Pontiac Solstice/Saturn Sky, plaisirs et frustations

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

La Pontiac Solstice et la Saturn Sky sont deux roadsters qui ne manquent pas de qualités, surtout dans le cas des modèles GXP et Red Line, mais qui présentent tellement de défauts que c’en est presque navrant. Compte tenu du fait que ces voitures ont été développées sur la base d’une nouvelle plate-forme créée spécialement pour elles, on se serait attendu à ce qu’elles soient plus achevées, mais on doit malheureusement constater que le travail a été bâclé à plusieurs égards.

La plate-forme Kappa, réalisée expressément pour la Solstice et la Sky, est de conception similaire à celle de la Corvette, dans la mesure où les procédés de fabrication sont semblables. Les châssis de ces deux voitures font appel à des éléments hydroformés ainsi qu’à une « colonne vertébrale » centrale, avec le résultat que les Solstice et Sky disposent d’une plate-forme très rigide, gage d’une bonne tenue de route. Le problème, et il est majeur, c’est que les ingénieurs n’ont pas réussi à loger le réservoir d’essence ailleurs que dans le coffre de la voiture !

Le plancher de l’espace cargo présente donc une bosse en plein centre, ce qui fait en sorte que le volume de chargement n’est que de 153 litres, mais surtout que l’on doit loger ses bagages autour de cette fameuse bosse dans le plancher du coffre. Vous pouvez donc oublier l’idée d’y transporter votre sac de golf. C’est encore pire si vous décidez de rouler à ciel ouvert, puisque le toit souple se replie justement dans le coffre, réduisant l’espace de chargement à 60 litres, c’est-à-dire presque rien…

Côté pratique: zéro

Et puisqu’il est question du toit souple, sachez que l’action de le retirer ou de le remettre en place exige toute une série de manipulations qui peuvent être effectuées par une seule personne en environ trente secondes, mais disons qu’il est pas mal plus facile de décapoter ou de recapoter une Mazda MX-5, puisque cela peut se faire en roulant en basse vitesse alors que les Solstice et Sky doivent être à l’arrêt parce qu’il faut d’abord ouvrir leur coffre. De plus, le côté pratique de la MX-5 ne souffre pas d’avoir un toit rétractable ; le coffre est toujours d’une capacité de 150 litres, son toit souple ne se repliant justement pas dans le coffre.

Ce qui est particulièrement navrant dans le cas des Solstice et Sky, c’est que les ingénieurs disposaient d’une page totalement blanche pour créer la plate-forme de ces nouveaux roadsters. Ils n’avaient donc pas à composer avec l’utilisation d’une plate-forme existante exigeant des compromis quant à la localisation d’éléments clés comme le réservoir de carburant. Comment en sont-ils quand même arrivés à un résultat aussi déficient ? Mystère et boule de gomme… Vous me direz que le côté pratique ne figure pas au sommet des priorités pour la catégorie des roadsters, ce que je vous accorde volontiers. Cependant, on s’attend à ce que les plus récentes voitures d’une catégorie offrent au moins le même standard que la rivale directe, ce qui n’est pas le cas avec les Solstice et les Sky.

Sur la route

Au volant des modèles de base, la tenue de route impressionne en raison des pneus surdimensionnés, mais c’est à peu près tout, car le moteur de 173 chevaux n’offre pas des performances à tout casser. Il vaut mieux choisir la version GXP chez Pontiac ou Red Line chez Saturn, dont le moteur turbocompressé développe une puissance de 260 chevaux tout en offrant une meilleure consom mation de carburant que le moteur du modèle de base, du moins lorsqu’il est jumelé à la boîte manuelle. Cette boîte a été développée par Aisin, qui a également réalisé la boîte de la Honda S2000, mais celle conçue pour les Solstice et Sky demande curieusement un peu plus d’efforts de la part du conducteur.

Intérieur navrant

Côté style, les Solstice et Sky sont plutôt réussies et exercent un pouvoir d’attraction qui est bien réel, mais en montant à bord, on ne peut être que déçu par la présentation intérieure et les plastiques bon marché, sans parler du fait que les sièges en cuir n’offrent à peu près pas de soutien latéral en virages, ce qui est un autre point faible dans le cas d’un roadster. C’est donc par un constat mitigé que se solde l’essai du roadster de General Motors. D’un côté, on est séduit par le style, par les performances du moteur turbocompressé ainsi que par la tenue de route performante. Mais on ne peut que regretter que GM n’ait pas su mettre à profit ces éléments positifs en poursuivant le travail sur les éléments déficients de la voiture. Avec une page blanche comme point de départ, les Solstice et Sky auraient pu connaître un succès sur toute la ligne, mais ce n’est malheu reusement pas le cas.

FEU VERT

Style réussi
Châssis rigide
Puissance (modèles GXP et Red Line)
Bonne tenue de route

FEU ROUGE

Zéro côté pratique
Manipulation du toit inutilement complexe
Puissance faible (modèles de base)
Manque de rangements

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