Toyota Corolla iM 2017: Transfuge politique

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

On a longuement souhaité l’arrivée de la division Scion au Canada, elle qui s’adressait à un public plus jeune en proposant des véhicules plus éclatés que ceux offerts par Toyota. L’expérience ne fut pas facile pour la marque puisqu’au même moment, Toyota amorçait une refonte complète de sa gamme et présentait des véhicules beaucoup plus emballants.

Plutôt que d’investir massivement pour soutenir Scion, Toyota a décidé l’an passé de mettre fin à une aventure qui avait débuté en 2003 chez nos voisins du sud. Dans cette hécatombe, seuls deux modèles ont été épargnés et ont trouvé refuge sous la bannière principale, le coupé deux portes FR-S et la iM, la petite compacte à hayon fraîchement lancée. Compte tenu de ses qualités, il n’est pas étonnant que l’on ait décidé de la sauver, mais on se demande si elle survivra longtemps.

On l’a rebaptisée

D’ailleurs, afin de marquer sa nouvelle allégeance, la iM change de nom et devient la Toyota Corolla iM. Basée sur la Toyota Auris, la familiale de Toyota vendue en Europe et au Japon, la iM permettra au constructeur de bonifier son offre en proposant une Corolla hatchback. Le modèle pourra ainsi rivaliser avec les autres « hatch » du segment, notamment la Ford Focus, la Kia Forte5, la Subaru Impreza et la Mazda3, pour ne nommer que celles-là.

Cette année, la iM demeure pratiquement inchangée, on lui a simplement ajouté de série des sièges chauffants et l’ensemble de sécurité TSS-C de Toyota qui comprend le système de détection de sortie de voie, d’avertissement précollision frontal et les feux de route automatiques.

Côté style, elle conserve sa robe Scion, rien à voir avec la Corolla. Il y a fort à parier que Toyota va uniformiser le tout bientôt. Grâce à ses jantes de 17 pouces, à ses pneus à profil bas et à ses éléments aérodynamiques, la iM affiche un certain dynamisme qui plaira assurément à une clientèle plus jeune. Bon point aussi pour le choix de couleurs de la carrosserie, beaucoup plus vivant que chez ses rivales et chez la Corolla également.

À bord, on remarque l’esprit de jeunesse insufflé à la voiture. Du côté de la qualité des matériaux et de la finition, rien à critiquer. Toyota nous a habitués à une finition soignée, c’est le cas de la iM. Le tableau de bord brille par sa sobriété alors que le système d’infodivertissement tient dans un large écran tactile de sept pouces. Cet écran, justement, semble un peu perdu, lui qui est placé au centre d’un imposant panneau au fini noir lustré.

Là où la iM tire son avantage par rapport à la Corolla berline, c’est au chapitre de la commodité. Elle peut transporter cinq personnes, dont quatre aisément, alors que son volume de chargement peut atteindre jusqu’à 1 199 litres une fois la banquette arrière 60/40 rabattue.

Une seule version bien équipée

Sous le capot, elle hérite d’un quatre cylindres de 1,8 litre qui développe 137 chevaux et un couple de 126 lb-pi. C’est en fait le moteur qui équipe la Corolla ECO. Légèrement plus puissant, il se distingue par son économie supérieure de carburant apportée par son système Valvematic qui autorise la variation continue des soupapes. Toyota promet une moyenne de 7,4 l/100 km, mais dans la vie de tous les jours, c’est un peu plus.

Le choix du modèle est assez simple puisque la iM n’est proposée qu’en une seule version, tout de même bien équipée. Vous pouvez ensuite sélectionner quelques accessoires offerts par le concessionnaire. La seule décision importante à prendre concerne la boîte de vitesses. De série, on retrouve une manuelle à six rapports alors qu’une automatique à variation continue (CVT) est vendue pour un peu moins de 1 000 $. Bien entendu, la manuelle rehausse le plaisir de conduite, mais la CVT demeure tout de même intéressante.

D’ailleurs, un bouton permet de sélectionner le mode Sport, ce dernier haussant les points de changements des sept rapports préprogrammés. Il ajoute un peu de dynamisme, mais peu importe le mode, la iM n’est pas ultrarapide. On aurait bien aimé avoir un peu plus de puissance sous le pied droit afin de mieux appuyer les prétentions « sportives » de la voiture. Au moins, celle-ci adopte une conduite silencieuse et raffinée, on n’a pas l’impression d’être au volant d’un modèle bon marché.

On peut tout de même saluer la décision de Toyota de conserver la iM puisqu’elle apporte à la gamme Corolla une configuration additionnelle. Étant donné qu’au Québec on affectionne particulièrement les petites familiales, elle a tout pour devenir populaire.

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