Mazda5, changement de moeurs !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Autrefois, les jeunes parents dont les valeurs étaient d’abord axées sur la famille s’affichaient souvent au volant d’une grosse familiale américaine décorée d’appliques de similibois. Par la suite, on est passé dans les années quatre-vingt à l’ère de celle qu’on surnommait l’Autobeaucoup, la fourgonnette. Et depuis une dizaine d’années, ce sont les utilitaires sport et multisegments qui ont la cote. Mais il existe un autre type de véhicule très tendance (appelé monospace par nos cousins français) qui séduit depuis quelques années les jeunes familles. Et la Mazda 5 en fait partie !

Certes, on ne peut offrir dans un véhicule dérivant de la Mazda 3 l’habitabilité d’une Dodge Grand Caravan ou d’un GMC Acadia. Cependant, vous aurez remarqué que la plupart de ceux qui se procurent de tels véhicules n’exploitent pas tout l’espace dont ils disposent. Alors, à quoi bon dans ce cas s’encombrer d’un véhicule aussi volumineux ? D’autant plus que, vous vous en doutez, ces mastodontes consomment de façon considérable.

La Ronde ou la station-service ?

Plusieurs parents rationnels ont donc compris qu’il est préférable de se payer une belle journée familiale dans un parc d’attractions que de brûler inutilement du carburant. À titre d’exemple, en considérant que la Dodge Grand Caravan consomme 4 litres de carburant de plus que la Mazda 5 par tranche de 100 km, et que si le litre se vend à 1,25 $, l’utilisateur moyen économisera annuellement 1 000 $. Et Dieu sait qu’aujourd’hui, un petit montant supplémentaire dans nos poches n’est pas de refus !

Naturellement, papa et maman n’auraient pas été séduits par la Mazda 5 en aussi grand nombre si le véhicule avait affiché une ligne moche. Mais les stylistes de Mazda ont su, comme avec la Mazda 3, attirer les foules grâce à un joli coup de crayon. Les lignes fuyantes, sportives et fort élégantes permettent donc de faire oublier qu’il s’agit en réalité d’une fourgonnette en format de poche. En fait, le seul élément qui trahit esthétiquement le véhicule consiste en ce rail visible sur chacune des ailes arrière, servant au mécanisme des portes coulissantes. Mais il s’agit là d’un bien petit prix à payer lorsqu’on sait à quel point ces portières peuvent s’avérer pratiques. Bébé dans un bras, sac à couches dans l’autre, vous verrez qu’éviter de se battre avec l’encombrement d’une portière, c’est un charme. D’autant plus qu’avec la version GT, elles coulissent et se referment de façon automatique. Quel bonheur !

Offrant en théorie six places, il serait plus juste d’affirmer que la Mazda 5 propose quatre places très confortables et une banquette de dépannage qui, lorsqu’en position relevée, réduit l’espace cargo à un volume de chargement à peine supérieur à celui d’une smart. Heureusement, la troisième banquette qui se rabat à plat offre l’avantage d’être divisée à la façon 50/50, pour une plus grande modularité.

Derrière le volant, le conducteur retrouve une position de conduite extrêmement agréable, rendue possible par un siège à hauteur réglable et un volant inclinable et télescopique. Les sièges avant sont confortables, la visibilité est sans faille et l’espace disponible est très généreux, quel que soit votre gabarit. Sachez également que les espaces de rangement à l’avant sont non seulement nombreux, mais aussi bien disposés. Et Dieu merci, on a remplacé l’instrumentation verdâtre par quelque chose de plus moderne, à l’image du véhicule.

Des gènes de Mazda3

La Mazda5 dérive directement de la compacte Mazda 3, qui connaît depuis son arrivée un succès fulgurant. Qu’il s’agisse donc du groupe motopropulseur, de la suspension, de la direction ou de la plate-forme, tout est repris de la Mazda 3. Mécaniquement, on utilise ici le moteur 2,3 litres des versions haut de gamme de la Mazda 3. Ses 153 chevaux sont plus aptes à traîner le surplus de poids engendré par cette carcasse de fourgonnette. Les performances n’ont évidemment rien d’envoûtant, mais le moteur souple et bien en verve n’a aucune réticence à monter en régime. On peut donc bénéficier d’accélérations honnêtes et de bonnes reprises. Et c’est encore plus vrai depuis l’an dernier, soit depuis l’apport de la nouvelle boîte automatique à cinq rapports, drôlement mieux adaptée. À ceux qui préfèrent toutefois jouer du levier, ne vous en faites pas, la manuelle est aussi offerte. Les gènes de Mazda 3 se font aussi sentir sur la route, où la Mazda 5 s’exprime brillamment.

Bien sûr, la répartition de poids diffère, comme le centre de gravité, ce qui explique pourquoi on ne retrouve pas ici le même degré d’agilité que la petite soeur. Néanmoins, la Mazda 5 étonne par sa maniabilité et sa tenue de route. Pour cela, remercions la direction précise et la suspension bien calibrée. Sur une note moins positive, mentionnons cependant que l’insonorisation n’est pas exceptionnelle et que les bruits de route se font passablement entendre.

La seule option ?

Non. Sachez que Kia propose un produit de la même trempe (la Rondo), un peu moins dynamique mais tout aussi intéressant. Et il ne serait pas surprenant de voir arriver d’autres joueurs dans ce segment.

FEU VERT

Polyvalence en format de poche
Conduite passablement dynamique
Ligne séduisante
Groupe motopropulseur bien adapté

FEU ROUGE

Climatiseur en option
Banquette arrière pour dépanner
Traction intégrale non offerte
Insonorisation perfectible

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