Mercedes-Benz Classe G 2019 : le respect des traditions

Points forts
  • Qualité de finition hors du commun
  • Joyeux mélange rétro moderne
  • Capacités hors route
Points faibles
  • Maniabilité supérieure, mais toujours quelconque
  • Consommation élevée
  • Puissance difficilement exploitable (G 63)
Évaluation complète

Comment est-ce qu’un véhicule-outil a-t-il pu se transformer en carte de mode? Comment se fait-il que certains facteurs de cet utilitaire, qui seraient aujourd’hui inacceptables sur la moindre Toyota Corolla, fassent ici partie du charme? Et surtout, comment expliquer que l’on se batte toujours aux portes des concessionnaires pour l’acheter, à un prix minimal de 130 000 $ pièce?

À ces questions, même les gens de Mercedes-Benz peinent à répondre. Voilà pourquoi la Classe G, demeure l’un des véhicules les plus fascinants de toute l’industrie automobile. Un camion unique, anticonformiste, auquel on pardonne tout, aujourd’hui maître des grands boulevards de Beverly Hills, alors que sa conception initiale avait pour objectif de plaire aux acheteurs qui circulent là où le bitume n’est pas.

Le succès de cet authentique utilitaire, qui ne peut certainement pas être qualifié de multisegment, fut tel qu’en 2017, les ventes mondiales dépassaient les 22 000 unités. Et devinez où ce véhicule a trouvé le plus grand nombre d’acheteurs? Aux États-Unis, bien sûr. Cela dit, la Chine devient aussi un marché important, de même que le Canada, où la version AMG a toujours été plus populaire.

Photo: Antoine Joubert

Un brin d’histoire

Pour bien comprendre l’esprit qui entoure la Classe G, revenons en arrière. Il faut savoir que ce véhicule est devenu mythique dès son introduction, en 1979. En effet, moins d’un an après son arrivée, le Pape l’utilisait comme carrosse pour sa visite en Allemagne. En 1983, le célèbre pilote Jacky Ickx remportait le rallye du Paris-Dakar à son volant. À la fin des années 80, il y avait un choix de quatre moteurs et trois carrosseries, changeant de plus en plus la vocation du véhicule.

C’est toutefois en 1993, à l’arrivée de la version 500 GE, que le véhicule a pris une tangente plus luxueuse. Moteur V8 et sellerie en cuir étaient désormais offerts, en quantité limitée. Puis, ont suivi les variantes plus performantes ainsi que les modèles AMG (1999), ce qui a permis une introduction nord-américaine au début de ce présent siècle. À cela s’ajoutent les innombrables versions exclusives, comme le Cabriolet G 500, le G 550 4x42, et l’incroyable AMG G 63 6x6, que la firme Brabus a pris soin de modifier pour en faire un monstre de 850 chevaux, vendu à 550 000 euros. Et le summum? Le G 650 Landaulet, produit à seulement 99 unités, d’une valeur quasi inestimable.

Une première en 40 ans

Conscient de la popularité de son véhicule, qui avait hélas atteint sa maturité technologique, Mercedes-Benz n’avait pour le conserver d’autre choix que de retourner pour une première fois à la planche à dessin. Nouveau châssis, nouveaux moteurs, nouvel habitacle, le tout accompagné de multiples éléments techniques dernier cri et surtout, d’une nouvelle robe si fidèle à l’originale qu’on peine à la distinguer.

Contrairement aux apparences, le véhicule est donc entièrement nouveau. D’ailleurs, plus on s’en approche, et plus on le réalise. Les formes subtilement arrondies affichent un soupçon de modernisme qui lui permet de gagner en raffinement, mais aussi d’éliminer une grande partie des bruits éoliens qui caractérisaient l’ancienne mouture. Puis, en grimpant à bord (littéralement), on constate sur-le-champ le gain au niveau du dégagement aux épaules et aux jambes. Les rares privilégiés qui ont pu faire connaissance avec la précédente génération vous diront tous que l’espace à bord y était compté, et ce, malgré ses dimensions imposantes. Pour nous le rappeler, Mercedes-Benz a pris soin lors de l’événement de nous faire conduire quelques charmants modèles d’antan, issue de sa collection.

