Ford Expedition 2018 : certains en ont réellement besoin

Points forts
  • Tenue de route impressionante
  • Moteur EcoBoost puissant
  • Troisième banquette spacieuse
Points faibles
  • Boîte à dix rapports lente à rétrograder
  • Économie d'essence discutable
  • Gabarit encombrant
Évaluation complète

MALIBU (Californie) – La mode actuelle des VUS est parfois questionnable. Les constructeurs, désireux d’augmenter sans cesse leurs profits, semblent en sortir un nouveau de différentes grosseurs et prix chaque année. Il y a les compacts, les sous-compacts, les modèles de luxe et maintenant, même des coupés VUS! Avec autant de choix, les consommateurs ne savent plus où donner de la tête et c’est à se demander si tant de variétés pour un véhicule se disant avant tout utilitaire n’est pas un peu exagérée. Est-ce qu’il y a véritablement une grande demande pour des véhicules de ce genre?

Dans le cas du Ford Expedition, VUS à huit passagers, monté sur la même structure qu’une camionnette F-150, son existence est justifiable. Des grandes familles, ça existe, et celles-ci ont besoin d’espace. Lorsque vient le temps de remorquer la roulotte pour le prochain voyage camping en montagne, une minifourgonnette ne fait tout simplement pas le poids. Le Ford Expedition est donc un VUS qui dispose d’une véritable utilité.

Pareil pendant 20 ans

Ford nous a invités à Malibu, en Californie, pour faire l’essai de son tout nouveau VUS qui subit pour la première fois une refonte complète depuis son apparition en 1997. Croyez-le ou non, même si de l’extérieur il paraissant avoir changé, l’Expedition a essentiellement été le même véhicule pendant 20 ans!

Alors, on parle de quoi pour 2018? Tout d’abord, l’Expedition demeure un VUS monté sur cadre à châssis, comme une camionnette. Il se vend soit avec un rouage à propulsion, soit avec quatre roues motrices. Ses concurrents sont les GMC Yukon, Chevrolet Tahoe et Suburban, Nissan Armada et Toyota Sequoia. Toutefois, contrairement à ses rivaux, l’Expedition bénéficie à la fois d’une carrosserie en aluminium, comme le F-150, ainsi que d’une suspension arrière indépendante, chose qui n’est pas offerte du côté de General Motors dans ce créneau.

Pourquoi ce genre de suspension? Pour améliorer la tenue de route et maximiser l’espace des occupants à la troisième banquette. En effet, contrairement au Yukon/Tahoe, la banquette de l’Expedition est placée plus bas dans l’habitacle, améliorant la position d’assise et le dégagement pour la tête. Je me suis assis en arrière et avec mon gabarit imposant je me sentais tout à fait à l’aise, à l’inverse du Yukon/Tahoe dans lequel j’étais un peu coincé.

Nous avons eu la chance de conduire le produit de la concurrence pour nous permettre de comparer la tenue de route des deux véhicules. Le Tahoe bondit et oscille comme un gros camion sur les routes sinueuses de la Californie, contrairement à l’Expedition qui est bien planté au sol et stable à haute vitesse. Honnêtement, c’est impressionnant étant donné la grosseur du VUS. On a plus l’impression de conduire un véhicule monocoque, un peu comme un Honda Pilot ou un Mazda CX-9.

Six cylindres, dix rapports, sept modes

Autre changement majeur pour 2018, la toute nouvelle boîte automatique à dix rapports, la même que dans le F-150. En fait, toute la structure avant de l’Expedition est identique à la camionnette, même chose pour sa mécanique. Sous le capot, on retrouve donc le V6 turbo EcoBoost de 3,5 litres. Il développe soit 375 chevaux et un couple de 470 lb-pi, soit 400 chevaux en version Platinum. Comme ses concurrents Yukon et Tahoe/Suburban, il s’offre avec empattement long (20 cm supplémentaires) ou court.

