Porsche 911 2016: Le don de la reproduction

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2016

Tenter de démêler l’écheveau que constitue la gamme Porsche n’est pas une mince affaire. On essaie un nouveau modèle pour se mettre à jour et ne voilà-t-il pas que 3 semaines plus tard, la fabrique de Stuttgart nous annonce une nouvelle itération de la 911, son modèle phare. Je mentirais si je vous disais que j’ai conduit chacune des 21 versions de cette prolifique série. 

D’autant plus que Porsche, pour des raisons que j’ignore, ne me tient pas dans son cœur et cela, même si je suis celui qui a le plus contribué, en les faisant connaître, à la vente de leurs produits au Québec. Cela dit, je ne condamnerai pas ces voitures uniquement parce qu’on me traite comme un va nu-pieds tout en manquant de respect et de loyauté à mon égard. Mon éthique m’interdit ce genre de réciprocité.

Heureusement, j’ai des amis chez Porsche, comme le jeune designer Julien Bilodeau, un Acadien qui a réussi à impressionner suffisamment la marque allemande pour s’y trouver un poste permanent. Mais parlons voiture et spécialement d’une 911 Carrera 4 S d’un jaune canari éblouissant et d’une Targa 4 S nouvelle vague.

Place à la Carrera 4S

La première est l’une des plus prisées, précisément à cause de ses 4 roues motrices qui font fi de l’adhérence précaire à laquelle il faut s’attendre d’une propulsion. Au début, je me réjouissais de la boîte manuelle nouvellement dotée d’un 7e rapport, sauf que sa précision en souffre légèrement et que l’embrayage n’est pas tendre. Au moment de passer la marche arrière, je découvre aussi l’absence d’une caméra de recul qui ne faisait pas partie des options de cette 911 de plus de 100 000 $, alors qu’une simple Nissan Versa Note reçoit sur sa console cet équipement devenu indispensable. 

Il est agréable de constater que les Porsche de ce type possèdent une tenue de route phénoménale, que le bitume soit sec ou détrempé. Le moteur hargneux participe au plaisir par sa sonorité rauque que l’on peut amplifier au simple toucher d’un bouton. Dans un même temps, choisissez le mode Sport Plus de la suspension et empruntez un parcours sinueux. Vous vous prendrez pour Sebastian Vettel. 

Bien ficelé au bitume, vous remarquerez que l’amortissement s’est raffermi (trop pour le confort) et que le niveau sonore rend toute conversation difficile. Mais, bon, vous vouliez une auto sport, vous en avez une. 

Porsche ne lésine toujours pas sur l’instrumentation, sauf que le compte-tours est peu lisible avec des lunettes de soleil. En revanche, une molette sur le volant permet d’afficher vos chronos sur un terrain donné, les forces G et le pourcentage de puissance dirigée vers chacune des roues. Plutôt divertissant. 

Et la Targa?

Lors du lancement de la Targa, on nous l’avait présentée comme une version plus apte à satisfaire une clientèle en quête de confort et d’une voiture axée sur le grand tourisme. Pieux mensonge, puisque même avec une suspension réglée sur le mode le plus souple, cette 911 encaisse durement les horreurs de notre réseau routier. On a par contre fixé le problème de rigidité de la caisse qui affectait les précédentes Targa, bien qu’il ait été remplacé par un autre embarras ayant trait à l’étanchéité. Au passage d’un lave-auto automatique, j’ai été généreusement aspergé d’eau du côté conducteur. Une bonne quantité d’eau savonneuse s’était infiltrée sur le seuil de la portière. J’aurais passé outre à ce contretemps qui est sans doute un cas d’exception, mais le niveau des bruits de la route entendus dans l’habitacle m’a fait changer mon fusil d’épaule. Et pour finir le plat, la caméra de marche arrière brillait toujours par son absence. 

C’est d’autant plus dommage, car le nouveau toit de la Targa est une merveille d’ingénierie qui ne gêne en rien les lignes toujours superbes du coupé 911, tout en permettant de jouir d’une conduite à ciel ouvert au simple toucher d’un bouton. 

Finalement, que ce soit avec la Carrera 4 S ou la Targa, Porsche sait bien faire tout ce qui touche au comportement routier de l’ensemble de ses modèles. Même que les imperfections paraissent volontaires afin d’ouvrir la porte aux corrections pour l’année suivante.

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