Dodge Dakota, juste assez gros

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Mine de rien, le Dakota est avec nous depuis maintenant plus de 20 ans. Lors de son lancement en 1987, la communauté journalistique automobile n’avait que d’éloges pour cette camionnette moyen format qui avait pour mandat d’occuper un créneau encore inexploité jusqu’à ce moment. À cette époque, le prix de l’essence avait connu une augmentation marquée (ça vous dit quelque chose ?) et les gens de chez Chrysler étaient arrivés à la conclusion que la camionnette devait subir une cure de rajeunissement afin de perdre un peu de poids.

Chrysler a donc fait le pari de créer le créneau des camionnettes de moyen format en misant sur le fait que le Dakota serait plus imposant qu’une camionnette compacte, mais plus petit que le véhicule grand format. On peut aujourd’hui constater, avec un certain recul, que Chrysler avait vu juste. D’autant plus qu’avec une nouvelle flambée des prix du pétrole, les camionnettes de moyen format ont certainement leur raison d’être et se révèlent un choix très sensé. Et avec le Dakota de dernière génération, Chrysler se vante de proposer la plus grande des camionnettes moyen format !

Servez-vous !

Offert en plusieurs configurations, le Dakota a de bonnes chances de répondre aux besoins des acheteurs et de leur cargaison. Il est donc possible de choisir entre une cabine Club ou une cabine Quad (disposant de quatre vraies portes). La longueur de la caisse sera alors en conséquence, soit six pieds et six pouces pour la version à cabine Club et cinq pieds et quatre pouces pour la version à quatre portes. Ensuite viendra le choix du moteur, un V6 ou un V8, le Dakota étant la seule camionnette à l’offrir dans cette catégorie. Puis la transmission: manuelle ou automatique. Bref, plusieurs agencements afin de combler tous les acheteurs. On notera également trois niveaux d’équipement, dont le ST, le SXT et le SLT, qui offrent tous la possibilité d’ajouter la transmission 4x4 en option. Remodelé l’an dernier, le Dakota propose maintenant des lignes simples et sobres faisant contraste avec celles des années antérieures, où le design semblait plus agressif et costaud.

Néanmoins, le résultat est efficace, et ce, autant à l’intérieur où le confort des places avant est digne des berlines de moyen format, d’autant plus que notre version d’essai, la SXT, était munie de sièges chauffants. L’espace avant est immense et le tableau de bord bien présenté. La console centrale entre les sièges se révèle très utile et la visibilité est excellente. La direction offre une assistance adéquate et très appréciée durant les manoeuvres de stationnement. Quant aux places arrière, elles sont très généreuses, mais manquent un peu de confort, surtout en ce qui a trait au dossier. Mentionnons également que l’assise des sièges arrière se relève pour procurer un espace de rangement. Le seul reproche notable est la quantité incroyable de plastique dans l’habitacle. Chez Chrysler, on semble avoir pris cette tangente afin de couper dans les dépenses. Il serait toutefois sage de revoir l’utilisation à outrance de ce matériau qui ne procure pas la sensation de solidité et de robustesse si propre aux camionnettes.

Un excellent atout

Le Dakota se démarque de la concurrence entre autres par ses dimensions plus imposantes, mais également par la possibilité de lui greffer un moteur V8. C’est en fait sa plus grande qualité, car bon nombre d’acheteurs (aux États-Unis principalement) renient les camionnettes à moteur V6. Et depuis l’an dernier, cette motorisation V8 propose une évolution en développant dorénavant tout près de 300 chevaux et en étant compatible avec le carburant E85. Il faut toutefois prévoir beaucoup de sous si l’on décide d’opter pour le V8, car lors de notre essai, nous avons obtenu une consommation de plus de 16 litres aux 100 km. Imaginez maintenant lorsque le véhicule tracte une remorque ou est chargé à sa capacité maximale. Il faut cependant affirmer que ce genre de véhicule, qu’il soit de moyen ou de grand format, consomme énormément de pétrole et que ce facteur est souvent secondaire pour bien des entrepreneurs. Parions cependant qu’il le sera de moins en moins dans les années à venir.

En conduite urbaine, le confort du Dakota étonne et la suspension souple n’y est pas étrangère. La direction est bien assistée mais un peu lourde. Les manoeuvres de stationnement sont donc aisées malgré la longueur du véhicule. Sur les routes dégradées (difficile de les manquer au Québec), les bruits de caisse sont pratiquement inexistants et la suspension travaille admirablement bien. Difficile par contre de comparer son comportement routier à celui d’une berline, car le Dakota est muni d’un châssis autonome et d’un pont arrière rigide suspendu par des lames. C’est d’ailleurs ce qui lui confère la robustesse nécessaire pour accomplir de gros travaux. Le Dakota propose un différentiel autobloquant et une boîte de transfert à sélection électronique. On peut donc enclencher le système 4x4 sur demande. Le système est efficace, mais il ne faut pas s’aviser de s’amuser avec le sélecteur qui semble quelquefois lent à réagir.

Durant notre essai hivernal, le réglage manuel du système s’est avéré compliqué à utiliser lorsque nous voulions une efficacité optimale, autant pour la traction que pour la consommation d’essence. Le choix d’une camionnette dépend évidemment du travail à accomplir. Ici au Québec, on possède, la plupart du temps, une camionnette pleine grandeur pour usage commercial et une voiture pour les déplacements, alors qu’aux États-Unis, les gens utilisent plus souvent des camionnettes pour leurs déplacements. Voilà pourquoi le format moyen est si populaire. Par contre, si vous désirez absolument une caisse pleine grandeur de huit pieds, oubliez les formats intermédiaires, car seules les camionnettes grand format l’offrent.

FEU VERT

Moteur V8 en option
Bonne habitabilité (cabine Quad)
Confort
Bon choix de configurations

FEU ROUGE

Freinage manque de mordant
Consommation élevée
Suspension molle

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