Toyota Prius C 2018 : en vaut-elle réellement la peine?

Points forts
  • Une hybride abordable
  • Habitacle spacieux et bien assemblé
  • Volume du coffre élevé
Points faibles
  • Performances décevantes
  • Mécanique bruyante
  • Consommation d'essence peu impressionante
Évaluation complète

La Toyota Prius c 2018 est la voiture hybride la plus abordable sur le marché. Avec un prix de départ de 21 990 $ avant les frais de transport et de préparation, elle se vend à peu près au même prix qu’une Honda Fit bien équipée. Pour une voiture offrant la technologie hybride, ce n’est vraiment pas cher, mais vaut-elle réellement la peine en matière d’économie d’essence, ou est-il mieux de s’en tenir à une bonne vieille sous-compacte à essence pour quelques milliers de dollars de moins? Pour en avoir le cœur net, j’en ai conduit une.

Toujours mignonne

Pour 2018, le design de la Prius c demeure sensiblement semblable à la sous-compacte introduite en 2012. Sa calandre a toutefois été retravaillée l’année passée via un pare-chocs redessiné, des bas de caisse noircis et de nouveaux phares à DEL. Le design global de la petite citadine ressemble toujours à celui de la Yaris, ce qui lui confère une apparence jeune, enjouée et plutôt mignonne.

Autre changement pour 2018; toutes les déclinaisons de la Prius c viennent désormais de série avec l’ensemble de sécurité Toyota Safety Sense C. Celui-ci comprend l’avertisseur de collision avec freinage automatique, la détection de sortie de voie et les feux de route automatiques.

À l’intérieur, rien ne change. L’habitacle demeure fonctionnel et spacieux, chose surprenante considérant les proportions de la petite auto. On retrouve le même tableau de bord central que dans le reste de la famille Prius. Il est orné d’un ordinateur de bord qui nous permet de consulter notre économie de carburant, le fonctionnement du système hybride, ainsi que notre cote verte « Eco Score », un gadget plus ou moins utile qui nous accorde un pointage selon nos habitudes de conduite.

Photo: William Clavey

Beaucoup de technologie à faible coût

Comme toutes les déclinaisons de la Prius, la c met bien évidemment l’accent sur l’économie d’essence. Elle n’est donc pas une voiture très rapide. Sous son miniature capot, on retrouve la mécanique Hybrid Synergy Drive de Toyota; un système de recharge autonome. Cela veut dire que la Toyota Prius c 2018 n’a pas besoin d’être branchée pour charger ses batteries.

Pour ce faire, on fera recours à un quatre cylindres à essence de 1,5 litre, sur lequel on a greffé un tout petit moteur électrique, ainsi qu’une batterie de 0,9 kWh. La puissance totale est estimée à 99 chevaux, ce qui n’a rien de palpitant. L’unique boîte de vitesses offerte est une automatique à variation continue électronique, aussi connue sous le terme E-CVT.

Oui, la Prius c peut rouler en mode 100% électrique, mais seulement pendant de très courtes périodes et jusqu’à une vitesse d’environ 45 km/h. La plupart du temps, elle doit se fier sur ses deux moteurs pour avancer.

À quoi ressemble la consommation? Toyota promet une moyenne de 4,9 L/100. De mon bord, en plein mois de novembre froid et humide, le chauffage et les bancs chauffants dans le tapis, j’ai maintenu une consommation moyenne de 6,2 L/100 km. C’est bien, mais je m’attendais à faire mieux.

Il faut être patient

Sans surprise, la Prius c est extrêmement lente. En fait, je ne me souviens pas d’avoir conduit une voiture aussi ennuyeuse! Même la microvoiture la moins puissante sur le marché offre une conduite plus « dynamique » que celle-ci. La mécanique de la Prius c est également bruyante, surtout lorsque l’on active la fonction de récupération d’énergie pour ralentir (position B sur le levier de vitesses). Le moteur à essence semble constamment essoufflé, on dirait qu’il se lamente. Au moins, la petite Prius n’a pas de difficulté à suivre le trafic ou à grimper une inclinaison abrupte, mais il faudra être patient. Avec une accélération de 0 à 100 km/h estimée à 11 secondes, cette Toyota n’est pas pour les gens pressés!

Voilà, en fait, où je me questionne sur la valeur proposée par cette microhybride. Certes, une hybride en bas de 25 000 $, c’est alléchant, mais il est possible d’acheter une sous-compacte à essence pour moins cher que la Prius c, qui procurera plus de plaisir derrière le volant pour plus au moins la même consommation d’essence. Je pense entre autres à la Nissan Micra, la Honda Fit ou même la Toyota Yaris.

Photo: William Clavey

Plus raffinée que les autres sous-compactes

Ce qui sauve la Toyota Prius c 2018 dans le segment des microvoitures, c’est son niveau de raffinement et la qualité d’assemblage de son habitacle. Fidèle aux derniers produits Toyota, à part un moteur bruyant, l’habitacle est silencieux. La tenue de route est étonnement mature; on n’a pas l’impression de rebondir et d’osciller sur les surfaces abîmées comme dans d’autres petites voitures. Les matériaux sont de bonne qualité, le coffre est volumineux (481 litres), surtout avec la banquette arrière rabaissée, chose rare dans une hybride. Lorsqu’équipée à bloc, comme mon modèle d’essai, on appréciera les sièges en cuir chauffants et la climatisation automatique — on est loin des sous-compactes d’autrefois!

Cependant, bien que la plupart des contrôles soient faciles d’accès, le système d’infodivertissement demeure compliqué et peu intuitif. L’interface est également dépassée et l’absence des fonctions de connectivité Android Auto et Apple CarPlay soulève des doutes, surtout que la concurrence l’offre dans ces modèles d’entrée de gamme (Honda Fit). J’ai toutefois apprécié l’emplacement du port USB (la Prius c n’en a qu’un) situé sur la tablette côté passager, endroit idéal pour déposer son téléphone, ou même laisser son passager le manipuler lorsque l’on conduit.

Alors, en vaut-elle réellement la peine, la Prius c? Si vous êtes motivé, en été, les vitres levées en mode Eco, je dirais que oui, car il sera sans doute possible de faire 5 L/100 km tout en conservant une conscience écologique tranquille. Par contre, si vous magasinez une sous-compacte économique et abordable, la réponse est malheureusement non. Il existe d’autres automobiles moins chères et même plus amusantes à conduire que la Prius c.

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