McLaren 650S 2016: Bestiale et civilisée

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Dans le créneau des exotiques, McLaren n’a fait son entrée à part entière que récemment avec la MP4-12C, aujourd’hui appelée 650S, mais le constructeur de Woking en Angleterre compte sur un palmarès impressionnant en sport automobile, puisque McLaren est l’écurie ayant remporté le plus de victoires en F1 après Ferrari. La marque a aussi développé la mythique McLaren F1 en plus de collaborer avec Mercedes-Benz pour construire les SLR et SLR Roadster. Avec la super-exotique McLaren P1, qui rivalise directement avec la Ferrari LaFerrari et la Porsche 918 Spyder, et l’arrivée prochaine de la lignée Sport Series qui a la Porsche 911 dans le collimateur, l’offre du constructeur anglais a progressé rapidement.

Reprendre contact avec une voiture aussi performante que la 650S est un réel plaisir, surtout au volant du modèle Spider en plein été. Qu’il s’agisse du Coupé ou du Spider, la 650S exige cependant que l’on fasse certaines contorsions pour monter à son bord, pas seulement en raison de l’ouverture particulière des portes, mais bien parce que le seuil est très large, puisqu’il fait partie de la structure monocoque en fibre de carbone. Une fois installé dans un siège qui est à la fois très mince, très moulant et complètement ajustable, on ne peut être qu’impressionné par l’excellente visibilité vers l’avant.

Le tachymètre est localisé en plein centre du bloc d’instruments et la console flottante regroupe l’écran multimédia de sept pouces, le bouton de démarrage du V8 biturbo ainsi que deux commandes rotatives permettant d’ajuster la suspension hydraulique ainsi que la livrée de la puissance et la rapidité du changement de vitesse sur trois modes, soit Normal, Sport et Track (circuit). Le modèle Spider est équipé d’un toit rigide rétractable qui permet de rouler à ciel ouvert en 17 secondes. Il est toutefois aussi possible de rouler avec le toit en place et d’abaisser la petite lunette arrière au moyen d’une commande électrique pour mieux entendre le moteur, une solution efficace pour faire le plein de sensations, même par temps froid ou peu clément.

Une poussée phénoménale

Réussir à tirer 641 chevaux d’un « petit » V8 turbocompressé de 3,8 litres relève de l’exploit. Le constructeur annonce un chrono de 3,0 secondes pour le 0-100 kilomètres/heure, de 8,6 pour le 0-200 et de 10,6 pour le quart de mille à une vitesse de 222 kilomètres/heure. Faute d’avoir accès à un circuit pour valider ces données, je me contente d’apprécier au plus haut point la poussée phénoménale livrée par le V8 biturbo lors de dépassements sur des routes secondaires et en négociant toute une série de bretelles d’accès à l’autoroute. En mode manuel, les changements de vitesse de la boîte à double embrayage sont immédiats et c’est un charme de jouer avec les paliers de commande au volant dont le mécanisme est pourvu d’une détente. Le grand bonheur…

Avec ses suspensions hydrauliques réglées en mode Normal, la 650S est très civilisée, alors que la voiture fait preuve d’un léger roulis en virage tout en absorbant les bosses et les ondulations de la piste avec aplomb, et faisant preuve d’un niveau de confort désarmant pour une voiture possédant un tel potentiel de performance. La calibration Track transforme la bagnole en scalpel qui découpe les virages avec une précision chirurgicale et, si vous roulez un peu trop vite en entrée de virage, l’ingénieux système Brake Steer interviendra en freinant sélectivement la roue arrière intérieure afin de faire pivoter la 650S dans la courbe, tout en éliminant presque toute trace de sous-virage. Du grand art…

Iris est en retard…

Le principal point faible de la 650S est son système de télématique Iris qui accuse un retard important par rapport à ceux des marques établies. L’écran est vertical, pas vraiment plus grand que celui d’un iPhone 6 Plus, et il est parfois difficile à lire à cause des reflets. Aussi, la navigation au travers des menus et des sous-menus est loin d’être intuitive et nécessite un certain apprentissage.

Comme la 650S est dépourvue de boutons de commande sur le volant, il faut obligatoirement interagir avec l’écran tactile pour changer de station de radio ou la chanson jouée à partir de votre téléphone, puis revenir au menu principal pour que l’écran repasse en mode navigation et affiche la carte. Cet irritant sera cependant corrigé prochainement alors que McLaren reverra complètement son système de télématique. Mentionnons également que la marque s’établira à Montréal au printemps 2016, ce qui facilitera la vie des acheteurs québécois pour le service de leur voiture.

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