Ford Expedition 2016: Si vous en avez besoin...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Si vous entrez chez un concessionnaire Ford avec une seule exigence, par exemple pouvoir transporter au moins cinq adultes et leurs bagages en tout confort, le vendeur qui vous servira aura quelques options à vous proposer. Si vous ajoutez à cela qu’il vous faut le rouage intégral, ses choix diminuent un peu, mais il aura quand même différents modèles à vous présenter. Par contre, si l’on devient de plus en plus sélectif en préférant une bonne hauteur de caisse, des aptitudes hors route et la capacité de tracter une remorque pesant 4 000 kilos (8 800 livres), notre intrépide commerçant risque de commencer à suer à grosses  gouttes, puisqu’il y a de moins en moins de véhicules capables de remplir vos critères. Il n’y en aura que deux en fait; pour vous diriger vers l’un ou l’autre, l’ami vendeur vous posera une seule question : vous voulez une boîte à l’arrière de votre camion ou non?

L’option fermée

Si vous avez répondu qu’une caisse ne vous serait d’aucune utilité, félicitations : vous venez d’être qualifié pour l’essai d’un Ford Expedition (ou un Lincoln Navigator; ces deux véhicules sont pratiquement identiques à l’exception de quelques détails esthétiques et d’une poignée d’options. Pour alléger le texte, nous ne parlerons donc que de l’Expedition… désolé, Lincoln). La plus récente génération du gros mastodonte que Ford produit depuis des temps immémoriaux remonte à 2007 plus précisément. Mais on lui a apporté plusieurs modifications pour le rendre aussi moderne que possible encore aujourd’hui : depuis l’an dernier, l’antique V8 Triton de 5,4 litres a été mis à la retraite et remplacé par un V6 EcoBoost de 3,5 litres.

Ce moulin est non seulement plus moderne et puissant que son aïeul, mais il est également plus frugal, enregistrant une consommation de 16,2 litres aux 100 km en ville et 11,8 sur la route. Ça peut sembler beaucoup au premier abord, mais gardez en tête que l’Expedition pèse au bas mot 2 600 kg et possède l’aérodynamique d’un château fort. Si vous êtes du genre à apprécier les accélérations prestes, vous serez servi par l’EcoBoost avec ses 365 chevaux et son couple de 420 livres-pied. La vitesse à laquelle ce mastodonte passe d’un arrêt complet à une vitesse réprimandable par la Sûreté du Québec est très impressionnante, mais vous en paierez le prix à la pompe; comme avec n’importe quel autre moteur turbocompressé de Ford, vous pouvez avoir l’Eco, ou vous pouvez avoir le Boost… mais pas les deux en même temps!

Comme conduire une forteresse

Prendre le volant d’un Expedition, c’est un peu comme monter au sommet d’une tour pour regarder tout votre voisinage : on a l’impression de dominer la situation, d’être supérieur à tout le monde (ce qui est vrai, du moins physiquement, à moins de croiser une semi-remorque, personne ne vous regardera de haut!). Comme sur une camionnette, la direction est légère et déconnectée. La boîte automatique à six rapports est docile et bien optimisée pour pousser le moteur à être le plus économe possible. La visibilité à bord est étonnamment bonne – causée en partie par le fait que les fenêtres sont plus larges que celles de mon appartement, mais dû à la taille du camion, les angles morts sont assez grands. Pour y remédier, je recommande le système BLIS, qui vous avertit si une voiture se trouve dans cette zone.

À bord, le mot d’ordre est confort; les sièges sont éminemment confortables et larges, l’insonorisation est impressionnante grâce, entre autres, à du verre laminé et chacune des huit places du camion accueillera un adulte, même celles de la troisième rangée.

Quel que soit l’état de la météo, vous pouvez être assuré que l’Expedition ne sera pas intimidé; il vient d’office avec un vrai rouage 4x4 (pas d’intégral ici, on a une vraie boîte de transfert signée Borg-Warner derrière la transmission!), une garde au sol de 204 millimètres et des plaques de protection optionnelles sous son châssis. Ce Ford vous amènera à bon port même dans les pires blizzards.

Aujourd’hui, l’économie d’essence est de plus en plus primordiale et le modernisme est mis de l’avant; dans cette optique, le Ford Expedition et le Lincoln Navigator font quelque peu figure d’anachronismes. Cependant, il y a encore un marché pour ce type de véhicule, comme le prouvent les ventes de ces modèles (et de leurs rivaux chez GM).

Il est possible que dans un futur rapproché, le monde moderne ait raison de ces reliques d’un autre âge. Pour l’instant cependant, ils remplissent un rôle bien spécifique… et ils le font avec brio.

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