravan continue d’offrir une polyvalence inégalée et un prix d’achat intéressant.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

Depuis l’an passé, la Dodge Grand Caravan doit partager le plancher des salles de démonstration avec une autre fourgonnette, beaucoup plus jeune et jolie, la Chrysler Pacifica. Or, l’impétuosité de cette dernière fait bien l’affaire de la Grand Caravan. En effet, lors de son arrivée sur le marché, la Pacifica, au lieu de prendre le temps de juger le terrain pour mieux ajuster son niveau d’équipement et son prix de détail, est débarquée comme une vraie folle, sûre de sa jeunesse et, surtout, de son pouvoir d’attraction. La Grand Caravan l’a laissée faire, sachant que son expérience des trois dernières décennies parlerait d’elle-même. Alors qu’elle aurait normalement dû partir à l’arrivée de la « p’tite maudite nouvelle », elle est encore là…

Pour des raisons tout à fait mercantiles, Fiat Chrysler Automobiles a depuis diminué le prix de la Pacifica et augmenté celui de la Grand Caravan. Fini une Grand Caravan à 19 999 $! Elle n’est donc plus l’aubaine qu’elle a déjà été. Au moment d’écrire ces lignes (fin juin 2017), son PDSF est même plus élevé que celui d’une Kia Sedona, infiniment plus moderne. Pourtant, avec une feuille de route entachée de problèmes de fiabilité souvent importants, FCA aurait toutes les raisons du monde de la vendre à prix très, très bas! Ce qu’elle fait en offrant des rabais à tour de bras pour que, justement, elle ne coûte pas un bras.

L’éternité dans le monde de l’automobile

La Grand Caravan n’est plus une prime jeunesse. La génération actuelle date de 2008. Dix ans! Une éternité dans le monde de l’automobile. C’est John et Horace Dodge en personne qui avaient été maîtres de cérémonie lors du lancement médiatique, cette année-là… Toujours est-il que personne ne sera surpris d’apprendre que FCA ne lui apporte aucun changement pour 2018. Tout au plus une couleur abandonnée et une autre ajoutée. C’est donc dire que nous retrouvons la bonne vieille Grand Caravan, avec ses défauts et ses qualités.

Au-delà de son style qui n’a jamais fait l’unanimité, il faut admettre qu’aucun VUS n’a encore égalé une Grand Caravan, ou toute autre fourgonnette, pour ce qui est de la polyvalence. Son habitacle est immense et son hayon ouvre grand et haut sur un plancher bas. Le génial système Stow ’n Go, qui n’a pas son pareil dans l’industrie, libère énormément d’espace. Toutefois, pour parvenir à insérer les sièges de la deuxième rangée dans le plancher, il a fallu en arriver à un compromis et c’est le confort qui a écopé puisque l’assise est très mince.

Les sièges de la troisième rangée, eux, s’avèrent peu accueillants et l’angle formé par l’assise et le dossier est insolite, mais on finit par s’y faire. On se fait moins, par contre, aux trous et aux bosses qui nous secouent le squelette sans vergogne lorsque l’on y prend place. Quant aux sièges avant, ils procurent une très bonne position de conduite et demeurent confortables, même après plusieurs heures de route. Dans mon cas, à tout le moins.

Le conducteur a devant lui un tableau de bord un peu vieillot, sans fioritures et aux plastiques souvent bas de gamme. Les espaces de rangement pullulent et toutes les commandes – il n’y en a pas beaucoup, remarquez – tombent sous la main. Mention spéciale au système Uconnect, reconnu comme étant l’un des plus compétents sur le marché. Ça doit être vrai, je peux m’en servir sans m’y perdre, et surtout sans perdre mon âme à force de sacrer.

L’ivrognerie est un bien vilain défaut

Sous le capot, on retrouve un V6 3,6 litres, parfaitement adapté à la Grand Caravan. Il est doux et souple et est responsable de performances ma foi fort relevées. Il a par contre une tendance à trop aimer les pompes à essence… En effet, il engloutit facilement 12,5 l/100 km, mais il peut très bien se laisser aller jusqu’à 13 ou 13,5 l/100 à l’occasion. Une boîte automatique à six rapports est boulonnée à ce moteur. Son fonctionnement, du moins dans le dernier modèle essayé, était quelquefois saccadé et, de temps à autre, les changements de rapport s’effectuaient trop lentement. Ceux qui ont eu des Caravan dans les années 90 peuvent sortir de sous l’évier, la boîte automatique des Grand Caravan est beaucoup plus fiable qu’avant. Oui, je sais, ça vous a coûté cher en pièces, en temps et en psychologue, mais c’est terminé.

Selon des rumeurs de plus en plus persistantes, la Grand Caravan nous quitterait après l’année-modèle 2019, ce qui veut dire qu’il lui resterait encore deux ans à vivre. Il y a cependant de fortes chances que les unités de la dernière année soient surtout destinées à des flottes de véhicules comme les taxis, par exemple. D’un autre côté, ça fait cinq ans que l’on pense que le Dodge Journey va être abandonné et il est encore là, bien vivant. Alors…

Feu vert

  • Polyvalence étonnante
  • Coffre immense
  • Bonne capacité de remorquage
  • V6 bien adapté
  • Prix attirants (après rabais)

Feu rouge

  • Fiabilité en dents de scie
  • Consommation élevée
  • Qualité des matériaux de l’habitacle décevante
  • Sièges arrière peu confortables
  • Sévère dépréciation

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