Nissan Maxima, pourtant une bonne routière !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

La Nissan Maxima a connu ses heures de gloire il y a quelques années, mais il faut avouer que la dernière génération n’a pas eu autant de succès. Malgré un comportement intéressant, elle disposait de peu d’arguments convaincants par rapport à la concurrence et ses lignes, surtout l’arrière, n’avaient rien pour nous emballer. Voilà que cette année, le constructeur nous présente une nouvelle Maxima censée raviver l’intérêt des acheteurs.

Cependant, on ne peut pas que jeter le blâme que sur le constructeur afin d’expliquer les baisses de ventes de la précédente génération. Depuis quelques années, la Maxima a dans les pattes la Altima, un modèle qui peut être équipé du même moteur V6 et dont la taille s’apparente fortement à celle de la Maxima. De plus, la division de luxe Infiniti nous propose la G35, une berline drôlement intéressante également. De plus, nombre d’acheteurs se sont aussi laissé tenter par les VUS multisegments du constructeur ou par ceux de la concurrence. Voilà qui ne rend pas la vie facile à la Maxima. Quant à ses plus proches rivales, on peut mentionner l’Acura TL, la Toyota Avalon et la Lexus ES350. Dans l’automobile, il n’y a pas que la qualité d’un produit qui compte. Il y a aussi son positionnement.

Moteur V6 et traction

Pour ce faire, Nissan a décidé de recourir à nouveau à une configuration de traction, laissant ainsi le champ libre à Infiniti qui de son côté utilise une plate-forme à propulsion. Si la Maxima disposait dans le passée de son propre châssis, elle a recours une fois de plus cette année à la plate-forme D de Nissan, la même qui est utilisée pour la Altima et le Murano. Le constructeur a voulu utiliser l’avantage de la traction tout en favorisant au passage l’espace intérieur. Cependant, il demeure rare de nos jours de voir une berline de luxe axée sur les performances utiliser cette configuration. On opte maintenant pour la propulsion, un mode qui maximise l’efficacité et les performances.

Sous le capot de la Maxima 2009, on retrouve le même moteur V6 de 3,5 litres que pour la précédente génération, un moteur utilisé largement chez le constructeur. Les ingénieurs lui ont insufflé un peu plus de puissance, soit 35 chevaux de plus, ce qui fait passer la puissance de 255 à 290 chevaux et le couple de 252 à 261 lb-pi. Ce moteur figure toujours sur la liste des meilleurs moteurs au monde et en plus il est très fiable.

Voilà qui positionne la Maxima au dessus de plusieurs rivales avec cette puissance et donne un bon argument en sa faveur. Ce moteur est combiné à la dernière génération de boîte à variation continue du constructeur. Cette boîte se révèle fort agréable et elle recrée bien le comportement d’une boîte conventionnelle. Sans l’avouer, les constructeurs misent beaucoup sur les boîtes CVT puisqu’elles permettent d’obtenir une économie de carburant appréciable, à peu de frais. Et ajoutons que Nissan est l’un des constructeurs qui privilégie cette transmission que plusieurs considèrent comme la solution de l’avenir. Dans le contexte actuel, les chiffres de consommation sont scrutés à la loupe et la CVT est un atout non négligeable dans cette lutte à l’économie d’essence. Plusieurs constructeurs doivent avouer un constat d’échec avec ce type de boîte, mais Nissan et Audi nous démontrent leur potentiel avec brio.

À l’extérieur, la Maxima dispose d’une nouvelle identité, apportant plusieurs différentiations visuelles par rapport à la Altima. Nissan fait appel au concept « Liquid Motion » une idéologie de style procurant à la Maxima des lignes fluides. Au premier regard, il est difficile de tomber en amour avec la Maxima, mais on s’habitue rapidement à son nouvel habit. L’avant dispose d’une nouvelle grille, mais ce sont surtout les phares qui donnent le ton. Ils se divisent en deux pointes s’étendant dans les ailes. À l’arrière, les feux à diodes ajoutent à son prestige alors que ses larges épaulements lui donnent toute une prestance. Les versions équipées de l’ensemble sport sont encore mieux réussies, notamment en raison du béquet à l’arrière. Ce dernier change la voiture du tout au tout et correspond davantage à l’image qu’on veut dégager avec cette berline, à savoir une automobile à vocation exclusive et sportive à la fois.

