Nissan Pathfinder 2016: La passion a disparu

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Voyant les parts de marché du Pathfinder fondre comme neige au soleil,  Nissan a pris le taureau par les cornes pour éviter qu’il disparaisse des écrans radars. Reconnu jadis comme étant l'un des meilleurs baroudeurs de l'industrie, il a dû s'adapter à la popularité grandissante des véhicules multisegment. Pour survivre, il a laissé son rival de toujours, le Toyota 4Runner, fin seul dans le créneau des VUS tout terrain pour se jeter tête première dans l'arène du Toyota Highlander. Du coup, il a retrouvé des anciens compagnons de route comme les Ford Explorer et Jeep Grand Cherokee qui se sont également convertis à ce nouveau dogme automobile.

Pour faire le grand saut, le Pathfinder a dû se départir de ses attributs naturels de « 4x4 » comme son châssis en échelle, son boîtier de transfert et sa suspension à long débattement. Reposant désormais sur un cadre monocoque qu'il partage avec son cousin QX60 d'Infiniti et la défunte fourgonnette Nissan Quest, cette transformation lui permet d'offrir un habitacle plus convivial et un comportement routier moins rustique qu'auparavant. Mais à quel prix?

Il est vrai que l'ancien Pathfinder manquait de finesse et que la consommation n'était pas sa priorité, mais il avait une personnalité propre à lui. Dans sa nouvelle configuration, le Pathfinder ne manque pas d'attrait, mais il n'arrive pas à se démarquer des autres produits sur le marché. Au niveau esthétique, sa silhouette n'est pas aussi futuriste que le nouveau Murano et son look générique s'assimile à la concurrence. À vrai dire, cette nouvelle génération surfe sur la réputation de ses aïeuls pour conquérir de nouveaux acheteurs. Mais entendons-nous bien : le Pathfinder n'est pas un mauvais véhicule, c'est juste qu'il ne soulève plus les passions comme autrefois. On aurait préféré que les stylistes fassent preuve d’audace dans la confection de la carrosserie.

Toujours un « 4x4 »

On achète désormais un Pathfinder pour transporter la famille et non plus pour prendre la clef des champs. Néanmoins, il conserve des capacités hors route qui surpassent la majorité de ses rivaux. La transmission intégrale intuitive de Nissan permet au conducteur de choisir le mode 2RM (traction) pour profiter d'une économie d'essence, et le mode « Auto » qui active les quatre roues motrices en ajustant la répartition de la puissance entre les roues avant et arrière selon les conditions de la chaussée. Quand les conditions routières se détériorent, le mode « Lock » optimise la motricité dans la neige, la boue ou le gravier. Malgré la présence de ce dispositif, le Pathfinder préfère rouler sur les grands boulevards que de s'enliser dans une tourbière, où sa faible garde au sol expose les bas de caisse et organes mécaniques à des bris.

Sur les autoroutes, le Pathfinder est plutôt ennuyeux et donne l'impression d'être au volant d'une fourgonnette. Les réglages de la direction et des suspensions visent à agrémenter le confort au détriment de la conduite. Les pneus et jantes de 20 pouces (en option) donnent l'illusion qu'il offre un comportement routier aussi sportif que le Murano. Mais détrompez-vous, il est moins agile que son petit frère et préfère emprunter les longues lignes droites que les routes sinueuses.

Pour les manœuvres dans les stationnements étroits ou la conduite hors route, le diamètre de braquage pourrait être plus court.

Malgré les hésitations de la boîte CVT et la présence d'un mode « L » sur le sélecteur du levier de vitesse, les 260 chevaux du V6 de 3,5 litres sont capables de tirer un poids de 2 268 kilos. Quant à la motorisation hybride combinant un quatre cylindres de 2,5 litres (230 chevaux) et un moteur électrique de 15 kW (20 chevaux), elle a été rayée du catalogue. Des tarifs trop élevés et la baisse du prix de l'essence ont eu raison de ce modèle. 

L'âme d'une fourgonnette

Même s'il parait moins imposant qu'il ne l'est en réalité (il mesure plus de 5 mètres), le Pathfinder peut accueillir sept passagers en tout confort. On pourrait même croire qu'il est responsable de la disparition de la Quest tellement il représente une alternative fort louable aux fourgonnettes. Comparativement à l'ancien modèle, il est maintenant beaucoup plus facile d'entrer et de sortir du véhicule grâce à la largeur des portières et la faible hauteur du seuil. Les passagers arrière apprécieront le dégagement pour les jambes et les nombreux réglages des sièges.

Le décor intérieur et la qualité des matériaux font bon chic bon genre, tout comme la finition. Mais, au lieu des garnitures en similibois, on aurait préféré la possibilité d'opter pour des appliques en aluminium d'allure postmoderne. 

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