Mitsubishi RVR 2018: Cheveux gris

Citation/Tweet/Exergue Le RVR n’est pas des plus sophistiqués, mais sa mécanique éprouvée lui confère une bonne fiabilité et sa garantie est excellente.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

Avec le retrait de la Lancer et de la i-MiEV, le VUS sous-compact RVR devient le doyen de la gamme Mitsubishi. Il a également été l’un des premiers de son segment à apparaître sur le marché canadien, et chaque année, il se trouve entouré d’un nombre grandissant d’adversaires.

Et pourtant, le RVR se vend bien au Québec. Il est commercialisé chez nous depuis 2011, sans changements majeurs, mais des retouches et améliorations annuelles lui permettent de demeurer dans le coup. Hélas, les cheveux gris sont de plus en plus nombreux sur la tête du RVR. Et s’il ne reçoit pas une refonte significative sous peu, les poils gris vont lui sortir des oreilles…

Avons-nous réellement besoin d’un véhicule à la fine pointe de la technologie? Construit avec une structure en fibre de carbone et équipé de motorisations turbocompressées, sophistiquées et complexes? Pour la majorité des consommateurs à la recherche d’un petit véhicule fiable, abordable et doté d’une bonne garantie, la réponse est non. En effet, le RVR comble des besoins, pas des désirs.

C’est quoi ça, Snapchat?

Le RVR n’est pas un fervent amateur de technologie, et ça paraît. Contrairement aux jeunes qui s’envoient des images sur Snapchat, ou partagent des photos sur Instagram afin d’obtenir des « j’aime » provenant de parfaits inconnus aux noms fictifs, le RVR ne suit pas vraiment les nouvelles tendances.

Pas de régulateur de vitesse adaptatif, pas de surveillance des angles morts, pas de prévention de sortie de voie ni d’avertissement précollision frontale. Côté sécurité, on se contente de l’essentiel avec une panoplie de coussins gonflables et un programme de stabilité électronique. Dans les tests de collision aux États-Unis, le RVR se tire très bien d’affaire, mais l’absence de ces dispositifs de sécurité avancés l’empêche d’obtenir la cote « Top Safety Pick » de l’IIHS.

Par contre, le petit VUS est loin d’être un dinosaure, puisque l’on a amélioré son système multimédia au fil du temps. Une connectivité Bluetooth, une prise USB, un écran tactile et une caméra de recul sont inclus dans presque toutes les versions, tout comme les applications Apple CarPlay et Android Auto, une nouveauté pour 2018. La puissante chaîne audio de 710 watts, la radio satellite et le système de navigation sont réservés à la version la plus dispendieuse du RVR, en option de surcroît. Dommage.

Relation à long terme recherchée

Contrairement aux photos éphémères que l’on envoie via Snapchat, le RVR propose plutôt de faire partie de notre vie pendant un long moment. Sa garantie de 10 ans ou de 160 000 km sur le groupe motopropulseur en est une preuve.

Ses motorisations ne font pas appel à l’injection directe ni à la turbocompression comme c’est le cas pour son frère, le nouveau Eclipse Cross. Le quatre cylindres de 2,0 litres, produisant 148 chevaux, livre des performances adéquates et enregistre une consommation raisonnable, alors que le moteur de 2,4 litres et ses 168 chevaux rend le RVR plus vif et agréable à conduire.

Ces deux moteurs ne sont pas aussi écoénergétiques que ceux du Mazda CX-3 et du Honda HR-V, les deux champions de la catégorie à cet égard. Est-ce grave? Un peu, puisque l’on parle d’un écart variant entre 1 et 1,5 l/100 km. Et ce ne sont pas les plus silencieux non plus, mais au moins, leur conception peu sophistiquée fait en sorte qu’ils seront fiables.

De plus, le RVR dispose, en option, d’un rouage intégral drôlement efficace. Il peut être désactivé pour économiser du carburant, alors qu’en mode Auto, il acheminera de la puissance aux roues arrière en cas de perte d’adhérence. La fonction Lock forcera une répartition 50:50 avant/arrière.

La finition de l’habitacle n’épatera personne, mais en même temps, ce n’est pas si mal. Les commandes donnent une sensation de solidité, le garnissage des sièges est de bonne qualité et l’assemblage est soigné. Grâce à son toit élevé, on retrouve beaucoup d’espace dans le RVR et la position de conduite est idéale. De plus, le volume de chargement se situe dans la moyenne de son segment. Même dans sa version la plus abordable, munie d’une boîte manuelle à cinq rapports et d’un rouage à traction, le climatiseur et les sièges avant chauffants sont inclus. À l’instar de bien des véhicules sur le marché, les versions de milieu de gamme sont celles à privilégier.

Il vieillit ce petit VUS, mais il vieillit bien. Il possède de belles qualités, une conduite agréable et une polyvalence indéniable. Malgré tout, il serait temps que Mitsubishi le pousse dans la fontaine de Jouvence, surtout si les acheteurs prévoient le garder pendant de nombreuses années pour profiter de sa généreuse garantie.

Feu vert

  • Polyvalence appréciable
  • Espace intérieur convenable
  • Solide et fiable
  • Rouage intégral efficace
  • Excellente garantie

Feu rouge

  • Pas de systèmes de sécurité avancés
  • Boîte automatique peu agréable
  • Consomme plus que certains rivaux
  • Versions mieux équipées dispendieuses
  • Modèle vieillissant

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

ConcessionnairesMitsubishi reprend du pic et fait peau neuve
Mitsubishi , qui connaît déjà un bon succès avec son Outlander PHEV et qui vient d’enregistrer son meilleur mois de juin à vie en termes de ventes au Canada, continue de redorer son blason. Cette fois, la compagnie annonce que la moitié de ses concessionnaires au pays adopteront une nouvelle …
EssaisMitsubishi Eclipse Cross 2018 : au goût du jour
Lorsque je regarde la gamme de véhicules actuels de Mitsubishi, je ressens un brin de nostalgie en pensant à tous les merveilleux produits commercialisés par l’un des plus vieux constructeurs automobiles japonais. Des voitures performantes telles que la Mitsubishi Eclipse GSX des années 90, la berline Galant VR-4, la Mirage …
Commentaires