Volkswagen Tiguan, typique à la marque

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

La compagnie Volkswagen ne se laisse pas influencer par les autres constructeurs. Elle fait les choses comme elle l’entend ! Nous en avons de nouveau la preuve avec le Tiguan, un VUS compact qui, loin de s’inspirer des autres modèles de la catégorie, pourrait servir de référence. Car si ce constructeur est arrivé le dernier à la fête avec son modèle, cela lui a permis d’en concocter un possédant les qualités nécessaires pour plaire à une clientèle difficile.

Comme c’est souvent le cas dans le département de stylisme de Volkswagen, un produit en inspire un autre. En effet, on retrouve plusieurs éléments visuels de la Golf sur les modèles Polo et Lupo. Cette fois, le Tiguan n’est pas sans ressembler à son grand frère le Touareg.

Silhouette familière

Il suffit de l’examiner quelques secondes pour se rendre compte de la similitude. En fait, il se situe — visuellement et en dimensions — entre le Touran, non vendu en Amérique, et le Touareg. Il est intéressant de noter qu’en Europe, le Tiguan sera offert en deux versions. La première sera dotée d’une partie avant dont l’angle d’attaque sera de 28 degrés en plus d’être équipée du système all road qui modifie plusieurs paramètres au niveau de la suspension, en plus de comprendre un mécanisme de contrôle de descente de pente et un système de freinage antirecul sur les plans inclinés. On retrouve également un bouclier protecteur à l’avant du véhicule. Ce modèle ne sera malheureusement pas distribué en Amérique du Nord. Nous n’aurons droit qu’à la version de 18 degrés qui est essentiellement destinée à la conduite sur la route, et il ne sera pas possible de commander le système all road qui est remplacé par le rouage intégral 4Motion. Celui-ci est efficace sur la route lorsque les conditions d’adhérence sont mauvaises. Il peut aussi tirer son épingle du jeu sur des sentiers à peine praticables, mais ce n’est pas le all road.

Dommage que la direction de Volkswagen ait décidé de limiter son offre sur notre continent à un seul modèle. La version 28 degrés avec son rouage intégral sophistiqué aurait pu se tailler une place enviable en tant que passe-partout de luxe de format compact. Mais compte tenu du prix de vente hypothétique de ce modèle on a sagement décidé de laisser passer.

L'habitacle Marcel ! l'habitacle !

La silhouette est élégante et sobre mais il se peut que certains trouvent que ses lignes manquent de panache. En revanche, l’unanimité se fait à propos de l’habitacle. Premièrement, la qualité des matériaux est sans reproche avec des plastiques souples pour le tableau de bord, un assemblage impeccable et des sièges confortables mais fermes offrant en plus un bon support latéral. Le plus important à signaler est une habitabilité exceptionnelle tant pour les places avant qu’arrière. Le dégagement pour les jambes est excellent, la capacité de chargement est très importante et la visibilité fort bonne. Parlant de visibilité, un toit ouvrant surdimensionné peut être commandé par l’intermédiaire du catalogue des options. Si je ne suis pas un fanatique de ces grandes surfaces vitrées installées au pavillon, plusieurs semblent les aimer. Cependant, avec un tel accessoire, la chaleur dans l’habitacle augmente fortement par temps de canicule, car il n’y a pas de cache opaque pour bloquer les rayons du soleil, mais un simple rideau translucide qui n’est pas trop efficace.

Il faut également souligner les nombreux espaces de rangement de ce véhicule, son impressionnant coffre à bagages de même qu’une bonne habitabilité pour les occupants. Comme sur tous les modèles de la marque, les sièges sont fermes mais confortables et le demeurent même lors de très longues randonnées.

Un seul moteur!

Ceux qui rêvaient de se procurer ce modèle équipé d’un moteur diesel devront prendre leur mal en patience, car un seul moteur est au catalogue : un quatre cylindres à essence. Même si sa cylindrée est similaire au 2,0 litres utilisé sur plusieurs autres modèles Audi et Volkswagen, il s’agit d’une toute nouvelle mouture dotée entre autres de l’injection directe. Grâce à ce système et à la magie de la turbocompression, ce moteur est nerveux et assure de bonnes performances. On a pratiquement l’impression d’avoir un petit six cylindres tournant sous le capot ! Ce quatre cylindres est couplé à une boîte automatique à six rapports qui est bien étagée et qui permet de passer les rapports manuellement . Malheureusement, l’absence de palettes de passage des rapports derrière le volant rend la chose beaucoup moins attrayante. Pour ce qui est du diesel, motus et bouche cousue !

