Volkswagen Rabbit/GTi, pas de Scirocco, mais...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Au dernier Salon de Genève, Volkswagen dévoilait le tout nouveau coupé sport Scirocco, conçu à partir des bases de la Golf (notre Rabbit). Cependant, ce coupé, dont le nom n’est pas inconnu de plusieurs en raison de sa commercialisation nord-américaine de 1976 à 1989, ne sera malheureusement pas offert chez nous. Volkswagen stipule que la GTi est en mesure de répondre à la demande des acheteurs de sportives, et qu’une seconde voiture dans un même créneau ne ferait ici que diviser la clientèle. On-t-ils raison ?

Qu’à cela ne tienne, la clientèle nord-américaine n’est pas mise en reste. La GTi demeure une authentique sportive qui n’a absolument rien à envier à quiconque. Les chiffres de vente sont là pour le prouver, la GTi ayant connu depuis son renouvellement un grand succès. Et c’est assurément grâce à son équilibre d’ensemble si elle attire à ce point la clientèle. En effet, aucune autre rivale ne peut se vanter d’offrir autant de confort et de commodités, tout en permettant du même coup un tel niveau de performance et de plaisir au volant.

L’agrément de conduite inégalé de cette voiture est transmis grâce à une excellente solidité de caisse, mais aussi par une direction rapide et précise et une suspension bien calibrée. Cette dernière laisse d’ailleurs plus de latitude au conducteur pour jouer avec sa voiture, ce qui n’est pas nécessairement le cas avec la Civic Si. Et si jamais une dérobade de la caisse survenait, le contrôle électronique de stabilité ESP se chargerait de remettre la voiture dans le droit chemin. Évidemment, le magnifique moteur turbocompressé de 2,0 litres y est également pour beaucoup, ce dernier ayant une grande souplesse et une puissance honorable. Certes, il nécessite du super, mais sa consommation demeure raisonnable, se chiffrant autour de 10,5 litres aux 100 kilomètres. Il s’accompagne d’une boîte manuelle à six rapports exempte de toute critique, mais il peut aussi oeuvrer de pair avec une boîte séquentielle appelée DSG (Direct Shift Gearbox), qui améliore très légèrement les performances. Mais entre vous et moi, vous ne retrouverez pas avec cette boîte le même plaisir qu’avec la manuelle, et ce, même si l’on bénéficie de palettes de changement de vitesse au volant.

Et la Rabbit ?

Chez les compactes, la Rabbit se positionne honorablement. L’acheteur ultra rationnel (aussi appelé acheteur de Corolla) qui ne songe qu’à la fiabilité et qu’à une faible consommation d’essence se doit de ne pas la considérer, mais si pour vous l’automobile signifie plus qu’un simple moyen de transport ou qu’une dépense fâcheuse, l’expérience en vaut la chandelle. En fait, pour l’agrément de conduite, une seule compacte s’en approche, et c’est la Mazda3. Avec cette japonaise, vous n’obtiendrez pas une solidité de conduite à l’allemande, une qualité de construction aussi poussée ni un habitacle aussi accueillant, mais vos aurez au moins droit à des prestations routières aussi honorables.

Arrivant comme la GTi en modèle à trois ou cinq portes, la Rabbit est une compacte spacieuse qui procure un confort exceptionnel. L’habitacle est extrêmement bien ficelé, la présentation est soignée, l’espace est généreux et les sièges surpassent ceux de toute concurrence. De série, la version de base est livrée avec un équipement des plus complets, ce qui explique la facture de départ oscillant autour de 20 000 $. Le niveau de luxe à bord varie évidemment selon la version choisie, mais on peut néanmoins y retrouver certaines touches que seuls les Européens ont l’habitude d’offrir dans ce créneau de voiture. Malheureusement, quelques éléments comme l’ordinateur multifonction ou la téléphonie Bluetooth sont absents.

Syndrome de GTi

Vous affectionnez la GTi mais ne pouvez vous permettre ce luxe ? Volkswagen vous a concocté pour 2009 un nouvel ensemble sport disponible sur la Rabbit qui vous permettra de vous rapprocher de votre rêve, sans que vous ayez à vous serrer la ceinture. Cet ensemble comprend notamment une suspension sport, des phares au xénon, des jantes de 17 pouces à rayons entrelacés, des feux antibrouillard et un volant gainé de cuir.

Bon, il vous manquera toujours le moteur 2.0T et cette superbe calandre noire ceinturée d’une fine ligne rouge, mais le niveau de plaisir sera néanmoins rehaussé d’un cran. Mécaniquement, le moteur cinq cylindres propose un rendement particulier. Certains aiment, d’autres pas, mais cette mécanique possède un couple généreux. Offrant suffisamment de puissance, ce moteur consomme cependant autant que celui de la GTi. Il ne nécessite pas un carburant supérieur, mais son appétit est néanmoins supérieur à celui de ses rivales. Quant à la fiabilité, qui n’a pas toujours été reluisante chez ce constructeur, elle semble s’être améliorée, mais il faut attendre avant de donner un verdict plus éclairé. Et si vous êtes toujours perplexe, sachez que depuis quelques années, il y a une garantie de base de 4 ans/80 000 kilomètres chez ce constructeur.

Je terminerai en mentionnant aux amateurs de performance que l’unification des normes de collision avec les États-Unis permet désormais à Volkswagen d’offrir aux acheteurs canadiens la fameuse GTi R32 à traction intégrale. On ne sait pas si le constructeur a l’intention de l’importer, mais certains concessionnaires ont choisi de devancer la décision du constructeur en se procurant quelques exemplaires chez les Américains, pour la revente. Est-ce que les WRX et Lancer Ralliart auront une nouvelle rivale en 2010 ? À suivre…  

FEU VERT

Agrément de conduite assuré
Rigidité structurelle étonnante
Qualité de construction honorable
Performances relevées (GTi)
Équipement complet

FEU ROUGE

Prix élevé et coût des assurances (GTi)
Consommation décevante (Rabbit)
Quelques caractéristiques non offertes
Moteur rugueux (5 cylindres)
Fiabilité à prouver

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