Scion tC 2016: Prochain!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Lorsque la marque Scion est débarquée au pays à l’automne 2010, tous les espoirs étaient permis. Certes, les modèles xB et xD étaient déjà dépassés au chapitre du raffinement, mais le coupé tC, sans être un parangon de peaufinage, pouvait espérer un meilleur avenir que ses deux comparses. C’est ce qui est arrivé, et des trois modèles initialement présentés, seul le tC demeure. 

Même après toutes ces années, une éternité et demie dans le domaine de l’automobile, le physique de la tC est encore d’actualité et les couleurs proposées lui vont à ravir. L’habitacle accuse davantage son âge. La qualité de certains plastiques est franchement désolante et l’instrumentation est réduite à sa plus simple expression. Le volant, par contre, se prend bien en main et les commandes sont faciles à utiliser, sauf celles de la radio qui demandent un certain temps d’acclimatation. Temps d’acclimatation, immobile dans la cour du concessionnaire, avant de prendre la route pour la première fois. Pas en farfouillant du doigt, un œil sur la radio et l’autre accroché à l’arrière du véhicule qui précède… 

Les sièges avant s’avèrent confortables et trouver une position de conduite idéale ne cause pas de problèmes. Même les places arrière font dans le douillet et l’espace est étonnamment grand pour un coupé. Il est certain qu’après une heure sur une route le moindrement cahoteuse, vous pourriez avoir une autre opinion de ces places arrière… Le coffre n’est pas tellement grand à cause du hayon très incliné mais, encore là, il faut relativiser. Après tout, on n’achète pas un coupé pour faire du déménagement. La visibilité tout le tour, on s’en doute, n’est pas particulièrement bonne. 

Bof…

La tC est mue par un quatre cylindres de 2,5 litres développant 179 chevaux, une écurie suffisante pour traîner les quelque 1 400 kilos qui lui sont imposés. Deux boîtes à six rapports sont proposées, une automatique qui peut être commandée par des palettes placées derrière le volant et une manuelle. Les roues motrices sont à l’avant. 

Sans être un monstre de puissance, le 2,5 litres se débrouille bien, autant en accélération qu’en reprises. Les rapports de la boîte manuelle sont bien adaptés mais, malheureusement, il faut être prêt à se battre avec un levier à la course un peu trop longue et un embrayage qui manque nettement de corps. L’automatique est plus agréable à utiliser, que ce soit en ville ou sur la grand-route où elle permet au moteur de tourner à un régime suffisamment bas pour ne pas obliger le conducteur et ses passagers à utiliser des bouchons pour les oreilles. Attention toutefois… Si on active le mode manuel alors qu’on roule à 100 km/h, cette boîte rétrograde du sixième au quatrième rapport, faisant dramatiquement augmenter le régime du moteur, ce qui est désagréable, mais qui pourrait aussi causer une surprise sur une chaussée glissante. Peu importe la transmission, il serait surprenant de pouvoir s’en tirer sous les 9,0 l/100 km en conduite normale, ville/route. Une moyenne sous les 8,0 l/100 km serait nettement plus acceptable.

On s’en reparle l’an prochain

Malgré ses allures de matamore, la tC n’est pas une voiture sportive. Sa direction est précise quoique trop assistée et les suspensions contribuent à assurer une bonne tenue de route et un bon niveau de confort… quand le revêtement est impeccable. Lesdites suspensions ont plus de difficultés et brassent passablement les occupants quand la chaussée ne coopère pas. Et on sait qu’au Québec, nous n’avons pas la chaussée très coopérative. C’est là qu’on se rend compte que même si le moteur était plus puissant, cela ne servirait à rien, le châssis étant utilisé au maximum de ses capacités. Et ce ne sont surtout pas les accessoires TRD qui vont y changer quoi que ce soit. Les ressorts courts, par exemple, ne font que ravager le confort. Si le châssis était suffisamment rigide, sans doute que ces ressorts ne seraient même pas offerts… Quant à l’échappement TRD, j’imagine qu’il est commandité par une compagnie se spécialisant dans les appareils auditifs.

La Scion tC est constituée d’éléments qui, séparément, fonctionnent bien mais qui, une fois réunis, manquent de conviction. Mal servie par une marque méconnue, la tC n’en a sans doute que pour quelques mois à vivre, reléguée dans l’ombre par la sportive FR-S et par la toute nouvelle iM. On s’en reparle l’an prochain…

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