Subaru Forester 2018: Un as qui cache trop bien son jeu

Le Forester a tous les talents sauf celui d’être photogénique et de faire tourner les têtes. À quand une vraie version sport pour ça?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

Ce sont ses utilitaires qui ont permis à Subaru de connaître une progression constante et impressionnante, ces dernières années. Au cœur du trio de choc, entre un Crosstrek plus compact et un Outback plus grand, le Forester offre le meilleur amalgame de comportement, de confort, de performances et de qualités pratiques. Il a même les trophées pour le prouver. Pourtant, il ne connaît pas un succès proportionnel à celui des deux autres. Dans son cas, les apparences sont véritablement trompeuses.

Vingt ans déjà que le Forester promène son profil anguleux dans la catégorie des utilitaires sport compacts. Avec un succès appréciable, mais jamais aussi spectaculaire que celui de rivaux moins doués. Du moins pas pour les ventes. Parce qu’autrement, ses inconditionnels sont légion et les éloges ne manquent pas.

Progrès discrets, mais constants

Chose certaine, il ne faut pas s’arrêter ni au look de la carrosserie ni à l’aspect de sa cabine pour l’évaluer. Parce qu’il faut se l’avouer, le Forester n’a jamais été le Brad Pitt ou le Roy Dupuis des utilitaires sport et n’a jamais pu prétendre à l’opulence avec son habitacle.

C’est quand même beaucoup mieux maintenant, parce que Subaru n’a jamais cessé de le mettre à jour et de le raffiner. L’an dernier seulement, les stylistes ont redessiné la calandre, les blocs optiques et les pare-chocs. À l’intérieur, on a changé le tissu des sièges, la finition des portières et le volant tout en soignant l’aspect et la texture des matériaux. Ce dont les Subaru ont longtemps eu grand besoin, malgré leur durabilité et leur solidité.

Le Forester est enfin aussi concurrentiel en matière d’interfaces, de technologies et d’applications en tous genres, que ce soit avec l’écran tactile de 7,0 pouces des versions Limited, en sommet de gamme, ou l’écran de 6,2 pouces des autres déclinaisons. Il a gardé aussi — ô merveille! — les trois grandes molettes qui permettent de régler la climatisation sans même les regarder.

Le groupe optionnel EyeSight, qui comprenait déjà une panoplie impressionnante de systèmes de sécurité étonnamment efficaces et perfectionnés à prix imbattable, s’est encore bonifié avec l’ajout du freinage automatique en marche arrière. Personne ne fait mieux, toutes marques confondues.

Le Forester offre presque autant de volume de chargement que le grand Outback et il est à la fois plus agile et moins cher. À moins d’avoir besoin d’une banquette arrière pour grandes tailles, c’est un choix plus sensé. À l’inverse, le Crosstrek est plus vif en conduite, mais nettement moins spacieux et pratique. Pour le reste, les qualités intrinsèques des trois sont pareilles.

Le meilleur là où ça compte vraiment

C’est d’ailleurs en conduite, sur la route et encore plus nettement sur un sentier le moindrement escarpé, que le Forester se démarque de ses rivaux. Pour cela, une garde au sol de 220 mm (8,7 po) qui ne compromet aucunement l’accès est un atout appréciable. Et si le roulement est plus ferme dans le 2.0XT, cela tient sans doute à ses pneus à taille plus basse et possiblement aussi au poids non suspendu additionnel de ses freins plus grands.

La différence en performance entre le 2.5i à moteur atmosphérique de 170 chevaux et le 2.0XT turbocompressé de 250 chevaux est importante, avec un 0-100 km/h de 9,1 et 6,5 secondes respectivement. Leur capacité de remorquage est toutefois identique et le vénérable « boxer » de 2,5 litres se rachète avec sa cote d’émissions polluantes quasi nulle (PZEV). Il est toutefois grand temps que Subaru lui trouve un remplaçant tout aussi écolo, mais plus puissant et moderne.

Subaru devrait, par ailleurs, songer sérieusement à une version plus sportive du 2.0XT, dans l’esprit de la WRX dont il partage le moteur turbo et la boîte automatique à variation continue. Avec une carrosserie monochrome, des jantes noires (pourquoi pas), un volant sport en Alcantara, des sièges plus sculptés, une sonorité d’échappement plus grave et une suspension raffermie, elle attirerait à coup sûr un public plus large et plus jeune. Pour tout dire, le Forester a besoin d’une silhouette plus moderne et inspirée. Il aurait alors de meilleures chances qu’une fois conquis par ses formes, les acheteurs possibles en fassent l’essai et comprennent qu’ils ont entre les mains un des meilleurs utilitaires compacts qui soient.

Entre-temps, ceux qui ont saisi l’astuce continueront de filer sur les chemins ou les sentiers dans leur Forester avec ce sourire intrigant et discret du joueur qui tient des cartes gagnantes. Toujours un as ou deux dans sa main.

Feu vert

  • Habitacle spacieux, pratique et confortable
  • Excellente qualité de roulement sur toute surface (2.5i)
  • Qualités hivernales indiscutables
  • Visibilité sans reproche

Feu rouge

  • Roulement ferme (2.0XT)
  • Repose-pied étroit et limité en hauteur
  • Silhouette désespérément banale
  • Moteur 2,5 litres atmosphérique désuet
  • Direction imprécise au centre

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