Qu’est-ce qui frappe le plus lorsque l’on s’installe à bord? Le luxe, la beauté et la richesse de la finition, de loin supérieure à ce que peut offrir un utilitaire comme le Mercedes-Benz GLS. Ici, non seulement la présentation est digne d’une berline de Classe S, mais le sentiment de solidité et de robustesse qui l’accompagne vous transpose instantanément dans un monde parallèle.

Au volant, les sièges multicontours avec supports assistés fournissent un confort exceptionnel. La technologie embarquée vient aussi contribuer à la noblesse de ce véhicule, même si l’utilisation des divers systèmes d’exploitation – incluant cet écran de 12,3 pouces – demeure complexe. On apprécie également la position de conduite, vous procurant un sentiment d’invincibilité incomparable, qui aide certainement à sa popularité.

Cure minceur

Soyez évidemment conscient que le Classe G 2019 n’est pas un poids plume. Car malgré une diminution significative de la masse par 170 kilos, le G 550 affiche tout de même près de 2 400 kilos sur la balance. Vous aurez donc compris que cette masse, revêtue d’une carrosserie catastrophique sur le plan aérodynamique, engendre une consommation élevée qui, lors de notre essai, se situait à environ 17 litres aux 100 km (selon l’ordinateur).

Sous le capot, un nouveau V8 biturbo de 4,0 litres jumelé à une boîte automatique à neuf rapports, produisant 416 chevaux et un couple de 450 lb-pi. Et en passant à la version Mercedes-AMG G 63, ce même moteur cette fois assemblé à la main grimpe à 577 chevaux et 627 lb-pi, livrant des performances réellement ahurissantes.

Bien sûr, on ne peut exploiter cette puissance avec la même facilité qu’on le ferait au volant d’une AMG GT S. Toutefois, le véhicule est drôlement plus maniable, notamment grâce à ses voies élargies, à une nouvelle suspension indépendante avant ainsi qu’à cette direction à crémaillère, faisant oublier le précédent système de recirculation à billes. L’électronique permet également d’obtenir différents modes de conduite allant de « Eco » à « Sport + ». Cela impacte évidemment sur la réponse à l’accélération, mais aussi sur la gestion de la boîte de vitesses, l’amortissement, la fermeté de la direction et sur la sonorité de l’échappement qui, avec la version AMG, n’est hélas jamais réellement discrète.

Dans la boue

Même si l’acheteur cible de la Classe G n’a aucunement l’intention de sortir des sentiers battus, les gens de Mercedes-Benz ont tout de même tenu à nous prouver la teneur des capacités hors route de leur véhicule. On aurait pu les croire sur parole, juste en constatant les angles d’attaque, la garde au sol améliorée et la présence d’un système à quatre roues motrices doté de trois différentiels 100% verrouillables. Or, croyez-moi, souiller dans la boue un modèle AMG G 63 est un plaisir coupable qui mérite d’être souligné.

Photo: Antoine Joubert

Pour inaugurer son arrivée (et ses 40 ans), Mercedes-AMG propose une version Edition 1 du G 63, caractérisée par des garnitures extérieures rouges, des bandes décoratives, des jantes de 22 pouces exclusives et un habitacle revêtant une sellerie unique, de couleur noire et rouge. Vendue à seulement 35 unités au Canada, cette version en met plein la vue et peut déjà être considérée comme un modèle de collection.

Or, j’admets avoir davantage été séduit par l’équilibre de la conduite et les nombreuses possibilités décoratives du G 550, qui procure tout de même un haut niveau de performance et un confort supérieur. Certes, la présentation extérieure est moins tape-à-l’œil, mais le grand choix de jantes, de teintes et de configurations de l’habitacle vous permettront d’obtenir un véhicule unique, très noble et surtout, plus agréable au quotidien.

Cela dit, le plus grand plaisir du Mercedes-Benz de Classe G demeure le même depuis toujours, et ce, qu’importe la déclinaison. Quel est-il? La sensation de solidité ressentie à la fermeture de la portière, pratiquement similaire à celle d’un camion blindé. D’ailleurs, les ingénieurs ont fortement travaillé afin que ce sentiment d’invincibilité reste intact, même si tout a été repensé. Car après tout, le succès de cet utilitaire repose sur une chose : le respect des traditions.

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