Jeep Grand Cherokee 2017: Amenez-en des crédits-carbone!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

La marque Tesla, qui produit des véhicules 100% électriques, peut compter sur l’aide financière de FCA (Fiat Chrysler Automobiles) pour arriver à ses fins. Quoi? Eh oui! Depuis déjà quelques années, un marché du carbone a été créé, question de régulariser les émissions de gaz à effet de serre. Dans le monde de l’automobile, une entreprise comme Tesla, qui produit de façon écologique des voitures ne polluant pas, dispose de beaucoup de crédits-carbone.

D’un autre côté, une entreprise telle FCA qui fabrique des véhicules consommant comme des alcooliques en rechute doit acheter des crédits-carbone, ce qui lui revient moins cher que de payer les énormes amendes imposées par le gouvernement américain. On peut donc dire, façon de parler en quelque sorte, que Chrysler et plusieurs constructeurs (Ferrari, Mercedes-Benz entre autres) financent des compagnies plus vertes (Tesla, Nissan, Honda, Toyota et d’autres). C’est ridicule, mais c’est ça.

Le Grand Cherokee coûte sans doute une fortune en crédits-carbone à Jeep. Certes, une version possède un moteur diesel, ce qui a assurément une incidence positive sur le bilan écologique. Mais il y a aussi deux versions dotées de V8 HEMI. Comme le disent les économistes de nos gouvernements, « On est dans le rouge solide! » Voyons-y de plus près…

Entre écologie et pollution

Le V6 3,0 litres diesel connaît une belle popularité, surtout auprès de ceux qui doivent remorquer une lourde charge (7 200 livres – 3 265 kilos). Cette donnée est identique à celles des deux V8, de 5,7 et de 6,4 litres, mais en mode remorquage, la consommation d’essence du diesel sera nettement moins affectée que celle des V8. Ce V6 consomme raisonnablement, compte tenu du poids indécent du véhicule qui approche les 2 400 kilos. Sans remorque. Ce moteur est certes un peu plus bruyant qu’un moteur à essence, mais rien qui rappelle les diesels américains des années 80.

L’autre V6, le Pentastar de 3,6 litres, est tout à fait indiqué pour ceux qui n’ont pas à traîner leur maison plusieurs fois par année. Il permet tout de même de tirer jusqu’à 6 200 livres (2 812 kilos). Il assure des performances très honorables, cependant, sa consommation est carrément honteuse. Même en jouant de l’accélérateur avec parcimonie, il est difficile de s’en tirer sous 13 l/100 km.

N’empêche que ce 3,6 est considérablement moins goinfre que le V8 HEMI de 5,7 litres avec lequel on ne s’en sort pas en deçà de 15 l/100 km. D’un autre côté, avoir 360 chevaux sous le pied droit devient vite une drogue, d’autant plus que la sonorité de l’échappement à la moindre accélération est tout simplement jouissive. Oh, il y a bien un mode Eco, mais il est sans doute utilisé aussi souvent qu’une caméra de recul dans une navette spatiale...

Le clou du spectacle, c’est la livrée SRT dont le 6,4 litres déballe 470 chevaux et pratiquement autant de couple. Malgré ses deux mille trois cents quelques kilos, le SRT abat le 0-100 km/h en cinq secondes pile, ce qui tient davantage de la métaphysique que de la physique. Et dans un grondement qui fait sourire les oreilles, de surcroît! Quiconque sait retenir ses hormones peut s’en tirer sous 16 litres aux cent kilomètres, ce qui est excellent dans les circonstances. Évidemment, quand on s’amuse à modifier brutalement l’angle de l’accélérateur, juste pour entendre l’échappement rugir, le 16 l/100 km se transforme rapidement en 18, voire 19…

C’est « trop extrême », vous dites-vous en ce moment… Eh bien, Jeep vient sans doute d’acheter quelques milliards de tonnes de crédits-carbone car elle est sur le point de dévoiler le Grand Cherokee Trackhawk, un monstre doté du V8 de 6,2 litres surcompressé des Dodge Charger et Challenger Hellcat. Oubliez les BMW X5 M, Porsche Cayenne Turbo S ou Range Rover Sport SVR, il s’agit d’enfants d’école en train de colorier, la langue à moitié sortie, un doigt dans le nez.

Placide ou sportif

Tous les Grand Cherokee jouissent d’un tableau de bord qui a été revu il y a deux ans et qui répond désormais aux critères modernes. Son système multimédia Uconnect est l’un des meilleurs présentement sur le marché. Le luxe, tout comme l’équipement, ne fait pas défaut peu importe la livrée, mais certains plastiques font bas de gamme.

Sur la route, les versions V6 adoptent un comportement plutôt réservé, avec une suspension confortable et une direction vague au centre et bien peu bavarde sur le travail des roues avant. Plus on monte dans la hiérarchie des moteurs, plus le Grand Cherokee est sportif. Par exemple, la direction du SRT est beaucoup plus vivante et sa suspension se montre assez sèche, surtout en mode Sport.

Le tableau serait presque parfait si ce n’était de la fiabilité pour le moins aléatoire des produits Jeep qui se classent, encore en 2016, dans les bas-fonds des sondages menés par J.D. Power, tout juste devant Land Rover, ce qui n’a rien d’une victoire! Ah, si Honda et Toyota vendaient des crédits-fiabilité…

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