Aston Martin Rapide 2017: À défaut d’un VUS…

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

Alors que Bentley et Jaguar ont mis au marché leurs premiers véhicules utilitaires cette année, c’est toujours le statu quo à ce chapitre chez Aston Martin. Même si les VUS de luxe sont à la mode et très lucratifs pour leur constructeur, ce petit fabricant anglais ne se concentre pour l’instant que sur des voitures sport. Une bonne chose, diront certains.

Le véhicule familial chez Aston Martin se trouve donc à être la berline Rapide S. En fait, « berline » est un grand mot; on devrait plutôt la qualifier de coupé à quatre portes, comme c’est le cas de la Mercedes-Benz CLS et de la Porsche Panamera. Aston Martin mise sur le design spectaculaire de la Rapide pour la comparer avantageusement à ses rivales. Plus belle que la Panamera? Assurément! Que la CLS? Possiblement. Les goûts, ça ne se discute pas, mais nous, on la trouve très belle.

Pour une famille de quatre

Chacun des occupants de la Rapide dispose de sa propre porte. Et tant qu’à y être, de son propre cocon tapissé de cuir matelassé à surpiqûres contrastantes. La ligne de toit plongeante ne facilite en rien l’accès aux places arrière, mais au moins, on n’a pas besoin de se contorsionner outre mesure pour monter à bord.

On retrouve aussi des commandes de climatisation à l’arrière, alors que les quatre sièges sont chauffants de série, ventilés en option. Moyennant supplément, un système de divertissement par DVD avec écrans intégrés aux appuie-têtes avant est offert, et les dossiers des sièges arrière peuvent se rabattre pour créer un coffre encore plus logeable.

Pour 2017, l’ancienne planche de bord avec ses divers petits boutons minces a été remplacée par une nouvelle interface dotée de boutons à effleurement, plus moderne. Le système multimédia AMi III propose désormais un affichage de meilleure résolution, une exécution plus rapide des commandes et une entrée de données plus conviviale. L’écran est toujours trop petit, mais bon, déjà que le système a été amélioré, on ne leur en demandera pas trop...

La finition intérieure est irréprochable, et c’est la moindre des choses compte tenu de la facture. Comme dans toute voiture de prestige, on peut personnaliser l’environnement avec un choix de boiseries, de fibres de carbone ou de garnitures laquées. Les audiophiles apprécieront la chaîne audio optionnelle de 1 000 watts, mis au point par Bowers & Wilkins.

Le cœur de la bête

Évidemment, on n’achète pas une Aston Martin pour la convivialité de son système multimédia, puisque l’expérience auditive vient surtout de ce qui se retrouve sous le capot. Dans le cas de la Rapide S, on se gâte avec un V12 de 5,9 litres (Aston Martin préfère parler d’un 6,0 litres même si la cylindrée exacte est de 5 935 cc) qui développe pas moins de 552 chevaux et un couple de 465 lb-pi, sans l’aide de la turbocompression. La voiture porte bien son nom, puisqu’elle n’a besoin que de 4,4 maigres secondes pour atteindre les 100 km/h. Où peut-on exploiter sa vitesse maximale de 327 km/h? Nulle part de ce côté de l’Atlantique, mais cette statistique impressionnera certainement nos voisins!

On n’achète pas une Aston Martin non plus pour son économie de carburant. La Rapide n’échappe pas à cette règle, même si avant l’arrivée de la DB11, elle était le modèle le plus « écoénergétique » de la gamme. Au volant de la Rapide, on ne consommera jamais moins de 11,0 l/100 km, même en dévalant une pente raide avec la boîte de vitesse au neutre.

Cette dernière, une automatique à huit rapports, fait un bon travail et se marie bien au caractère de la voiture. De plus, elle est montée en position centrale arrière afin de mieux répartir le poids de la berline, séparée du moteur par un arbre de transmission en fibre de carbone. Le seul hic, c’est que les montées en rapport sont saccadées lorsque l’on utilise les sélecteurs montés au volant, ce qui ne fait pas très raffiné dans un bolide de ce prix.

Le comportement routier de la Rapide est surprenant, même si elle est un tantinet moins agile et que son roulis de caisse est plus prononcé que les autres modèles du constructeur, compte tenu de son poids plus élevé. La puissance prodigieuse, la sonorité du V12 et la tenue de route dynamique de la Rapide provoqueront de fréquentes montées d’adrénaline au conducteur, et possiblement le mal des transports aux passagers arrière…

On s’en doute, le prix demandé pour une Aston Martin Rapide S n’est pas à a portée de tous, et elle ne peut concurrencer les versions plus abordables de ses rivales, la Panamera et la CLS. Elle n’est pas aussi rapide que les versions les plus puissantes de ces dernières non plus, et son rouage à propulsion pourrait faire hésiter les acheteurs qui la conduiront durant les rudes hivers québécois. En revanche, son exclusivité vaudra cher pour ses acheteurs qui voudront une berline puissante et somptueuse ainsi qu’une voiture au style unique et spectaculaire.

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

EssaisAston Martin DB11 2017 : la vie en accéléré
On dit souvent qu’il faut profiter du moment présent. Une expression des plus sages, sur laquelle on peut s’inspirer tant dans son travail que dans sa vie personnelle. Par un beau mercredi matin, j’ai pu faire d’une pierre deux coups. C’était le 14 juin. À midi trente, le train partait …
Commentaires