Lexus CT 2016: Le cœur à l’environnement plutôt qu’au plaisir

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

L’an passé, lors d’un match comparatif entre compactes de luxe, la Lexus CT s’était passablement fait malmener, terminant en cinquième position sur six. Et cette avant-dernière position, elle la devait davantage à une Acura ILX déclassée qu’à ses propres qualités. C’est là le drame des matchs comparatifs. Car quand on conduit cette Lexus sans la comparer, elle paraît beaucoup mieux.

Tout d’abord, mentionnons que même si nous l’avions incluse dans un comparatif de six voitures, seule la Chevrolet Volt est sa concurrente directe, bien que les solutions techniques qu’elles préconisent soient très différentes. Alors que la Chevrolet est une voiture électrique dotée d’un moteur à essence qui sert de génératrice, la Lexus hérite de la mécanique de la prolétaire Toyota Prius. Dans la Lexus, le moteur électrique de 80 chevaux et 153 lb-pi de couple seconde le quatre-cylindres de 1,8 litre de 98 chevaux, amenant la puissance combinée à 134 chevaux. Dans le monde des hybrides, on ne peut pas simplement additionner les deux chiffres. Pourquoi faire simple…

La boîte automatique est de type CVT (à variation continue), un classique pour une hybride, et elle relaie la puissance aux roues avant. Remarquez que le terme « puissance » est plutôt optimiste. Avec un 0-100 km/h atteint en plus de 11 secondes et une reprise entre 80 et 120 km/h en 9 secondes, on ne parle pas d’une bombe. Si, au moins, le moteur ne se lamentait pas tant sur son sort lorsqu’il est sollicité... Lexus a beau avoir mis des tonnes de matériel insonore, ça en aurait pris bien davantage. Cependant, une fois l’accélérateur relâché, le silence de roulement est impressionnant. 

Consommer avec modération

Même si la CT 200h est relativement lourde pour une compacte à 1 420 kilos, la consommation d’essence est plutôt impressionnante. Lexus annonce une consommation moyenne combinée ville/route de 5,7 l/100 km et cette cote me semble tout à fait atteignable. Pendant une semaine d’essai, j’ai obtenu 6,2 l/100 km sans faire attention outre mesure à la consommation. Lors du match comparatif de l’année dernière, nous avions enregistré 7,1, une moyenne élevée que l’on peut expliquer par les conditions plus difficiles d’un match comparatif (prise de données de performance, tours de piste, etc.). Toutefois, on est encore loin de la consommation vraiment minime de la Chevrolet Volt. Pour économiser davantage, il y a la possibilité d’activer le mode ECO, mais il rend l’accélérateur tellement inactif qu’il est plus frustrant qu’autre chose et on le désactive rapidement.

Sur la route, le comportement placide de la CT 200h laisse l’amateur de performances sur sa faim. En revanche, il s’accorde parfaitement avec sa vocation de voiture écologique. La direction est étonnamment vive mais pas très « parlante » sur le travail des roues avant, les suspensions sont plus calibrées pour le confort (même si, heureusement, le roulis en courbe est bien maîtrisé) et la pédale de frein, en situation de freinage d’urgence, est très dure. Cependant, cela n’a pas d’incidence sur les distances de freinage qui sont dans la bonne moyenne.

Rolls-Royce, souris et coffre

Extérieurement, la Lexus CT 200h présente une jolie bouille, à l’image du tableau de bord, assemblé avec une minutie maniaque et recouvert de matériaux qui pourraient quasiment composer l’intérieur d’une Rolls-Royce tant ils sont haut de gamme. Difficile de croire qu’à la base, il s’agit d’une Prius! Les sièges sont d’un confort royal à l’avant et d’un confort princier à l’arrière. En option, entre les sièges avant, on retrouve le Remote Touch, cette espèce de souris qui permet de naviguer dans les différents menus de l’écran central. Certains s’habituent rapidement à cette manette, d’autres jamais. Parmi les bémols, mentionnons les dimensions restreintes de l’ouverture du coffre et du coffre lui-même. Merci aux designers d’avoir pensé à inclure des bacs de rangement sous le plancher.

Il y a fort à parier que les gens qui font l’achat d’une Lexus hybride ne le font pas par passion pour l’automobile. Il s’agit de l’achat rationnel d’une personne qui désire une voiture consommant peu et qui ne laisse pas trop d’empreintes nocives dans l’atmosphère, et dont les ressources financières lui permettent de posséder une voiture plus luxueuse qu’une Prius. Dommage que le nom Chevrolet ne soit pas aussi porteur d’exclusivité que Lexus…La Volt serait alors mieux appréciée.

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