Chevrolet Bolt EV 2017 : la voiture électrique qui change la donne

Points forts
  • Excellente autonomie
  • Elle fait disparaître l'anxiété
  • Chargeur efficace et rapide
  • Bonne impression de qualité
Points faibles
  • Prix corsé
  • Espace de chargement plus limité
  • Moins pratique avec des enfants
Évaluation complète

En plus de 15 ans de métier, c’est la première fois que j’anticipais avec autant de plaisir l’essai d’une voiture sous-compacte. Ce sentiment est normalement réservé à des autos sport ou à certaines voitures exclusives, mais dans le cas de la Chevrolet Bolt, j’étais non seulement heureux de passer une semaine sans visiter les stations-service, mais j’avais surtout hâte de prendre son volant pour une période prolongée afin de valider si cette petite voiture électrique est aussi révolutionnaire qu’on le dit.

Pour les non-initiés, la Chevrolet Bolt EV 2017 se joint aux autres modèles 100% électriques offerts sur le marché. Elle se distingue par son excellente autonomie estimée à 383 kilomètres et son prix relativement abordable. Jusqu’à son arrivée, il fallait composer avec des modèles dont l’autonomie se situait sous les 200 km — bien souvent sous les 150 km — alors que du côté de Tesla, on pouvait se vanter d’autant de liberté, mais à un prix loin de la réalité d’un grand nombre d’acheteurs.

La Bolt repose sur une architecture conçue expressément pour elle. Son moteur électrique développe 149 kW ou 200 chevaux et, contrairement à la BMW i3 qui est une propulsion, il transmet sa puissance aux roues avant par le biais d’une transmission à rapport fixe. Les 125 kilos de l’ensemble de batteries lithium-ion de 60 kWh sont répartis dans le plancher, améliorant ainsi l’équilibre du véhicule.

On a eu la bonne idée de l’équiper de série d’un chargeur assez puissant, 7,2 kW, ce qui vous permettra de recharger l’ensemble en environ 9 heures avec une borne 240 V. Sur une prise 120 V, n’y pensez pas, on parle de 64 heures pour une recharge complète. La voiture est aussi compatible avec les chargeurs rapides, alors que vous obtiendrez 145 km en à peu près 30 minutes, à peine le temps d’un café.

Photo: Sylvain Raymond

On a souvent été déçu des habitacles chez GM. Est-ce le cas de la Bolt?

Non. GM a fait du beau boulot à bord afin de procurer un effet moderne et une impression de luxe. Avec un prix de base de plus de 45 000 $, il aurait été décevant de retrouver un habitacle similaire à celui des autres sous-compactes à petit budget. Heureusement ce n’est pas le cas ici. Pas de thématique monotone et de plastiques bon marché, on a porté une belle attention à l’aménagement et à l’impression de qualité.

La présentation est très moderne avec une console stylisée qui enrobe un large écran tactile placé au centre. On y contrôle tout du bout des doigts et à notre grand plaisir, on a conservé des commandes de climatisation classiques et surtout, un bouton pour le volume. On apprécie l’intérieur deux tons alors que la version Premier rehausse d’un cran le sentiment de luxe avec notamment un éclairage d’ambiance bleu plus complet ainsi que d’un volant et des sièges garnis de cuir.

En lieu d’instrumentation, on retrouve un écran de huit pouces qui affiche les principales informations pertinentes à la conduite — dont la vitesse — et, signe de sa vocation, pas de jauge à essence, mais un indicateur d’autonomie qui — en fonction de votre historique de conduite — vous prédit l’autonomie minimale et maximale pouvant être parcourue et dans certains cas, c’est plus de 400 kilomètres.

Est-ce que l’anxiété au sujet de l’autonomie disparaît?

Pratiquement au complet. Par le passé, chaque essai de véhicule électrique exigeait une gestion des déplacements supplémentaires, entraînant un surplus de stress, ce qui n’est pas nécessairement intéressant lorsque vous devez composer avec le quotidien d’une trépidante vie familiale. J’ai souvent écrit que mon style de vie et le kilométrage que je devais effectuer quotidiennement ne faisaient pas de moi un bon candidat pour la voiture électrique, et ce, malgré l’installation d’une borne de recharge résidentielle à la maison.

