Lexus ES 2017: La Camry des mieux nantis

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

La Lexus ES a été introduite en 1989 et annonçait, avec la LS, l’introduction d’une nouvelle division au sein du géant japonais, Toyota. La marque Lexus était née! Malgré cette annonce fracassante, la ES avait beaucoup de difficulté à cacher ses origines. Longtemps décrite comme la Camry des mieux nantis, cette ES est, encore aujourd’hui, une voiture au conservatisme désarmant.

Elle s’est bien modernisée avec le temps, mais certains se demandent pourquoi elle est toujours des nôtres. Si la concurrence détermine sa gamme de façon claire, Lexus, elle, présente cette berline entre la sportive IS et la GS. Autant la IS que la GS affrontent des adversaires établis, autant il est difficile de trouver une équivalence pour la ES. Il suffirait d’ajouter une version plus soporifique de l’IS et le tour serait joué. Il faut donc croire qu’elle a sa clientèle bien à elle.

Sobre à souhait

Si vous aimez sa livrée 2016, vous aimerez également sa version millésimée 2017. Aucun changement au programme. Comme tous les membres de la famille Lexus, elle porte une grille en forme de sablier et une silhouette toujours aussi conformiste. Comme pour ne pas déranger les habitudes de ses clients, elle conserve un style typique des berlines d’antan. Les goûts ne sont peut-être pas à discuter, mais il faut bien être de son temps!

Les panneaux de caisse sont rectilignes et aucun travail n’a été fait afin de dynamiser l’ensemble. Même constat pour la partie arrière qui pourrait être confondue avec n’importe quelle berline traditionnelle. Pourtant, c’est une Lexus, une voiture dite haut de gamme. Et le charisme est totalement absent. Les amateurs de voitures allemandes ne la connaissent probablement même pas.

Pour ce qui est de l’habitacle, là, c’est mieux. Rien à voir avec une Camry ou une Avalon, avec qui elle partage ses dimensions depuis quelques temps. Le choix des matériaux dans la ES reflète le rang auquel elle appartient. Le dessin du tableau de bord est également plus moderne. Les quelques boiseries, entourées de cuir dans une palette de couleurs contrastantes, offrent un coup d’œil réussi. Seules les parties du volant en bois finissent par être désagréables puisqu’elles sont trop glissantes, ce qui peut déranger lors d’une manœuvre d’urgence.

Au chapitre du confort, rien à redire. L’espace est nettement généreux et les sièges offrent tout le confort voulu. En ajoutant quelques dollars, vous aurez droit à la version Touring ainsi qu’à quelques éléments de confort supplémentaires comme les sièges et le volant gainé de cuir. Le groupe Exécutif, encore plus cher, amène la chaîne audio Mark Levinson avec ses 15 haut-parleurs et d’autres accessoires de haut niveau. Il comprend aussi l’ensemble Lexus Safety System+ qui englobe la détection de sortie de voie, le régulateur de vitesse adaptatif, les phares de route autoréglables et l’avertissement précollision.

En mode hybride

La Lexus ES est proposée avec un choix de deux groupes motopropulseurs. La version traditionnelle, l’ES 350, est équipée du V6 de 3,5 litres utilisé abondamment dans la famille Toyota/Lexus. Il offre 268 chevaux pour un couple de 248 livres-pied. Avec la boîte automatique à six rapports, ses performances demeurent honnêtes, sans plus. Elle est également la moins dispendieuse.

Une version hybride, la ES 300h, est aussi offerte et propose une économie d’essence exceptionnelle pour une voiture de ce gabarit. Difficile d’imaginer une grande berline qui offre une consommation moyenne d’environ 6 l/100. Toutefois, vous devrez en payer le prix pour ce qui est des performances. La fiche indique à peine 200 chevaux au combiné, moteur à essence et moteur électrique combinés. Le couple n’est guère plus attrayant avec 156 livres-pied au final. Cependant, la clientèle cible de cette berline n’a rien à cirer des performances relevées. Ajoutez une boîte automatique CVT à l’ensemble et vous voilà à bord d’une berline de luxe écologique.

Si les performances de la Lexus ES demeurent plutôt tranquilles, son comportement l’est tout autant. La suspension promet des promenades soporifiques et peu d’agrément de conduite. Vous serez probablement celui ou celle qui n’auront rien à redire de l’état de nos routes, au volant d’une grande routière qui avale les kilomètres pendant que vous combattez le sommeil.

La ES se positionne drôlement dans la gamme Toyota/Lexus, puisque son prix est presque équivalent à celui de la Toyota Avalon. Une des deux voitures est de trop. Est-ce que l’emblème prestigieux Lexus la sauve? La concurrence en aurait probablement éliminé une des deux depuis longtemps, mais la ES est toujours bien présente au sein d’une gamme très étoffée. De toute façon, elle n’est peut-être pas exaltante à bien des chapitres, mais elle est fiable à souhait. Et ça, c’est une qualité que peu de concurrents peuvent offrir.

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