Jeep Wrangler 2018 : la nouvelle génération d'une icône

Points forts
  • Réduction de poids
  • Nouveau moteur quatre cylindres turbo coupleux
  • Excellentes aptitudes en conduite hors route
  • Design réussi de l'habitacle
  • Dynamique bonifiée sur routes balisées
Points faibles
  • Bruits de vent à haute vitesse
  • Fiabilité à démontrer
  • Manque de couple à bas régime du V6
  • Consommation toujours élevée
  • Boîte manuelle perfectible
Évaluation complète

TUCSON (Arizona) – Le Wrangler Rubicon avance à pas de tortue, et je ne vois que le ciel et les bras élevés de mon guide du Jeep Jamboree au travers du pare-brise. Le défi est de gravir une pente rocailleuse au Saguaro Ranch, non loin de Tucson en Arizona, là où les obstacles à franchir sont gradés à 8,5 sur 10 par les pros du Jeep Jamboree... Rien d’extrême, mais du gros boulot quand même.

Au volant, je me fais brasser en contrôlant délicatement l’accélérateur tandis que le Jeep fait la lente ascension de la formation rocailleuse sans aucune difficulté, alors que je place chaque pneu exactement où il le faut pour accéder au sommet en suivant avec une confiance aveugle les indications de mes guides. Les mouvements de la caisse, son inclinaison parfois radicale et le son des plaques de protection qui glissent sur les rochers me font prendre conscience que le Wrangler est seul sur son étoile avec ses aptitudes inégalées en conduite hors route.

Équipé de pneus BFGoodrich All-Terrain T/A KO2, de différentiels avant et arrière verrouillables, et d’une barre antiroulis avant que l’on peut désengager électroniquement à la pression d’un bouton, le Wrangler Rubicon trône au sommet de la pyramide Jeep pour ce qui est du franchissement d’obstacles. Impressionnant…

Après une carrière de dix ans, le Jeep Wrangler JK cède sa place au nouveau Wrangler JL qui devient de facto le nouvel héritier spirituel du Willys conçu dans les années quarante pour l’armée américaine. À notre époque où les nouveaux modèles se succèdent à un rythme parfois effréné, le Jeep Wrangler évolue à la vitesse d’un glacier. Dix ans pour un modèle, c’est long…

Le Wrangler est le plus emblématique des Jeep, celui qui définit la vocation de la marque et celui des véritables adeptes de la conduite hors route. Ce statut d’icône signifie également que les concepteurs et designers de Jeep n’ont pas le droit à l’erreur. La clé de voûte de la marque, c’est le Wrangler, reconnaissable instantanément entre mille.

Pour le nouveau modèle JL, le défi des concepteurs était double. Sur le plan technique, le premier objectif était de bonifier la dynamique sur les routes balisées tout en améliorant encore plus les aptitudes en conduite hors route. Côté design, le challenge était de respecter l’héritage du Wrangler tout en le faisant gagner en raffinement. Force est de constater que ce double défi était de taille et qu’il a été habilement relevé.

Trois modèles

Le nouveau Jeep Wrangler 2018 demeure fidèle à sa conception avec une carrosserie déposée sur un châssis en échelle, mais ce châssis a été allégé de 45 kilos par rapport à celui du modèle précédent grâce à un usage plus étendu d’acier à haute résistance et d’aluminium. De plus, le poids du véhicule a été réduit de 90 kilos, toujours comparativement au modèle JK.

Cet allègement explique en partie la très faible réduction de consommation de carburant des modèles animés par le V6 Pentastar de 3,6 litres développant 285 chevaux et un couple de 260 livres-pied, qui poursuit sa route sous le capot du nouveau Wrangler.

Un quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres produisant 270 chevaux et un couple de 295 livres-pied est proposé en option, mais la direction de Jeep s’attend à ce que 80% des acheteurs choisissent le V6 qui est le seul pouvant être jumelé avec les deux nouvelles boîtes de vitesses, soit l’automatique à huit rapports ou la manuelle à six rapports, le moteur quatre cylindres n’étant livrable qu’avec l’automatique.