Concernant la Bolt, le problème ne se présente plus. Il m’a été possible de rouler pratiquement 400 kilomètres sans recharger, ce qui me laissait amplement d’autonomie pour repartir une fois de retour à la maison. Il m’est même arrivé de ne pas recharger la voiture chaque jour, ce qui tranche d’avec mes expériences antérieures. Hésitant un peu, je me suis même rendu au Grand-Prix de Trois-Rivières à partir de la Rive-Sud de Montréal pour arriver à destination avec amplement d’autonomie. L’hôtel disposait de bornes de recharge et l’électricité était offerte à titre gracieux. C’est comme si l’hôtel faisait le plein d’essence de votre voiture à votre arrivée! Magnifique.

Photo: Sylvain Raymond

Sur la route, on trouve rapidement une bonne position de conduite grâce aux nombreux ajustements des sièges et surtout, grâce à la colonne de direction télescopique. Les grandes surfaces vitrées apportent une bonne visibilité tout autour avec des angles morts réduits. Son gabarit réduit rend la voiture très agile en ville et facile à stationner, un autre élément que l’on apprécie. On a porté une belle attention au choix des jantes et aux coloris de la carrosserie, ce qui rend la Bolt assez jolie, pour une sous-compacte.

Une fusée, la Bolt?

Non. En fait, il faut tout de même 7,3 secondes pour boucler le 0-100 km/h, mais ce qui est toujours intéressant avec les voitures électriques, c’est le couple disponible instantanément. Dès que l’on touche l’accélérateur, l’effet de puissance est bien présent, c’est surtout apprécié en manœuvre de dépassement ou pour se faufiler sur une autoroute. Rares sont les voitures sous-compactes qui procurent une aussi bonne impression de puissance.

Malgré son mode Sport, on aime bien adopter une conduite écoénergétique, même si cette fois ce n’est pas l’autonomie réduite qui nous force la main. D’ailleurs avec la Bolt, pas besoin de fermer le climatiseur ou le chauffage pour étirer l’autonomie, finie la conduite hivernale avec une tuque et des mitaines, on peut se permettre beaucoup plus de luxe.

Une petite commande qui deviendra rapidement votre amie

Lors de la décélération et du freinage, les voitures électriques récupèrent l’énergie pour la rediriger dans les batteries. Dans le cas de la Bolt, on a décidé de vous donner pleinement le contrôle de la régénération grâce à une petite commande placée derrière le volant. Lorsque vous relâchez l’accélérateur, une pression sur celle-ci vous permettra de moduler la régénération, stoppant même la voiture au final.

Comme vous l’imaginez, on n’utilise pratiquement plus les freins, ce qui prolonge leur vie et réduit les frais de remplacement. On s’habitue rapidement à cette fonction, tellement que je la cherchais dans une autre voiture d’essai.

Photo: Sylvain Raymond

Véritablement abordable, la Bolt?

Pas nécessairement. Nous nous sommes amusés avec le configurateur de GM et nous avons découvert qu’une Chevrolet Bolt EV 2017 de base (45 540 $) coûterait 787 $ /mois à l'achat sur 60 mois, incluant le rabais du gouvernement de 8 000 $ et les taxes. Le montant grimpe à plus de 900 $ par mois si vous choisissez la version Premier. Cet aspect a d’ailleurs refroidi un membre de ma famille qui attendait mes conclusions sur le modèle, puisque la Bolt l’intéressait fortement.

Si l’on compare la Bolt au Chevrolet Trax, une version LT entièrement équipée (26 945 $) coûtera 489 $/mois pour le même terme. L'écart : 14 079 $ ou 298 $/mois. C’est tout même assez important et dans le cas d’une voiture à essence, on peut toujours moduler les factures d’essence en fonction de notre budget, avec une voiture électrique, on ne peut moduler le paiement. L'économie n'est pas intantannée, il faudra plusieurs années pour que la Bolt deviennent une bonne affaire.

GM mentionne toutefois que le prix devrait diminuer au cours des prochaines années. Pour le moment, il faut considérer la Bolt pour ce qu’elle est et pour le sentiment de liberté qu’elle offre, en plus d'être zéro émission, un aspect qui suffit à en convaincre plusieurs. On s’habitue rapidement à ne plus regarder le prix de l’essence et à ne plus s’indigner lorsque les pétrolières jouent au yoyo...

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