Honda Accord 2016: Personnalités multiples

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Il y a maintenant quarante ans, donc quatre décennies entières, que la Honda Accord est un excellent choix. La plupart du temps, le meilleur que l’on puisse faire si l’on cherche une voiture à vocation familiale à la fois pratique, impeccablement fiable et plutôt agréable à conduire. Chose certaine, elle avait suffisamment de ces qualités pour être à nouveau le best-seller québécois chez les intermédiaires, l’an dernier. Honda lui apporte quand même cette année des retouches pour qu’elle le demeure.

Il fut un temps où un chroniqueur automobile pouvait fournir la même réponse à la question classique « quelle est la meilleure voiture qu’on puisse acheter en ce moment? », sans avoir à y réfléchir pendant plus d’une fraction de seconde. Parce qu’aucune autre série n’a réuni toutes les qualités qui font une bonne voiture avec autant de constance que l’Accord depuis le lancement de la toute première, en 1976.

Honda s’est bien sûr égarée par moments. Surtout avec la huitième génération, produite de 2008 à 2012, dont elle avait gonflé la taille pour qu’elle concurrence directement la Toyota Camry, sa plus sérieuse rivale en Amérique du Nord. Le constructeur nippon a sagement corrigé le tir avec la neuvième génération. Le modèle actuel a effectivement renoué avec les valeurs et les principes qui ont fait la réussite de l’Accord : agilité, équilibre, frugalité et plaisir de conduite. Et sans être parfaite – parce qu’elle ne l’est jamais dans le monde de l’automobile –, la fiabilité est toujours allée de soi pour cette série.

Dans la constellation de l’Accord

Ces remarques valent surtout pour la berline qui est le cœur et les poumons de cette série et génère la majorité des ventes. La familiale est passée en comète, il y a fort longtemps. Et la costaude version Crosstour, qui défiait toute description, n’est maintenant plus qu’un souvenir. À défaut de succès et de pertinence. Le coupé persiste et séduit quand même le quart des clients, grosso modo. Des gens qui recherchent essentiellement les vertus pragmatiques de l’Accord avec une pointe d’élégance supplémentaire, deux portières en moins et des qualités sportives plus aiguisées. Un peu, à tout le moins.

Honda pèche toutefois par excès d’enthousiasme dans ce registre avec le coupé V6 à boîte manuelle à 6 rapports. En conduite énergique, il s’inscrit très facilement en virage et s’y accroche avec force. Le volant sport gainé de cuir est superbe, mais la direction légère et surassistée, la suspension un peu trop souple. Surtout, l’accélérateur est trop vif en amorce pour un moteur aussi puissant qui entraîne d’ailleurs le coupé de 0 à 100 km/h en 6,4 secondes. En outre, l’embrayage est léger, mais il mord très sec. Il faut donc y mettre l’effort pour conduire en douceur ce coupé musclé, quel que soit le rythme choisi. Il lui manque franchement le synchronisme et les réactions fluides qui font les bonnes sportives. Tant pis pour les puristes, il est préférable d’opter pour la boîte automatique avec ce moteur fringant dans une voiture qui est plus grand-tourisme que vraie sportive.

Opposées ou complémentaires?

À l’autre extrémité de cette échelle, les versions Touring de la berline offrent virtuellement tout ce qui fait une voiture de luxe, à part la griffe et les écussons d’une marque de prestige. À des prix évidemment plus raisonnables. La version dotée du quatre cylindres de 2,4 litres est exclusive au marché canadien. On peut se payer le luxe de la puissance et de la sonorité avec le V6 de 278 chevaux, jumelé à une boîte automatique à 6 rapports. Ou alors, celui de la frugalité et de la conduite écolo avec la Touring Hybride qui affiche des cotes de consommation exceptionnelles et un chrono de 8,2 secondes pour le sprint 0-100 km/h, au prix d’une part du volume de son coffre et du dossier repliable des autres modèles.

Cependant, de toutes les versions de l’Accord, la plus équilibrée, la plus amusante et la plus réussie est sans contredit la berline Sport. Elle est également la plus légère et la moins chère de toutes, après la modeste LX de base. Son quatre cylindres de 2,4 litres est un peu plus puissant que les autres avec ses 189 chevaux. La boîte manuelle à 6 rapports de série est une joie, néanmoins, la boîte optionnelle à variation continue n’étouffe aucunement le plaisir et permet un 0-100 km/h très honnête de 9,02 secondes. Les pneus de taille 235/45 montés sur des jantes d’alliage grises de 18 pouces affinent sa conduite juste ce qu’il faut. La berline Sport, c’est la quintessence de l’Accord. Rien de moins. Honda devrait s’en inspirer davantage.

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