Ford Explorer Sport Trac

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

L’idée derrière le Ford Explorer Sport Trac était toute simple et d’une logique implacable. Il s’agissait pour Ford d’offrir une camionnette très jolie à un public plus en quête d’esthétisme que d’utilité. De plus, le nom Ford était, et il l’est toujours, suffisant pour donner beaucoup de crédibilité à une camionnette. Issu du VUS Explorer, donc peu coûteux à produire, le Sport Trac répondait, il y a à peine deux ou trois ans, à un besoin du marché. Sauf que…

Sauf que les prix de l’essence sont venus bousiller le marché. Ford se retrouve donc avec un véhicule aussi beau et confortable que compétent sur la route, mais qui n’a plus d’acheteurs, ou si peu. Et il n’y a pas grand-chose que la marque à l’ovale bleu peut faire. Évidemment, pas question de mettre un quatre cylindres dans un véhicule si gros. On retrouve donc un V6 et un V8 et le réflexe premier serait, en cette période de questionnement, de choisir le V6 les yeux fermés.

V8 ou V6 ?

Le V8 de 4,6 litres développe 292 chevaux et un couple de 300 livres-pied. Associé à une transmission automatique à six rapports, sa consommation se situe à 16,4 litres aux 100 km selon Transport Canada. Cette consommation est un peu surprenante quand on constate que le V8 ne « tourne » qu’à 1 700 tours/minute à 100 km/h. Il faut dire que la résistance au vent d’un véhicule aussi lourd requiert beaucoup d’énergie. Ce moteur est discret et comme les designers de Ford ont mis beaucoup d’efforts ces dernières années sur le silence de roulement, il faut quelquefois tendre l’oreille pour l’entendre fonctionner.

Le six cylindres de 4,0 litres, lui, est animé par une écurie de 210 chevaux et 254 livres-pied de couple. Mais comme ce moteur reçoit une transmission automatique à cinq rapports seulement, la consommation se situe à 15,7 litres aux 100 km, toujours selon les données de Transport Canada. La différence entre les deux moteurs n’est pas tellement élevée et tant qu’à adopter un ivrogne, aussi bien en choisir un qui s’assume, doivent se dire les quelques acheteurs potentiels ! Dans les deux cas, il s’agit, à la base, d’une propulsion (roues arrière motrices), mais il est possible d’opter pour le rouage intégral.

Quoi qu’il en soit, lorsque vient le temps de remorquer, le Sport Trac fait sa large part. Avec le V6, il peut tirer de 1 588 kg (3 500 livres) à 2 381 kg (5 250 livres), selon l’équipement. Avec le V8, ces chiffres montent à 3 248 kg, soit 7 160 livres. Les acheteurs de Sport Trac sont plus des gens actifs privilégiant le camping ou la pêche que des entrepreneurs en construction qui ont besoin d’une boîte de chargement digne de ce nom. Le Sport Trac est doté d’un couvercle de boîte en plastique résistant. En plus de se verrouiller, il est possible de replier la partie arrière pour accéder plus facilement au contenu de la boîte. Il est aussi possible d’enlever ce couvercle, mais il faut alors compter sur l’aide d’une âme charitable car les deux panneaux qui le forment sont assez lourds. Sur un véhicule misant autant sur le confort, il est surprenant de noter qu’aucun amortisseur ne vient ralentir la chute du panneau arrière (tailgate).

Au moins, la boîte est recouverte de PVC. On retrouve trois bacs de rangement dans le plancher de la boîte mais, dommage, ils ne sont pas hermétiques.

Le confort en premier

Dans l’habitacle, on se retrouve en terrain connu, le Sport Trac reprenant à peu de choses près celui de l’Explorer. C’est donc dire que l’instrumentation est facilement lisible, que la plupart des commandes tombent sous la main et qu’elles sont faciles à utiliser. Les sièges avant font preuve de confort même si, pour y accéder, on doit lever la patte assez haut. Les sièges situés à l’arrière sont moins conviviaux puisque leur assise est trop molle. Et aussi surprenant que cela puisse paraître dans un véhicule de cette grosseur, l’espace vivable n’est pas des plus grands. Heureusement, le plafond est suffisamment haut pour qu’on ne s’y frotte pas le coco à la moindre bosse. Au chapitre de la conduite, inutile de préciser que le Sport Trac est loin de montrer des aptitudes sportives. Son seuil de gravité élevé, sa direction plus ou moins précise et ses sièges qui ne retiennent que bien peu en virage sont autant d’éléments décourageant la conduite sportive.

Malgré tout, les suspensions ne sautillent pas trop sur une route à la chaussée dégradée et les pneus Pirelli Scorpion STR de notre véhicule effectuaient un excellent boulot. En hiver, lorsque la chaussée devient plus glissante, on fait vite connaissance avec le système de contrôle de la traction et de l’antipatinage qui sont plutôt autoritaires. Il est heureusement possible de les débrancher. La visibilité ne cause pas de problèmes particuliers sauf en hiver, alors que l’essuie-glace gauche, devant le conducteur bien entendu, laisse une large bande verticale non déblayée, le long du pilier A. La sonorité des moteurs, le V8 surtout, et la puissance de ce dernier encouragent les accélérations à l’emporte-pièce… et à l’emporte-pièce de monnaie ! La transmission agit avec douceur et précision et il serait bien difficile de lui reprocher quoi que ce soit.

FEU VERT

Esthétique réussie
Confort relevé
Moteur V8 performant
Boîte de chargement fermée

FEU ROUGE

Consommation d’antan
Comportement peu sportif
Direction imprécise
Boîte de chargement très courte
Certaines commandes difficiles à atteindre

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