Mitsubishi i-MiEV 2017 : restez en ville

Points forts
  • Abordable (pour une voiture électrique)
  • Manœuvrable en ville
  • Peut asseoir quatre personnes
Points faibles
  • Peu d’équipements
  • Autonomie peu impressionnante par rapport aux standards d’aujourd’hui
  • Pourrait gagner en raffinement
Évaluation complète

L’arrivée de la Chevrolet Bolt EV marque une étape importante dans le monde des véhicules 100% électriques. Elle est relativement abordable, elle a l’air d’une voiture normale et elle propose une autonomie se rapprochant de ce que l’on obtient d’une voiture sous-compacte à essence.

Elle sera le point de référence pour comparer toutes les autres voitures électriques de marques populaires. Et cela comprend la Mitsubishi i-MiEV 2017, ce qui est un peu injuste. La microvoiture de Mitsu est apparue au Canada en 2012, et c’était l’une des premières voitures 100% électriques disponibles chez nous. Elle était aussi l’une des moins dispendieuses, aux côtés de la smart fortwo electric drive biplace qui a été commercialisée peu après.

Six ans plus tard, la i-MiEV est toujours en vente, mais a très peu changé alors que les autres véhicules électriques ont été rafraîchis ou disposent maintenant d’un bloc-batteries de plus grande capacité. Évidemment, les ventes sont timides : seulement 86 unités ont trouvé preneur au Canada en 2016, dont 55 au Québec, où le coût de l’électricité est bas et le crédit d’achat gouvernemental est élevé. Alors en principe, la voiture est quasi inexistante dans le reste du Canada.

La Mitsubishi i-MiEV commence à montrer son âge. La minivoiture i à essence est en vente sur d’autres marchés depuis 2006, son design date donc de plus de 10 ans. Son gabarit la place dans la même ligue que la Fiat 500, la Nissan Micra, la Chevrolet Spark et la Mitsubishi Mirage, mais grâce à sa forme de bulle sur roues et son aménagement bien pensé, elle peut asseoir confortablement quatre adultes — sur de courtes distances, évidemment.

Photo: Michel Deslauriers

L’habitacle est fini avec des plastiques bas de gamme, robustes, et un tissu de sièges bien ordinaire. Il n’y a rien d’extravagant dans la Mitsubishi i-MiEV 2017, puisqu’elle a été conçue d’abord et avant tout comme un outil de transport pour se promener en ville. Bien qu’elle soit équipée de sièges chauffants à l’avant, d’un climatiseur, d’un télédéverrouillage des portes et d’une chaîne audio à six haut-parleurs avec lecteur de CD, on doit choisir un groupe d’options pour obtenir une connectivité Bluetooth, une chaîne rehaussée de 400 watts, un port USB, une caméra de recul, des commandes au volant et un système de navigation.

Le moteur électrique est situé sous le plancher, tout juste devant les roues arrière sur lesquelles il est connecté, et développe 66 chevaux ainsi qu’un couple de 145 livres-pied. Ce n’est peut-être pas beaucoup, mais la voiture ne pèse que 1 148 kilogrammes, alors les accélérations sont adéquates.

En fait, la i-MiEV est étonnamment rapide au décollage, grâce au couple généreux du moteur, par conséquent, on ne retiendra pas le trafic dans la circulation urbaine ou sur l’autoroute, même avec quatre occupants à bord. L’espace de chargement est évalué à 377 litres avec les dossiers arrière relevés, 1 430 avec ces derniers rabattus. On a donc droit à un bon volume pour les emplettes ou pour transporter un sac de hockey ou deux.

On sent la voiture beaucoup plus à l’aise en ville que sur la grand-route, bien entendu, puisqu’elle profite d’un court diamètre de braquage et ses dimensions réduites facilitent le stationnement. Sur l’autoroute, non seulement son autonomie chute plus rapidement, comme tout véhicule électrique, mais ses pneus étroits (145/65R15 avant, 175/60R15 arrière) et son poids la rendent sensible aux vents latéraux.

Mitsubishi estime l’autonomie de la i-MiEV à 155 kilomètres, mais en conduite réelle, avec des côtes à monter et des variations de température, le résultat sera plus proche de 120 km. Une pleine charge à l’aide d’une borne de 240 volts nécessite environ sept heures, et avec une prise de courant domestique de 120 volts, on doit patienter entre 14 et 22 heures pour recharger la batterie à bloc. Toutefois, la minivoiture comprend un port de recharge rapide, alors on peut obtenir une charge à 80% en une demi-heure. On peut aussi préchauffer ou refroidir l’habitacle ainsi que programmer un horaire de charge, mais pour le faire, on doit composer avec une télécommande archaïque qui comprend une antenne télescopique. Bienvenue dans les années 90!

Photo: Michel Deslauriers

La Mitsubishi i-MiEV 2017 est vendue à partir de 27 998 $ avant les frais de transport et de préparation, tandis que le groupe d’options ajoute 2 000 $ à la facture. Seulement trois couleurs sont proposées cette année, soit le blanc, le noir et l’argenté, mais la voiture n’a pas besoin de teintes éclatantes pour garantir son exclusivité. Elle l’est par défaut. Ce n’est pas une aubaine, et bien qu’elle soit la voiture électrique la moins chère au pays en ce moment, elle est loin d’être aussi raffinée ou amusante à conduire que ses rivales, soit la Ford Focus électrique, la Nissan LEAF et le Kia Soul EV.

Avec l’acquisition récente de 34% de Mitsubishi Motors par le groupe Nissan-Renault, il sera intéressant de voir ce qui arrivera à la i-MiEV, bien qu’il semble que le millésime 2017 soit le dernier pour la citadine électrique au Canada. En ce moment, outre des municipalités et certaines compagnies de livraison ayant besoin d’une petite voiture à faibles coûts d’entretien pour se promener en ville, la i-MiEV est peu convaincante. Et c’est dommage, puisque sa conception en fait un véhicule idéal pour satisfaire les gens, qui n’ont besoin que d’une deuxième voiture pour traverser la ville, faire les courses et aller chercher les enfants à l’école.

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