Maserati Quattroporte 2016: Élargir ses horizons

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Croyez-le ou non, la marque Maserati est en train de devenir grand public. Chez nos voisins du Sud, c’est une Maserati (la Ghibli) qui occupe le deuxième rang des berlines de luxe de plus de 60 000 $ les plus populaires. Elle est devancée uniquement par la Mercedes-Benz Classe E.

Qu’est-ce qui explique cette popularité? La Ghibli est maintenant dotée d’une transmission intégrale, ce qui fait que la passion à l’italienne peut désormais fusionner avec le sens pratique à l’américaine. Et ça fonctionne, comme j’ai pu le constater dans les montagnes enneigées d’Aspen, au Colorado. 

Cela dit, le rouage intégral Q4 de Maserati affiche un fort penchant sportif. Au besoin, il peut appliquer jusqu’à 50 % du couple aux roues avant, mais la répartition par défaut est de 80 % à l’arrière, et elle peut même passer à près de 100 % à partir de 125 km/h. Le système s’est montré très efficace dans la neige et la boue qui entouraient Aspen au début du mois de mars dernier, et il était surprenant de voir l’élégante Maserati suivre des Jeep sur les routes glissantes.

Malgré ce nouveau penchant pratique, la Ghibli S demeure fondamentalement une berline sport italienne. Elle est propulsée par un V6 de 3,0 litres biturbo relié à une boîte automatique ZF à huit rapports. Dans la Ghibli de base, ce moteur produit 345 chevaux. En déclinaison S, il livre 404 chevaux et un couple de 406 lb-pi. Quand on met la pédale au plancher, il suffit de 4,8 secondes pour que le gros indicateur de vitesse bleu indique les 100 km/h. Impressionnant, surtout quand on tient compte du poids de la Ghibli (1871 kg) et du fait que la cylindrée du moteur n’est que de 3,0 litres.

La frugalité de ce moteur a de quoi impressionner, également. J’ai obtenu une moyenne de 8,4 l/100 km en roulant de l’aéroport international de Denver jusqu’à Aspen à une vitesse moyenne de 130 km/h. En plus, il s’agit d’une route qui monte presque continuellement, pour culminer à 2400 m. 

La Quattroporte

La Quattroporte est aussi offerte avec une transmission intégrale, mais seulement dans sa déclinaison de base avec moteur V6. La version supérieure GTS est propulsée par un V8 biturbo de 3,8 litres qui livre 523 chevaux, et un couple de 524 lb-pi, directement aux roues arrière. C’est beaucoup de chevaux pour seulement deux pneus... Contrairement à la Ghibli S Q4, la GTS ne verra donc probablement pas beaucoup de bancs de neige.

Sur les routes des canyons, la Quattroporte GTS a ce qu’il faut pour rivaliser avec les autres berlines quatre portes sportives les plus rapides. Elle accepte beaucoup plus facilement de se faire balancer d’un côté à l’autre qu’une Mercedes Classe S (même avec la suspension active) ou que la BMW Série 7 au comportement étonnamment mollasson. Bien sûr, elle sautillera sur les routes cahoteuses, mais vous aurez le plaisir de piloter un pur-sang italien en version quatre portes (si vous voulez vous faire dorloter, optez plutôt pour la somptueuse Jaguar XJ).

Des intérieurs cossus

Design italien oblige, les Ghibli et Quattroporte sont dotées d’intérieurs opulents avec des cuirs particulièrement souples et des garnitures de bois de très bon goût. Par contre, la Quattroporte pousse la note un peu trop loin à mon avis avec une légère surabondance de chrome. De plus, les sièges sont anormalement larges et ils manquent de support latéral. On dirait que Maserati les a pris chez Buick.

Ou chez Chrysler, ce qui serait plus logique compte tenu du fait que la célèbre marque italienne est la propriété de de FCA et sous la férule de Sergio Marchionne. C’est d’ailleurs pourquoi on retrouve à bord un clone du système d’infodivertissement Uconnect de Chrysler, un des meilleurs de l’industrie. Certains boutons sont très semblables, mais pour le reste, on ne sent pas d’autres influences américaines. 

Il y a aussi quelques particularités à l’italienne. Par exemple, les palettes de changement de vitesse au volant sont grandes comme des oreilles d’éléphant. De plus, le levier de la console était parfois particulièrement récalcitrant dans les deux voitures : en voulant passer de la position Drive à Reverse, on se retrouvait souvent au point mort ou en position Park. Étrange tout de même qu’une commande si simple devienne si compliquée pour Maserati.

Cela mis à part, toutefois, les caprices sont mineurs et on les oublie facilement au profit du plaisir, du style et de la passion qui viennent avec la conduite d’une Maserati. Ces nouvelles machines sont de merveilleuses berlines sport italiennes. Et ce sont aussi de bonnes autos tout court.

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