Habitacle soigné

À l’intérieur, on découvre un habitacle profitant d’une excellente finition et dont l’ergonomie est sans reproche. Le tout est d’ailleurs très similaire à ce que l’on retrouve chez Infiniti. Il ne manque que l’horloge analogique ovale pour tromper quiconque n’aurait pas aperçu le logo Nissan sur le volant. On apprécie la disposition des commandes alors que le groupe d’instrumentation sport offre une bonne lisibilité tout en s’avérant agréable à l’oeil. Un des premiers éléments qui m’a fait apprécier cette nouvelle génération est sans contredit la position de conduite. La colonne de direction télescopique nous permet de bien nous positionner, alors que le volant sport offre une bonne prise en main. Les sièges sont dotés d’un bon niveau de support et s’avèrent très confortables. Bref, on est rapidement à l’aise et on a un bon sentiment de contrôle. À l’arrière, deux adultes pourront prendre place dans un confort similaire aux places avant. Les sièges sont enveloppant et offrent un bon maintient latéral, un élément peu fréquent pour des sièges arrière. Cependant, le siège du milieu en souffre et ce dernier conviendra difficilement à un adulte, puisque qu’il est étroit et que sa hauteur laisse peu de dégagement à la tête.

Dynamiques emballantes

Nissan a réduit l’empattement, la longueur et la hauteur de la voiture. Plus compacte et plus large, la Maxima dispose ainsi de dynamiques améliorées, le tout bien appuyé par une suspension recalibrée. Les ingénieurs ont aussi logé le moteur un peu plus bas tout en équilibrant la longueur des arbres de transmission, apportant une réduction importante de l’effet de couple. Voilà un irritant de la précédente génération qui a été bien travaillé et qui rend le compromis de la traction un peu plus acceptable. Nombre de constructeurs ayant opté pour la traction dans le créneau des berlines sport n’ont pas réussi à s’imposer. On pense notamment ici à Acura et sa TL. Cette dernière est également toute nouvelle cette année et elle propose en option son rouage intégral SH-AWD qui se prête fort bien à la conduite sportive. Puissant, le moteur V6 permet de lancer la Maxima avec vigueur tout en offrant une riche sonorité. Voilà un élément qui semble toujours réussi chez Nissan. La boîte CVT de part sa nature tire bien profit de la puissance disponible et son mode sport nous permet d’étirer quelque peu les régimes. Les palliers situés derrière le volant facilitent son contrôle tout en rehaussant quelque peu le plaisir de conduite.

La direction à crémaillère à assistance variable en fonction de la vitesse a été empruntée au coupé 350Z, ce qui procure un conducteur une bonne sensation de contrôle. La direction offre juste le bon niveau d’assistance, nous permettant de nous sentir bien connectés à la route, sans toutefois déployer trop d’effort. On apprécie également la prise en main du volant. Les freins à disque ABS aux quatre roues sont plus mordants et ils sont aussi un peu plus endurants en conduite sportive, notamment en raison de l’ajout de disques ventilés à l’arrière. Difficile de prédire si la Maxima 2009 retrouvera ses lettres de noblesse, mais il faut avouer que la voiture dispose de plusieurs arguments en sa faveur. Son style est agréable, sa conduite emballante et son moteur puissant à souhait. Reste à voir si les acheteurs se laisseront convaincre par une voiture de luxe signée Nissan. L’autre défi du constructeur sera d’éliminer la perception de l’ancien modèle et de mettra au volant les acheteurs afin de les convaincre. Cependant, les habitudes et les perceptions sont très difficiles à changer. Parlez-en aux gens du marketing !

FEU VERT

Puissance et sonorité du V6
Conduite dynamique
Finition soignée
Effet de couple réduit

FEU ROUGE

Boîte manuelle non offerte
Places arrière plus étriquées
Dégagement à la tête réduit

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