Sur le continent européen, ce modèle est proposé avec un choix de plusieurs groupes propulseurs. Parmi ceux-ci, j’ai eu l’occasion de conduire un modèle équipé du moteur 1,4 litre Twincharger dont la puissance était de 150 chevaux et marié à une boîte à six rapports. J’ai été surpris de la performance de ce moteur qui, malgré sa petite cylindrée, boucle le 0-100 km en moins de 10 secondes. En outre, sa consommation est de moins de 9,0 litres aux 100 km. Qui sait, si jamais le prix du carburant continue à augmenter, ce moteur et le diesel pourraient se retrouver sur nos routes ! Mais c’est sans doute rêver en couleurs, car la faible diffusion de tels modèles exclut la possibilité d’une offre de multiples groupes propulseurs en raison de contrôle des coûts.

Le Tiguan utilise une plate-forme hybride dérivée en grande partie de la Passat tout en faisant appel à des éléments de la Golf/Jetta. Ce qui signifie que le comportement routier ne devrait pas être piqué des vers puisqu’on fait appel à des éléments qui ont mérité de fort bonnes notes à ce sujet. Certains de mes collègues avaient des doutes quant aux capacités potentielles du Tiguan au chapitre de la conduite. Ce n’était pas mon cas parce que je me disais qu’on avait dû s’inspirer du Touareg qui est l’une des références en fait de conduite avec une transmission intégrale. Après quelques kilomètres au volant d’une version à rouage intégral et à boîte automatique, je ne pouvais que noter les qualités de tenue de route, de freinage et de stabilité dans les virages. En effet, même si la direction à assistance électrique filtre trop le feedback de la route, le Tiguan sera apprécié des personnes aimant le plaisir de la conduite.

De plus, sa plateforme très rigide permet d’enchaîner les virages avec aplomb. Soulignons que la capacité de remorquage annoncée est de 2 500 kg, ce qui est assez exceptionnel pour la catégorie. Cependant, il a fallu m’adapter à la sensibilité de la transmission qui était portée à rétrograder trop facilement lorsque j’enfonçais rapidement la pédale d’accélération, et il fallait également doser l’accélérateur faute de quoi, il y avait un soubresaut vers l’avant.

Bref, cette Volkswagen tout usage semble posséder toutes les qualités voulues pour réussir. Et les progrès réalisés en fait de fiabilité laissent croire que ce modèle sera un sérieux concurrent aux autres de la catégorie. En plus, on a pris sa leçon en fait de prix de détail suggéré. En général, les produits de ce constructeur sont environ 25 % plus chers que ceux des autres et on avait même tendance à proposer de nouveaux modèles en version équipée au maximum, ce qui effrayait bien des gens. Oh surprise ! Cette fois, ça semble plus raisonnable, du moins par rapport à ce que la marque nous offrait par le passé. Par exemple, le modèle de base, le Trendline, se vend 27 575 $ au moment d’écrire ces lignes. La version intermédiaire, la Confortline, exige 33 975 $. Enfin, le Highline, la version la plus huppée et la plus luxueuse, vous obligera à débourser un minimum de 38 375 $.

Il est vrai que les versions les plus équipées du Tiguan affichent des prix que certains jugeront corsés, mais on peut au moins quand même se procurer une version de base fort intéressante à un prix très compétitif. En conclusion, le Tiguan est à considérer sérieusement et possède d’indéniables qualités qui devraient en convaincre plusieurs.

FEU VERT

Plate-forme très rigide
Excellente habitabilité
Finition impeccable
Moteur nerveux
Rouage intégral à action rapide

FEU ROUGE

Absence d’un moteur diesel
Fiabilité inconnue
Direction trop assistée
Version Highline onéreuse

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