Nissan Frontier, un excellent compromis

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Si vous jetez un coup d’oeil à la circulation, vous avez sans doute remarqué que les camionnettes Frontier de Nissan ne sont pas très nombreuses. En fait, la plupart des acheteurs préfèrent des camionnettes pleine grandeur aux modèles intermédiaires. Pourtant, compte tenu des fluctuations du prix du pétrole et la préoccupation des gens pour un air moins pollué, il serait logique pour plusieurs de se tourner vers ces camionnettes de compromis que sont les intermédiaires. Et force est d’avouer que le Frontier est passablement bien équipé pour affronter la concurrence.

Ce n’est pas le fruit du hasard si la compagnie Suzuki a conclu une entente avec Nissan pour fabriquer sous licence sa camionnette intermédiaire. Appelé Equator par Suzuki, ce modèle devait arriver à l’automne, mais son lancement a été retardé. Pour ce qui est du Frontier, son manque de popularité a de quoi étonner étant donné sa construction solide et de ses multiples caractéristiques. D’ailleurs, ce constructeur semble avoir de la difficulté à convaincre les acheteurs québécois des vertus de ses camionnettes puisque le Titan, le modèle pleine grandeur de la famille, se vend encore moins.

Du solide

Chez Nissan, on n’a pas lésiné sur les moyens lorsqu’est venu le temps de choisir un châssis autonome pour ce modèle. En effet, tout comme pour le X-Terra, un utilitaire sport 4X4 pur et dur, les ingénieurs ont fait appel au châssis du Titan. Ils ont réduit les dimensions et adapté les éléments, mais on est assuré d’avoir un produit plus que solide. En fait de suspension, comme sur toutes les camionnettes, l’approche est relativement simple. À l’avant, on retrouve des leviers triangulés tandis que la suspension arrière est constituée d’un essieu rigide et de res- sorts elliptiques. Bref, du solide capable de subir les contrecoups de la conduite hors route ou des travaux industriels.

La version deux roues motrices est propulsée par un moteur quatre cylindres de 2,5 litres produisant 152 chevaux et associé à une boîte manuelle à six rapports. C’est le moteur à choisir si vous n’avez pas besoin de tracter une remorque ou de charger la boîte arrière plus que de raison. C’est sans doute le meilleur choix pour le modèle King Cab à cabine allongée. Toutefois, pour toute autre utilisation et avec la version à cabine double, le moteur V6 4,0 litres de 261 chevaux s’impose. Il est dérivé du légendaire moteur V6 VQ de Nissan et sa fiabilité et son rendement ne peuvent être mis en doute. C’est le seul moteur disponible lorsque vous choisissez le modèle 4X4. À ce sujet, le rouage quatre roues motrices est de type temporaire, c’est-à-dire qu’il ne doit être enclenché que si la chaussée est glissante ou boueuse.

Toujours au chapitre de la mécanique, cette camionnette peut être équipée — selon le modèle choisi — du contrôle de l’adhérence en descente, de l’assistance au démarrage en côte et d’un différentiel arrière à blocage électronique sur les modèles 4X2. La servodirection à crémaillère est à assistance variable en fonction de la vitesse tandis que ce camion est freiné par des freins à disque aux quatre roues.

Habitacle confortable

Aussi bien pour ses camionnettes que pour ses VUS, Nissan s’efforce de proposer la cabine la plus confortable possible. Le Frontier ne fait pas exception à cette règle puisque son tableau de bord pourrait provenir d’une berline. En outre, son volant sport avec commandes en périphérie du moyeu est vraiment esthétique. Il faut également souligner la simplicité des commandes de ventilation et la facilité de consultation des cadrans indicateurs, même si certaines commandes audio ne sont pas tellement intuitives, ce qui peut devenir agaçant à la longue. Les sièges avant sont assez confortables et peuvent être réglés de multiples façons, et le dossier du siège du passager peut se rabattre vers l’avant pour l’insertion d’un objet plus long que la moyenne. Par contre, le support pour les cuisses est plutôt court. On note la présence de multiples espaces de rangement, de bacs de remisage sous les sièges arrière et d’une caisse de chargement pouvant être dotée du système Ulti- Track qui facilite l’ancrage d’objets de toutes sortes et qui permet de diviser cette caisse en compartiments de rangement.

S’il est vrai que la suspension est relativement ferme, elle l’est encore davantage sur le modèle NISMO nanti d’une suspension sport. Le comportement routier de cette camionnette est très équilibré et les prestations du moteur V6 sont légèrement supérieures à la moyenne. Cependant, sa consommation pourrait être moins importante. Somme toute, cette camionnette n’est pas dépourvue de qualité et elle mérite un meilleur sort sur notre marché. Elle pourrait devenir une solution intéressante pour les acheteurs qui refusent d’acheter une grosse camionnette à moteur V8. Quant à la Suzuki il sera intéressant de voir à quel point elle sera différente du Frontier  

FEU VERT

Choix de moteurs
Plate-forme très robuste
Habitacle confortable
Construction solide
Tenue de route correcte

FEU ROUGE

Consommation élevée
Finition perfectible
Plastique dur au tableau de bord
Faible diffusion

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