Jeep Commander, pour une dernière fois ?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Une des premières victimes de la hausse des coûts du carburant a été le Jeep Commander, un utilitaire sport intermédiaire de gros calibre dont on a déjà annoncé le retrait. En réalité, il n’est pas encore assuré à 100 % que le Commander sera sacrifié à la fin de l’année-modèle 2009, mais comme il n’y a pas de fumée sans feu et que le feu est pris chez Chrysler, les possibilités sont très, très grandes qu’il s’agisse de la dernière apparition du Commander en ces pages. Plusieurs personnes, surtout aux États-Unis, vont pleurer le Commander. Au Québec, on ne devrait pas en trouver beaucoup !

Si, l’an prochain, le Commander ne fait plus partie de la gamme Jeep, il ne faut pas associer cette disparition uniquement aux prix de l’essence. Tout d’abord, ce véhicule n’a jamais été, et ce n’était pas sa mission, un « gros » vendeur. Aussi, le fait qu’il soit à peu près de la même dimension que le Grand Cherokee et qu’il lui ravisse sans doute plusieurs ventes ne vient pas l’aider. Et dans le contexte actuel, chez Chrysler tout ce qui n’est pas rentable doit prendre la porte. Ce qui vient donner davantage de poids à la théorie du départ du Commander avancée plus tôt.

Quoi qu’il en soit, le Jeep Commander n’est jamais passé inaperçu. Ses dimensions sont certes impressionnantes mais ses angles vifs et son allure de congélateur sur roues le font paraître encore plus gros. Les grosses, inutiles mais jolies poignées verticales qui courent le long du hayon, les gros phares carrés et le pare-brise quasiment vertical se foutant royalement des principes de base de l’aérodynamique ajoutent à cet aspect robuste tout en donnant au Commander davantage de personnalité.

Version sport ? Faites-moi rire !

Le Commander se décline en deux versions, Sport et Limited. Le moteur de base de ces deux versions est un V6 de 3,7 litres de 210 chevaux et 235 livres-pied de couple. Ayant pour cruel mandat de déplacer une masse de près de 2 300 kilos, inutile de dire que ce moteur n’a absolument rien à avoir avec la pompeuse appellation « Sport » que portent les flancs du Commander. Et il n’a, non plus, aucune affinité avec le haut de gamme que suppose le « Limited » ! Heureusement, il y a la feuille des options qui propose un V8 de 4,7 litres de 305 chevaux et 334 livres-pied de couple ou un Hemi de 5,7 litres 357 équidés et 389 livres-pied. Ce dernier moteur donne des ailes au Commander. Comme ptérodactyle, c’est dur à battre ! Mais si l’oiseau de la préhistoire mangeait sans doute beaucoup pour pouvoir survivre, le Hemi, une autre sorte de moineau, a besoin d’une quantité incroyable d’essence pour bien faire son travail. Et croyez-le ou non, sa puissance a été augmentée cette année ! En réalité, le 4,7 litres fait parfaitement l’affaire dans la plupart des situations tout en consommant beaucoup plus raisonnablement.

Pour unir ces moteurs au rouage 4x4, Jeep a fait appel à une transmission à cinq rapports. Dans le cas des deux V8, il est possible de changer les rapports manuellement. Alors que les Américains ont droit à une version propulsion du Commander, seul le 4x4 est proposé chez nous. Pour ce qui est du V6 et du V8 de 4,7 litres, on retrouve un rouage intégral Quadra-Trac I qui ne demande aucune intervention du conducteur. Le 5,7 litres, lui, a droit au Quadra-Trac II, un autre rouage intégral mais plus sophistiqué que le premier. Son boîtier de transfert permet de remorquer le Commander derrière un VR, par exemple. En option sur ce 5,7 litres, il y a le Quadra-Drive II, un vrai système 4x4 avec une gamme basse qui permet une meilleure traction, peu importe la surface. Il y a même des plaques de protection sous le châssis. Mais n’allez surtout pas croire qu’un Commander doté du basique Quadra-Trac I soit démuni devant un trou de boue.

Vous pourriez être surpris, même s’il ne porte pas l’écusson « Trail Rated » comme les autres. Et pourtant, bien peu de personnes s’aventurent hors des sentiers battus. Si le V6 ne peut remorquer plus de 1 600 kilos (3 500 livres), le 4,7 peut en tirer 3 000 (6 500 livres) et le 5,7 jusqu’à 3 300 (7 200 livres). Pas besoin de vous faire un dessin. Le Jeep Commander n’a rien d’un sportif sur la route et la première courbe prise le moindrement rapidement fait inévitablement pencher la caisse. Les suspensions, indépendante à l’avant et à essieu rigide à l’arrière réussissent le tour de force d’offrir trop de débattement tout en étant trop fermes dans certaines conditions. La direction ne brille pas par sa précision ni par son retour d’information. Lors d’un freinage d’urgence, on se demande si le pare-chocs avant n’ira pas frotter contre la chaussée tant le transfert de poids vers l’avant est important.

Si gros, si petit

Un des objectifs des concepteurs du Commander était d’offrir à la clientèle un 4x4 à sept places. Pour y arriver, ils ont pris le châssis du Grand Cherokee qu’ils ont allongé. On se retrouve donc avec un véhicule sept places mais on semble avoir oublié qu’avec autant de personnes, ça prend de l’espace pour leurs bagages. Quand tous les sièges sont relevés, il n’y a que 170 litres disponibles. Ça, c’est même moins que le coffre d’une Volkswagen New Beetle décapotable qui, à ce niveau, est la risée de l’industrie dans le domaine… Le Commander en est sans aucun doute à ses dernières heures. Avec tous les problèmes qui assaillent Chrysler présentement, son départ est souhaitable. Désolé pour les nombreux amateurs de Jeep mais le Commander est devenu une nuisance pour Chrysler.

FEU VERT

Macho indestructible
Confort relevé
Capacités hors route étonnantes
V8 4,7 litres bien adapté
Rayon de braquage très court

FEU ROUGE

Fin de carrière imminente
Consommation outrageuse (Hemi)
Coffre très petit (tous sièges relevés)
Direction trop déconnectée
Sensibilité aux vents latéraux

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