Durant notre essai, Ford nous avait préparé plusieurs circuits afin de nous démontrer les différentes prouesses du véhicule. Le circuit de remorquage nous a permis non seulement de mettre à l’épreuve la capacité de remorquage de l’Expedition (4 173 kg ou 9 200 lb), mais aussi de la comparer à celle du Chevrolet Tahoe (3 855 kg ou 8 600 lb), concurrent direct. D’ailleurs, l’Expedition 2018 est le VUS grand format proposant la capacité de remorquage la plus élevée sur le marché.

Avec une remorque à chevaux d’environ 2 800 kg attachée derrière moi, j’ai eu l’occasion de conduire les deux véhicules en inclinaison. Grâce à ses nombreux rapports, la boîte à dix rapports de l’Expedition se montre plus raffinée et douce contrairement à l’automatique à six rapports du Chevrolet qui semble constamment chercher le bon rapport lors d’un remorquage en pente.

Photo: William Clavey

À ma grande surprise, le V6 EcoBoost n’a jamais manqué de couple durant une ascension. En fait, il dispose de plus de muscle que le V8 Chevrolet de 355 chevaux. C’est lorsque l’on conduit ces deux véhicules côte à côte que l’on a vraiment l’impression de conduire deux utilitaires de générations différentes. Le Ford est de loin le plus sophistiqué des deux et dispose en plus de sept modes de conduite distincts qui modifient considérablement sa dynamique de conduite.

Aussi habile dans le bois

Notre journée d’essai journée s’est conclue par une courte séance hors route avec la version FX4, une déclinaison adaptée à la conduite aventurière grâce à son boîtier de transfert à deux vitesses et d’une suspension ajustable. L’atelier m’a permis d’essayer le mode de conduite Mud/Ruts, qui reprogramme le système antipatinage pour aider le gros camion à grimper les surfaces plus boueuses, ainsi que l’assistance de descente en pente. Mais avant de faire ça, j’ai dû prendre le temps d’admirer la vue du haut de cette sublime montagne californienne!

L’autre endroit où l’Expedition détruit son concurrent, c’est au niveau de son habitacle. Contrairement au Chevrolet qui semble sortir tout droit de l’année-modèle 1997, l’Expedition, qui emprunte beaucoup de composantes du tableau de bord du Super Duty, est élégant, moderne, bien assemblé et dispose de matériaux d’excellente qualité, surtout le similibois que l’on retrouve sur la console centrale contournant une molette de boîte de vitesses en aluminium brossé. Comme dans la Mustang, on a désormais recours à un panneau d’instrumentation 100% numérique. Les versions Platinum sont équipées de sièges en cuir perforé, faisant presque penser à des produits Lincoln.

Somme toute, il est difficile de critiquer le Ford Expedition 2018, car il semble tout bien faire, mais il a cependant des défauts. En conduite normale, la boîte automatique prend du temps à rétrograder et le moteur EcoBoost souffre d’un délai d’activation des turbos (ce qu’on appelle turbo lag en anglais). Or, quand on enfonce l’accélérateur, il prend du temps avant de décoller, contrairement au V8 de la concurrence qui accélère instantanément. Autre questionnement : l’économie d’essence. Je n’ai jamais réussi à passer sous la barre des 15 L/100 km. C’est à se demander à quoi le mot Eco fait référence dans le terme EcoBoost…

Et pour être honnête, on a plutôt l’impression que Ford a étudié les GMC Yukon et Chevrolet Tahoe/Suburban de fond en comble pour tenter d’offrir un meilleur produit. Partout où j’allais, les gens de Ford me parlaient du camion de la concurrence, comme s’ils en avaient fait une obsession durant le développement du véhicule. Quoi que l’on en dise, même si l’Expedition 2018 semble avoir été copié sur la concurrence, il est tout simplement un excellent gros VUS qui performe et qui domine le segment sur tous les points.

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