Un moteur diesel suivra plus tard, et Jeep compte offrir une motorisation hybride pour le Wrangler en 2020. Pour l’instant, Jeep décline trois versions, soit Sport, Sahara et Rubicon, des configurations à deux ou quatre portes, plusieurs types de toits et trois systèmes à quatre roues motrices, dont un à rouage intégral. Bref, une étude approfondie du catalogue est de mise pour l’acheteur potentiel qui pourra également puiser dans tous les équipements et accessoires proposés par la division Mopar. Des heures de plaisir en perspective…

Photo: Gabriel Gélinas

Sur la route

Avant d’aller nous éclater en conduite hors route sur les formations rocheuses du Saguaro Ranch, nous avons roulé sur l’autoroute, des routes secondaires et des routes de terre. Nous étions au volant d’un Wrangler Sport animé par le moteur quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres et chaussé de pneus Bridgestone Desert Dueler. Ça nous a permis de constater que le comportement routier et la dynamique sont nettement améliorés par rapport au modèle précédent.

L’empattent a progressé, la nouvelle direction électro-hydraulique s’avère plus fine et précise que celle du modèle précédent alors que le freinage se montre à la hauteur des attentes. Le bruit de vent à vitesse d’autoroute est moins envahissant, le pare-brise étant plus incliné qu’avant tout comme le sommet de calandre. Sur le plan de l’aérodynamique, le nouveau Wrangler est plus efficace que l’ancien dans une proportion de 10%.

Cela dit, n’allez pas croire que l’habitacle est aussi feutré qu’un salon de thé! Adoucir les angles du Wrangler, c’est un peu comme limer ceux d’une brique. Ça aide un peu, mais il y a des limites à ce qui est possible. Le moteur turbo livre son couple maximal plus tôt que le V6, soit à 3 000 tours/minute versus 4 800, en comptant sur le système hybride léger appelé eTorque dont le moteur/générateur électrique aide à l’accélération tout en récupérant l’énergie cinétique au freinage.

Ce moteur quatre cylindres est dérivé de celui qui anime l’Alfa Romeo Giulia, mais ses culasses sont différentes, le moteur du Jeep étant équipé de doubles arbres à cames en tête plutôt que du système MultiAir présent sur l’Alfa Romeo. En quelques mots, le nouveau Wrangler est plus facile à vivre au quotidien et nous fait moins payer le prix côté confort sur routes balisées pour ses aptitudes en conduite hors route.

Photo: Fiat Chrysler Automobiles

On se simplifie la vie

Les puristes seront heureux d’apprendre qu’il est maintenant plus facile d’abaisser complètement le pare-brise en dévissant seulement quatre vis plutôt que plus d’une vingtaine sur le modèle antérieur... Il est aussi plus aisé de retirer et de réinstaller les portières, qui sont en aluminium et plus légères de huit kilos à l’avant et de sept kilos à l’arrière, et qui sont dotées d’une prise sous la poignée intérieure pour faciliter la manutention. Même scénario pour ce qui est du toit souple qui délaisse les fermetures éclair au profit de bandes coulissantes qui simplifient les opérations lorsque vient le temps de découvrir ou de recouvrir le Wrangler.

La grande transformation

Dans la refonte vers le nouveau JL, les designers responsables de l’intérieur ont eu la main heureuse en créant un design particulièrement réussi qui évoque l’héritage des modèles précédents et qui permet l’intégration du nouveau système multimédia Uconnect de quatrième génération qui est maintenant plus rapide et toujours aussi convivial.

Le nouveau Wrangler frappe également dans le mille pour ce qui est de la connectivité. Les fonctionnalités Apple CarPlay et Android Auto sont offertes de série, tout comme plusieurs prises USB et prises de courant pour accessoires. Les designers ont même prévu quatre touches auxiliaires qui serviront au branchement d’accessoires d’après-marché. Deux versions à deux portes sont proposés, soit le Sport avec un prix de base de 33 945 $ et le Rubicon à 46 345 $. Les versions à quatre portes sont au nombre de trois, le Sport à 41 745 $, le Sahara à 45 745 $ et le Rubicon à 48 745 $.

Une sérieuse côte à remonter

Il ne reste qu’à souhaiter que le nouveau Wrangler permette à la marque Jeep d’améliorer sa fiabilité à long terme qui fait encore cruellement défaut. En effet, l’étude Vehicle Dependability Study (VDS) 2017 de J.D. Power and Associates, qui mesure la fiabilité des véhicules après trois années d’usage, place Jeep au 30e rang sur 31 marques, alors que la plus récente étude — de la même firme — sur la qualité initiale, appelée Initial Quality Survey (IQS) 2017, accorde au Jeep Wrangler une note de 2 sur 5.

Bref, la marque a une sérieuse côte à remonter, figure de style pour un VUS apte à la conduite hors route, en ce qui a trait à la qualité et à la fiabilité. L’avenir nous dira si le Jeep Wrangler 2018 est capable de remonter cette côte aussi facilement qu’il est capable de grimper au sommet des rochers du Saguaro Ranch.

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