Infiniti QX56 2009, bientôt un vrai Japonais!

Points forts
  • Forte personnalité
  • Moteur puissant
  • Bonne capacité de remorquage
  • Confort de haut niveau
  • Équipement complet
Points faibles
  • Très forte dépréciation
  • Appétit de carburant gargantuesque
  • Roulis considérable en virage
  • Finition intérieure inférieure à la moyenne
  • Modèle en fin de carrière
Évaluation complète

Le plus gros utilitaire de la gamme Infiniti, le QX56, a été introduit en 2004, soit quelques temps après le véhicule duquel il dérive, le Nissan Armada. Ces deux monstres sont évidemment l'œuvre de stylistes californiens de la marque et n'ont absolument rien de japonais. Ils ont été entièrement conçus en Amérique du Nord, où ils sont également assemblés. Mais voilà, leur carrière sous cette forme est sur le point de s'achever. Et puisque le marché des gros VUS est en chute libre, Nissan a choisi de réorienter son usine du Mississippi, qui les assemble actuellement. Prochainement, cette chaîne d'assemblage accueillera plutôt des véhicules à vocation commerciale. Où sera donc construite la prochaine génération des Armada et QX56? Eh oui, au Japon.

Comme vous, le seul fait de savoir que Nissan donnerait suite à ce modèle m'a surpris. Car lorsqu'on connaît les chiffres de vente de ces deux utilitaires, on se demande bien pourquoi le constructeur persiste à les offrir. Sauf qu'en apprenant qu'ils seraient assemblés au Japon pour ensuite être acheminés chez nous, je suis presque tombé en bas de ma chaise. Et ce n'est pas comme si le constructeur souhaitait implanter ce modèle à l'échelle mondiale. Au contraire, on m'a confirmé que son unique marché demeurerait l'Amérique du Nord.

Difficile pour l'instant de savoir quelle direction prendra cette seconde génération du QX, qui devrait faire son apparition comme année-modèle 2011. D'ici là, le constructeur continuera à nous offrir la version actuelle, un modèle ravageur se démarquant toujours dans le paysage automobile actuel.

Cinq ans et aucune ride

Le QX56, c'est évidemment un style unique, mais aussi une surenchère de chrome et d'accessoires à faire frémir l'Américain moyen. Retouché l'an dernier au niveau de la calandre, il n'a pris aucune ride et conserve une forte personnalité. À ce niveau, Lexus et son LX peuvent aller se rhabiller.

L'habitacle n'a cependant pas la même saveur que chez Lexus, chez qui la qualité de finition et des matériaux est nettement supérieure. Par rapport au Armada, on ne se contente ici que de cuirs plus somptueux, de fausses boiseries et d'une instrumentation supposément plus noble. Bien sûr, l'équipement est également plus généreux, mais ne comptez pas y retrouver de beaux suèdes et de plastiques souples. C'est inférieur à Lexus, mais aussi à Cadillac et Lincoln.

La beauté du QX, c'est qu'il est livrable en une seule version, formule tout incluse. Navigation, sonorisation de haute qualité, système de divertissement, communication mains libres et caméra de recul, tout y est. En fait, il ne vous faudra choisir que la teinte de carrosserie, ainsi qu'entre une banquette trois places ou deux baquets séparés à la rangée centrale. Et à moins que vous n'ayez besoin mordicus de huit places assises, je vous recommande vivement la version à sept passagers. Car à ce moment, le confort à la deuxième rangée devient similaire à celui de la première.

Évidemment, je n'ai pas besoin de vous dire que la QX propose un habitacle carrément immense. En abaissant les sièges, le volume de chargement devient ahurissant. Mais à ce jeu, Lincoln et son Navigator demeurent en tête de liste, ce véhicule étant le seul à profiter d'une suspension arrière indépendante et donc, d'un seuil de plancher plus bas.

Digne d'un muscle car
En tournant la clé et en supposant que vous ayez les yeux fermés, il est facile de s'imaginer au volant de l'un des plus puissants monstres que l'Amérique du Nord n'ait jamais conçu. C'est du moins l'impression qu'il est possible d'avoir à l'écoute du son émis par le système d'échappement. Le gros V8 de 5,6 litres vrombit davantage que celui de tous ses rivaux, histoire de s'assurer que le client ne soit pas dépaysé.

Fort de ses 320 chevaux, ce moteur propose des accélérations et des reprises musclées. Accompagné d'une boîte automatique à cinq rapports, il ne craint pas non plus les travaux ardus, puisqu'il peut remorquer des charges pouvant dépasser les 4 000 kilos. Oubliez toutefois tout espoir de consommer de façon raisonnable, puisque ce VUS est un glouton de première classe. Sans aucune charge et en de belles conditions, prévoyez en moyenne 17,5 litres aux 100 kilomètres. Et l'hiver, c'est au-dessus de 20 litres…

Le QX n'est évidemment pas le véhicule de prédilection pour affronter les sentiers les plus abrupts, étant donné ses dimensions. Toutefois, son système de quatre roues motrices est efficace et permet de composer avec les pires conditions. Sa gamme basse est également pratique et appréciée lorsque vient le temps de sortir un bateau de l'eau, par exemple.

En dépit d'une caisse parfois chancelante en raison de la mollesse des amortisseurs, le véhicule démontre une étonnante maniabilité et une grande souplesse. Le diamètre de braquage demeure raisonnable, le freinage est excellent et la caisse démontre une grande rigidité. Quant aux innombrables craquements et bruits de caisse qui habitaient les modèles 2004 et 2005, ils sont aujourd'hui bien disparus.

Dans l'ombre?

En 2008, le QX aura été, à l'échelle nationale, six fois moins populaire que le Cadillac Escalade et deux fois moins populaire que les Lexus LX et Lincoln Navigator. Disons-le donc franchement, il s'agit du modèle le moins prisé de sa gamme. Son âge y joue sans doute un grand rôle, mais il est clair que sa trop grande ressemblance avec l'Armada lui nuit. D'ailleurs, sachez qu'il s'est vendu 40% plus de QX que d'Armada dans la dernière année, un chiffre qui démontre bien l'intérêt qu'ont désormais les acheteurs pour les VUS pleine grandeur.

Faut-il donc l'éviter à tout prix? Non. Sa fiabilité est aujourd'hui honnête et ses prestations sont toujours très actuelles. Et pour se démarquer sur la route tout en s'imposant, il n'y a rien de mieux. Sachez toutefois que la valeur de revente baisse aussi rapidement que l'aiguille de carburant, ce qui en fait un très mauvais investissement. En revanche, son impopularité vous permettra peut-être de faire une bonne affaire auprès de votre concessionnaire, qui sera plus enclin à négocier que si vous jetiez votre dévolu sur un modèle populaire comme l'EX35.

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