Chevrolet Impala 2017: L’art de faire honneur à son nom

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

Vous rappelez-vous de l'époque pas si lointaine où le terme « berline américaine » signifiait une grosse voiture balourde, avec des suspensions donnant l'impression d'être faite de guimauve, et une agilité ressemblant à celle d'un cétacé échoué sur une rive? Avec l'arrivée de voitures comme les Cadillac ATS et CTS, qui font la vie dure aux allemandes en allant jouer dans leurs plates-bandes, on pourrait penser que GM a délaissé le créneau des berlines traditionnelles; même Buick se prend maintenant pour un constructeur mondial, important des modèles Opel de l’Allemagne et bâtissant des VUS en Chine!

Mais une américaine persiste encore: la Chevrolet Impala, qui est passée de modèle de figuration, tout juste bonne pour les parcs automobiles, à modèle compétitif, dans son segment, lors de sa refonte en 2014.

Bien porter son poids

2017 n'apporte pas grand changements à son style, et c'est tant mieux: l'actuelle version de l'Impala a été fort bien dessinée et il serait dommage de changer une recette gagnante. Avec l'arrivée récente des nouvelles Malibu, Cruze et Spark, les berlines Chevrolet partagent maintenant un look commun, mais c'est l'Impala qui a lancé la tendance des phares carrés et pointus, de la ligne de caisse droite et du toit fuyant vers l'arrière.

La version LS de base propose des roues d'acier de 18 pouces, des moulures de plastique aux couleurs de la carrosserie ainsi que des phares halogènes. Si vous voulez un look plus distingué, il faudra vous tourner vers les modèles LT ou LTZ: ceux-ci ont droit à beaucoup plus de chrome, surtout la LTZ qui ajoute aussi de splendides roues en aluminium de 20 pouces optionnelles, un éclairage à DEL ainsi que des projecteurs DHI à l'avant, ce qui transforme la figure de l'Impala.

À l'intérieur, ceux qui ne se sont pas assis dans un produit GM récemment seront confondus: la qualité d'assemblage est à des années-lumière de la précédente génération, et l'habitacle donne enfin l'impression d'avoir été dessiné par un être humain plutôt que par un ordinateur cherchant l'efficacité maximale.

La planche de bord est en angle, offrant beaucoup d'espace aux passagers. Les sièges avant, garnis de tissu sur la version d'entrée de gamme et de cuir sur les LT et LTZ, sont larges, bien rembourrés, mais n'offrent aucun support latéral, comme il se doit dans une voiture de ce type. Il est encore possible d'obtenir des boiseries dans l'Impala; celles-ci seront appréciées par ceux cherchant un style plus classique, et se marient bien avec les accents d'aluminium, comme la grande baguette parcourant le tableau de bord.

Parlant de cette bande, Chevrolet y insère un éclairage verdâtre dans les versions LTZ, ce qui donne une apparence futuriste lorsque la nuit tombe. Mentionnons que les places arrière sont comparables aux meilleurs sofas, que les passagers de plus de six pieds auront amplement d'espace pour leurs jambes et que même les amasseurs compulsifs ne réussiront pas à remplir le gargantuesque coffre arrière.

Pas de sport à cette adresse!

Conduire l'Impala est une expérience des plus relaxantes: la motorisation de base est un quatre cylindres EcoTec de 2,5 litres et 196 chevaux. Appareillé à une boîte automatique à six rapports, ce moteur fait un travail honnête. Par contre, pour vivre pleinement l'expérience d'une grosse berline américaine, il faut aller du côté du V6 de 3,6 litres. Bien qu'il n'y ait plus de V8 dans l'Impala depuis un bout, ce 3,6 litres n'est pas à dédaigner, déployant 305 chevaux qui sont envoyés aux roues avant (pas de rouage intégral au programme).

La voiture peut alors accélérer avec autorité, mais elle n'est pas conçue pour les pilotes de course; sa direction demeure totalement déconnectée de la route, le silence à bord est total et même si la boîte automatique dispose d’un mode sport, elle ne transforme par cette Chevrolet en Formule 1. L'Impala existe pour avaler des kilomètres sans broncher, et elle est diablement compétente à ce chapitre.

Il y a par contre un changement majeur si l'on compare cette version à celle des années 60: même si les suspensions sont molles et absorbent les pires trous dans un silence impressionnant, la carrosserie ne tangue pas dans les virages comme un navire en pleine tempête. À moins de conduire de façon échevelée, personne ne souffrira du mal de mer dans l'Impala.

Les familles modernes lorgnent immédiatement des VUS lorsque vient le temps de s'acheter un véhicule pour trimballer la marmaille. Mais supposons un instant que vous cherchiez quelque chose d'encore plus confortable, aussi logeable et infiniment plus agréable à l'œil, prenez le temps d'aller faire un tour d'Impala. Bien que ce soit possiblement sa dernière année avec nous sous cette forme (pour 2018, elle sera possiblement redessinée sur la plate-forme de la nouvelle Buick Lacrosse), cette voiture américaine n'est plus confinée à un rôle de figuration dans les parcs commerciaux.

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