Mercedes-Benz Classe GL 2016: Tradition allemande oblige

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

En novembre 2014, Mercedes-Benz annonçait qu’elle allait renommer plusieurs de ses modèles dans le but de mettre un peu de logique dans sa (large) gamme de véhicules. Par exemple, le Classe GL deviendra le GLS puisqu’il est construit à partir de la plate-forme de la luxueuse berline Classe S. Cette année, le GL conserve son nom, mais d’ici quelques mois, les rumeurs parlent du Salon de Los Angeles en novembre prochain, une nouvelle génération devrait être présentée et le S viendra s’ajouter à la nomenclature. 

Ces précisions sémantiques apportées, soulignons que le GL est le plus imposant VUS de Mercedes-Benz. Il suffit de monter à bord pour s’en rendre compte. Ou de le stationner en parallèle sur Saint-Denis. Pourtant, dans le petit monde des immenses VUS de luxe, il est l’un des plus chétifs. Chétif n’est peut-être pas le bon mot, remarquez… Il est plus court que le Cadillac Escalade, que l’Infiniti QX80 et que le Lincoln Navigator. En toute logique, son coffre est aussi l’un des moins logeables. À peine 295 litres lorsque les dossiers de la troisième rangée sont relevés et 2 300 quand tous les dossiers sont baissés. On peut quand même se perdre si l’on s’y aventure sans boussole, mais on sera retrouvé par les secours plus rapidement que dans un Navigator.

Allemand jusqu’au bout des pneus

Comme dans tout produit Mercedes-Benz, le tableau de bord est d’une logique à faire trembler un champion d’échecs et, avec les années, les designers lui ont apporté des inserts chromés et des boiseries qui lui donnent un début de chaleur. Il va sans dire que les matériaux sont à la hauteur du prix demandé (à partir de 78 500 $) et que la qualité de construction est à l’avenant. Les jauges se consultent aisément mais, tradition allemande oblige, certaines commandes, comme le levier du régulateur de vitesse, sont d’une inutile complexité. Au moins, on peut se consoler d’être assis dans des sièges fermes mais très confortables, tradition allemande oblige, bis. Les sièges de la deuxième rangée méritent les mêmes qualificatifs. Étonnamment, ceux de la troisième rangée aussi.

Tradition allemande oblige, bis fois 3, il aurait été impensable que Mercedes-Benz n’ait qu’un ou deux moteurs pour son GL. Non. Il y en a quatre. Celui de base est un V6 de 3,0 litres turbodiesel. Si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas, Mercedes offrirait ce seul moteur que 95 % des propriétaires de GL seraient parfaitement heureux tant il fait du bon boulot. Son couple élevé (455 livres-pied, c’est pas rien) obtenu entre 1 600 et 2 400 tr/min (ça non plus, c’est pas rien) assure des reprises vigoureuses, une consommation étonnamment faible et une capacité de remorquage de 7 500 livres (3 400 kilos). Exception faite d’un accélérateur bien peu progressif, une tare qui affecte aussi plusieurs produits Mercedes-Benz, il n’y a pas grand-chose à redire. Si le prix du diesel acceptait de coopérer le moindrement, ce serait vraiment apprécié…

Le turbodiesel les domine

Le GL 450, lui, reçoit un V6 de 3,0 litres biturbo à essence de 362 chevaux qui accélère certes plus rapidement, mais qui engloutit de l’essence super assez rapidement aussi… D’aucuns voudront se démarquer en optant pour le GL 550 doté d’un V8 de 4,6 litres, développant 429 chevaux. Ceux qui désirent des accélérations de coupé sport seront servis à souhait. Mais, franchement, tant qu’à gaspiller son argent avec un GL 550, pourquoi ne pas aligner un petit 30 000 $ de plus et acheter le GL 63 AMG qui propose un V8 déballant 550 chevaux et 560 livres-pied de couple? Au moins, son propriétaire jouira d’accélérations de dragster accompagnées d’une symphonie exquise, tout en jouissant du luxe propre à un véhicule coûtant 130 000 $. Et il est même possible que le président de Shell l’appelle chaque année pour lui souhaiter bonne fête. Toutes les variantes bénéficient de l’excellent rouage intégral 4MATIC et d’une boîte automatique à sept rapports qui se fait oublier tellement elle fait bien son job. Le 63 AMG a droit à une transmission plus sportive. 

Le GL est un gros véhicule, balourd en virage, à la direction peu précise et qui n’aime pas se faire bousculer préférant, de loin, les autoroutes aux centres-villes ou aux petites routes sinueuses. Évidemment, le 63 AMG fait partie d’une catégorie à part et est nettement plus déluré. Cependant, il pèse près de 2 600 kilos. Il a beau être doté d’un moteur ultrapuissant et de suspensions raffermies, les lois de la physique demeurent.

Comme mentionné au début, le GL fera bientôt l’objet d’une refonte et il deviendra, par la même occasion, un GLS. À suivre sur www.guideautoweb.com.

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